10 février 2011

L’actualité syndicale

42 % de grévistes à l’appel de la FSU, de la CGT et du SGEN

Inlassablement mobilisés pour défendre le service public d’éducation ses moyens, sa qualité, la diversité de son offre de formations, ses métiers

Nous constatons un taux de grévistes bien supérieur à ce que nous estimions ce matin, de l’ordre de 42%.
Pour mémoire, nous avions estimé le taux de grévistes à 38 % lors de la grève de rentrée du SNES (lundi 6 septembre).
Les deux grèves de l’an dernier en Mars 2010 avaient donné des taux de 50 et 57 %, estimés de la même façon sur un panel d’un millier de personnels attendus.

Nous sommes donc très satisfait du résultat de cette journée de grève, qui montre une participation encore très forte des collègues. Cela nous encourage à poursuivre et amplifier l’action en Mars, en particulier autour de la préparation de rentrée (suppressions de postes) et de la manifestation nationale à Paris du samedi 19 mars.

Les premiers résultats de la votation anti-CLAIR que le SNES a organisée dans les 26 établissements susceptibles d’être concernés par le dispositif d’éducation au rabais CLAIR, montre que 85 % des personnels y sont opposés, 10% favorables et 5% sans opinion (résultats sur la moitié des établissements).
Il faut noter un fort taux de participation des collègues à cette initiative syndicale originale qui permettait aux collègues de dire leur opposition à la politique d’éducation prioritaire dérogatoire mise en oeuvre, mais aussi leur accord avec cette orientation, grâce à une procédure de vote à bulletin secret sur trois jours. Le discrédit et le refus n’en sont que plus manifestes.
Le SNES va demander à être reçu solennellement par les Inspections Académiques pour remettre les résultats de cette votation et demander à l’administration de tenir compte de l’expression démocratique des personnels. Le SNES Aix-Marseille proposera dans les jours qui viennent une action très forte pour l’éducation prioritaire et contre CLAIR.

Sur le dispositif CLAIR, sur la réforme des Lycées et des STI, sur la formation des maîtres, le Président de la République et son Ministre doivent entendre que ses réformes ne sont pas soutenues par les personnels et les usagers, que leur mise en oeuvre n’est pas possible et se traduit par une désorganisation du service : désorganisation dans les lycées où tronc commun, accompagnement personnalisé et enseignements d’exploration créent désillusion et désengagement tant chez les personnels que chez les élèves , désorganisation dans les collèges où coexistent deux références pédagogiques incompatibles (socle commun de compétences et programmes nationaux) ; désorganisation dans la formation où les jeunes lauréats des concours prennent des classes en charge à plein temps avec des bribes de formation en plus de leur service d’enseignement ; désorganisation du service avec l’arrivée d’étudiants en master pour des stages en responsabilité qui les verront exercer seuls devant les élèves pendant 4 semaine sans avoir été préparés à cet exercice ; désorganisation avec la casse des services de l’orientation scolaire ; désorganisation du remplacement avec la pénurie de professeurs titulaires qui obligent l’administration à recruter des vacataires par petites annonces.

Les personnels manifestent également leur attachement à leurs métiers, aux normes professionnelles et aux valeurs qu’ils véhiculent, à leur reconnaissance sociale et à leur revalorisation. Oui, les personnels de l’Education Nationale doivent rester des fonctionnaires d’Etat car on leur confie les enfants de la République ! Oui les agents Non-Titulaires doivent pouvoir être titularisés ! Oui les salaires doivent être revalorisés et non gelés ! Oui l’évaluation des professeurs doit être avant tout basée sur le coeur du métier, à savoir le travail pédagogique avec les élèves sur les savoirs ! Oui l’entrée dans le métier après le concours doit être progressive et alterner formation et pratique ! Oui, comme les magistrats, nous revendiquons les moyens de faire un bon travail au service de la Nation, et nous ne voulons pas de primes au mérite pour quelques uns et du mépris et de la stigmatisation pour tous les autres !

Alors que 80% des français expriment leur désaccord avec la poursuite de la politique dogmatique de suppression d’un poste sur deux dans l’enseignement, qui se traduit par exemple dans notre académie par la suppression de 10 % des postes de professeurs dans les collèges et les lycées depuis 2003, alors que les étudiants se détournent des concours de recrutement faute d’une revalorisation conséquente des métiers de l’éducation, faute d’une véritable politique de prérecrutement, il faut maintenant répondre aux exigences des personnels et des usagers attachés à la qualité du service public.

En l’absence de réponse, notre profession, avec les parents et les usagers, se fera fortement entendre autour des procédures de vote des dotations dans les établissements et montera massivement manifester à Paris sous les fenêtres de Luc Chatel samedi 19 mars 2011.