4 novembre 2008

L’actualité syndicale

250 élèves en moins = 93 postes supprimés

Dimanche 19/10, des dizaines milliers d’enseignants accompagnés de parents d’élèves sont descendus dans la rue pour défendre l’école publique.
Oui l’école publique est en danger, danger d’asphyxie d’abord suite à la baisse des moyens que nous connaissons à cette rentrée et la baisse annoncée pour 2009,
En danger aussi quant à son éthique d’école de la réussite pour tous car l’école qu’on nous prépare tourne le dos à toute ambition pour la jeunesse.

Les collèges sont asphyxiés dans leur fonctionnement quotidien

1) Par une préparation qui relève du bricolage

Alors qu’on nous annonçait–823 élèves , la baisse s’avère de –244. Soit une hausse de 537 par rapport aux prévisions. Certes, rapportée à la masse des élèves scolarisés dans le 13, cette erreur peut paraître négligeable (0. 7%) cependant c’est l’effectif d’1 collège (// Prévert Marseille 13°). D’où une baisse du H/E et une augmentation du E/D. De plus l’enveloppe du département dans le cadre des réductions budgétaires a été calculée au + prés , toutes les opérations, à chaque étape a été calculée à l’heure prés.

Alors que les collègues venus nombreux en délégation annonçaient des effectifs supérieurs aux prévisions, qu’ils annonçaient aussi leur refus d’assurer des HSA pour éviter les fermetures de postes ou les CSD la réponse était immuable : « on verra fin juin ». Conclusion fin juin, il a fallu ouvrir 30 divisions pour faire face (compensées en partie par 13 fermetures).. Malgré ce des collègues avaient été victimes de MCS, d’autres partaient en CSD. Qui + est les établissements faisaient remonter le refus des HSA et la difficulté d’assurer la rentrée.

Là encore il a fallu répondre, trouver une solution , « colmater la brèche » et alors que 75 ETP avaient été transformés en HSA injectées dans la DGH l’équivalent de 50 ETP a été réimplanté par transformation des HSA en support (ce qui correspond aux besoins liés aux ouvertures. Quel gaspillage, Quel bricolage ! ! Quelle sérénité aurions nous pu avoir avec le maintien de ces postes dans la DGH de janvier !

Ceci d’autant qu’avec la suppression des postes, l’affectation des TZR ou de contractuels sur les GHS fconduit à une insuffisance de personnel pour le remplacement et contraint le rectorat à passer des petites annonces pour recruter de nouveaux personnels précaires.

2) Une improvisation sciemment orchestrée

Cette démarche de bricolage qui s’est prolongée jusque fin août , avec la réouverture entre autre de la 6° de Pont de Vivaux a atteint ses limites.

Préparer une rentrée dans ces conditions entraîne inévitablement des aberrations pédagogiques que déplore plusieurs établissements (gestions des emplois du temps quand il y a beaucoup de collègues en CSD et cette année c’est +2%, constitution des services) ainsi on constate comme à Pagnol Martigues mais aussi ailleurs 2 collègues sur une m^me classe (pb cohérence des enseignements) y compris en 6° en français.

Nos collègues sont au bord de l’épuisement, écœurés par une administration qui ne voit en eux que coût, et pions qu’on peut déplacer sur un échiquier au mépris de tout travail d’équipe.

Certes des situations de CSD ont été améliorées mais combien reste encore où nos collègues effectuent des distances importantes à leur frais, et au risque de leur santé (on a rencontré à Pélissanne, Lambesc entre autres des collègues qui font 160 KM par jour A/R) Jusqu’à quand pourront-ils tenir ?

L’ouverture de nouvelles UPI comme à Rousset sans les moyens médicaux de prise en charge des élèves accueillis peut aussi être un facteur déstabilisant d’autant que l’ouverture ces classes, nécessaires, se fait par redéploiement.

Cette orchestration de la déstabilisation des personnels, des établissements est une stratégie politique qui nourrit un mécontentement des parents ( difficultés de rencontre des profs , difficultés du remplacement,...) et faire croire ainsi que les réformes envisagées sont les meilleures, indispensables et urgentes.

Ainsi, malgré ces réductions budgétaires, on généralise l’accompagnement éducatif dans les collèges. TB.

Il est scandaleux que les familles se tournent vers des officines comme Acadomia, il est bon que le service public puisse assurer cette mission d’aide. Mais pourquoi a-t-on sorti des DGH les ATPE ? Quand on observe le financement de ce dispositif on ne peut s’empêcher de rapprocher cette enveloppe des suppressions de postes.

Les HSE correspondent en effet à 72ETP pour le 1° trimestre or on nous en a retiré -117.5 . N’aurait-il pas mieux valu laisser ces postes dans les DGH pour effectuer des dédoublements en LV (effectifs lourds partout paradoxe/Europe), des dédoublements en SVT, Sc-Phys…ou même redonner les moyens de poursuivre les ATPE supprimés il y a peu pour financer les PPRE et utiliser pour développer l’accompagnement éducatif public les sommes qui actuellement correspondent à une déduction fiscale suite à l’accompagnement éducatif privé ?

Le choix fait est donc un choix politique, stratégique et nous sommes inquiets quant à l’utilisation réelle de ces moyens récupérés (Pb absentéisme, taux de participation), quant au contenu de ce dispositif . (Pas de poudre aux yeux, pas de transfert disciplinaire) qui en plus accentue ou peut être un élément de la concurrence entre les établissements.

Car , dans ce contexte, ce dispositif n’est pas innocent et vient en toute logique renforcer l’ assouplissement de la carte scolaire.

Nous avons critiqué celui ci l’an dernier de même que l’a fait un rapport d’IG étouffé. Pourtant cette mesure a poursuivi ses ravages. Il accroit le phénomène de consumérisme scolaire modifiant les processus de construction des adolescents ; de mauvais résultats, on change de collège ; ce n’est pas l’élève qui commet une erreur parce qu’une notion n’est pas acquise c’est le prof qui a mal expliqué, c’est le collège qui est nul et on va voir ailleurs.

On assiste ainsi à un déplacement de la difficulté d’un établissement à l’autre avec un détour par le privé, les lacunes s’accumulent et on trouve des adolescents sans repère. On nous avait annoncé cette mesure comme devant améliorer la mixité sociale, il n’en est rien . Cette première mesure prise par le gouvernement dés sa mise en place conduit à la faillite de l’école publique. En 2 ans déjà, des établissements se ghettoïsent (ex : Mistral Port de Bouc) . Au vu des modifs invoqués on constate bien ce consumérisme scolaire où les initiés se fraient un chemin , tandis que les autres se renferment progressivement dans leur ghetto scolaire souvent aussi ghetto social (tissus urbain) et culturel (la baisse du pouvoir d’achat, la disparition progressive d’assos des quartier par manque de moyens).

Le gouvernement est entrain de casser l’école publique :

Asphyxie des collèges suite à une diminution successive des moyens pour prendre en charge la difficulté scolaire, mise en concurrence des établissements, réforme des lycées menée au pas de charge sans concertation véritable. réforme des Bac pro dans la précipitation. La politique éducative de ce gouvernement repose sur les piliers du libéralisme : individualisme, marchandisation, concurrence.

L’école publique est plus que jamais mise en concurrence avec l’école privée sauf que les règles n’y sont pas les mêmes, y compris en matière de diminution des moyens. Les réformes étudiées ont 2 objectifs : réduire les moyens et concentrer ceux-ci sur 50% des élèves qui pourraient accéder à l’Université. C’est une des lectures de la réforme des lycées qui en construisant un lycée à la carte va évincer une partie des élèves entrent aujourd’hui en 2° avec des difficultés. Certes le redoublement n’est pas la solution mais celle proposée est-elle la bonne ?

Alors qu’on a constaté une progression du taux de passage en 2°GT, on peut s’inquiéter de pour l’avenir de nos élèves de 3° (certains peu enclin à l’effort, d’autres portés par le groupe classe, .) lorsqu’ils vont être confrontés, dans quelques mois, à la complexité des parcours qu’on va devoir leur présenter dans la précipitation. Comme pour la carte scolaire seuls les initiés s’y retrouveront, d’autres se décourageront trop tôt et nous le déplorerons tous.

Nous réclamons des moyens et des mesures pour une nouvelle étape de démocratisation afin de conduire plus d’élèves vers des voies de réussite. Il existe de l’argent dans les caisses quand on veut en trouver, l’avenir de la jeunesse n’est-il pas un bon investissement ?

Même si au soir de la manif de dimanche le ministre a modifié quelques éléments de l’architecture du lycée, il n’en reste pas moins que des problèmes persistent et qu’au vu des chiffres étudiés aujourd’hui on ne peut nous faire croire que la baisse des moyens est liée à une baisse démographique. D’autant que le ministère ne semble pas capable d’annoncer des projections démographiques fiables.
En conséquence, nous réclamons :
• un autre calendrier pour la réforme des lycées ainsi que de véritables discussions
• l’arrêt des suppressions de postes prévues au budget 2009.