7 avril 2010

Notre académie, nos établissements

ABUS DE POUVOIR POLICIER AU LYCEE ARTAUD

ABUS DE POUVOIR POLICIER AU LYCEE ARTAUD

Vendredi 26/04/2010 à la récréation de 10 heures, 3 lycéens de 1re ont eu une altercation verbale avec une élève en classe de 1re elle aussi, sur le trottoir extérieur au lycée.

Dans la demi-heure suivante, 12 fonctionnaires de police, à bord de trois véhicules de service, dirigés par un commandant de la police nationale (du commissariat de Plan de Cuques) se rendaient au lycée.

Les deux officiers ont demandé à être reçus par Madame la Proviseure qui ne les avait pas sollicités n’étant pas au courant de toutes « les chamailleries de cour de récréation ».

La commandant de police qui s’est présentée comme tel (et non comme mère d’élève ce qu’elle dira plus tard) a exigé que les trois lycéens lui soient amenés sur le champ. Dans le cas contraire elle aurait procédé à une arrestation des élèves à midi en pleine cohue.

La Proviseur a obtempéré « pour éviter une émeute à la sortie du lycée ».

Nos trois lycéens ont été placés en garde à vue au commissariat de Plan de Cuques avec fouille au corps, interrogatoire, fichage, menottes aux poignées, ils ont eu droit à la prise d’ empreintes, d’empreintes ADN, photos anthropométriques, puis ont été transférés au commissariat de Bonneveine de nouveau fouillés, fichés, interrogés ... pour être relâchés le soir à 18 h.

Les parents ont écrit au préfet, à l’IGPN, à la Halde, ils ont rencontré l’administration du lycée et finalement ont été reçus jeudi par le Directeur Départemental de la Police Nationale.

En fait, au delà de la confusion des genres, la police n’avait pas à intervenir au lycée Artaud : il n’y avait ni flagrant délit, ni plainte, ni commission rogatoire, ni demande du Proviseur.

Le lycée Artaud n’est pas dans le périmètre de responsabilité du commissariat de Plan de Cuques.

On ne peut que s’étonner que 12 fonctionnaires de police aient été mobilisés en une demi-heure pour une querelle verbale entre lycéens dans un établissement où les problèmes de violence ne se posent pas ou sont gérés de façon pédagogique par l’ensemble de l’équipe.

Le SNES condamnent de tels agissements pouvant entrainer de graves troubles psychologiques chez les adolescents, générant une image négative de la police et pouvant créer un « trouble manifeste » chez nos élèves.
Nous sommes en plein délire, on voit bien ici la dérive qui existe en France sur les questions sécuritaires, l’abus de gardes à vue, les abus de pouvoir (où un officier confond sa fonction professionnelle et ses relations familiales).
Le SNES du lycée après avoir rencontré toutes les parties s’adresse au Recteur de l’académie d’Aix Marseille pour qu’il intervienne vigoureusement auprès des autorités compétentes.

Il s’adresse aussi au Préfet des Bouches du Rhône afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que les décisions prises soient à la hauteur de la gravité des évènements.

Les dérapages qui se sont produits au Lycée Artaud la semaine dernière ne doivent pas se reproduire dans un autre établissement de notre académie ou d’ailleurs.