La déclaration de la FSU au CTPD du 84 le 5 févier 2010

Gérer la pénurie, cacher la misère du service public – une misère délibérément créée, qui n’a pas attendu la crise pour exister, et qui sert des intérêts particuliers parfaitement identifiés et pour lesquels les caisses de l’Etat ne sont pas si vides (cf le nombre de places au concours du CAFEP x2,3) – est un exercice difficile.

Pour qui a fait le choix de servir l’État, pour qui est habité du sens de l’intérêt général, cela doit même être un exercice douloureux. C’est pourquoi nous pensons d’abord au travail de vos services, aux problèmes matériels que crée une rigueur budgétaire loin de les épargner et à la souffrance morale que doit engendrer le fait de participer malgré soi à une entreprise historique de destruction du seul vrai outil dont la République dispose pour tendre vers l’égalité des hommes qu’elle proclame : l’école publique, gratuite, obligatoire, laïque.

Difficile, douloureux... Et même, cette année, accélération de la RGPP oblige, exercice manifestement impossible. Car nous ne pensons que c’est par choix délibéré, Monsieur l’inspecteur, mais face à l’impossibilité de répondre à la commande ministérielle d’afficher un maintien de l’offre, d’accueillir 65 élèves de plus avec 10 postes en moins que vous avez décidé de sacrifier... les droits des personnels. En faisant de l’article 8 du décret de 1950 une lecture inédite, isolée dans l’Académie et en France, rétrograde puisque nous ramenant peu ou prou aux décrets de Robien pourtant abrogés en juillet 2007, vous transférez 69 heures de temps de décharge (correspondant à des activités supplémentaires de préparation des activités proposées aux élèves en physique-chimie, SVT et histoire-géo) vers des heures devant élèves stricto sensu. Et c’est avec ces 4 postes que vous tentez de replâtrer les lézardes causées par les répliques annuelles de la RGPP.

Mais c’est en réalité l’effet inverse qui se produit : non seulement vous ne cachez rien des carences de l’État social (car non, l’offre n’est pas maintenue quand les effectifs explosent et quand même les ZEP et même le niveau 6e comme à H. Boudon ne peuvent plus être « protégés » et doivent accueillir 27 élèves / classe) mais vous révélez celles de l’État employeur, oublieux du droit du travail.

Nous n’acceptons ni l’un ni l’autre. Dans l’immédiat, nous vous demandons d’utiliser autant d’heures que nécessaire pour couvrir les besoins d’enseignement tels qu’ils sont définis par la loi.

Nous n’acceptons pas,non plus, cette réforme de la formation des maitres qui aboutit à la disparition de 8 postes sur les 10 qui sont enlevés aux collégiens vauclusiens. Comment peut-on améliorer la formation en demandant aux nouveaux stagiaires d’assurer un temps plein , là où jusqu’à maintenant ils se partageaient un tiers du temps devant leurs classes et les deux autres tiers en formation ?

Nous rappelons, ici, que la FSU mettra toutes ses forces dans ce combat du respect des droits statutaires des personnels, notamment pour les heures de labo et de cabinet d’histoire géo.

Et à la FSU, nous nous battrons pour qu’on rende à ce département qui à un taux de pauvreté de 18,6 % les moyens indispensables à la réussite de TOUS nos élèves. Nous n’acceptons pas d’abandonner 50% de nos élèves, comme le suggère la nouvelle réforme des lycées !