23 septembre 2010

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Ajustements de rentrée dans les collèges du Vaucluse : « bonne gestion » dit l’IA. « Bonneteau » répond le SNES !

Ajustements de rentrée dans les collèges du Vaucluse : « bonne gestion » dit l’IA. « Bonneteau » répond le SNES !

Sans plus un crédit en poche et alors que dans le département des élèves n’ont toujours pas de profs 15 jours après la rentrée et que certaines classes débordent, l’Inspecteur d’Académie tente de « se refaire » en jouant au bonneteau avec les heures d’enseignement dans les collèges publics du Vaucluse.

Un jeu auquel les élèves et les profs perdent à tous les coups. Mais alors… Qui gagne ?

« Je prends une classe à Cavaillon, la voici à Orange, je cache ces 6 heures d’option théâtre à Orange, puis ici 12 heures d’enseignement confisquées à Mazan… Où sont les professeurs ? Ici ?... Perdu ! ». Et le jeu reprend ailleurs…

Rafler des heures d’enseignement dans un collège pour les distribuer dans un autre aux effectifs pléthoriques 15 jours après la rentrée, c’est la méthode inédite « choisie » par l’Inspecteur d’Académie de Vaucluse pour, selon ses dires, agir au nom de l’équité et corriger les inégalités créées par les variations d’effectifs constatés par rapport à ceux prévus. Au nom aussi, paraît-il, de « la bonne gestion de l’argent public ».

Ces ajustements n’ont rien de nouveau ni de vraiment choquant :
la nouveauté, c’est la manière d’y faire face. Jusqu’alors, l’Etat était peu ou prou en mesure de préserver jusqu’en septembre une petite fraction d’heures pour rajouter ça et là les profs nécessaires à l’ouverture de divisions. Cette année, avec 10 postes supprimés pour environ 200 élèves en plus, l’enveloppe n’a pas été suffisante et tout a été consommé dès juillet. Les ajustements se font donc essentiellement par redéploiement d’heures supplémentaires : on en prélève dans les collèges qui ont un peu moins d’élèves que prévu et on les transfère là où les seuils d’ouverture de classes sont dépassés.

Problème : les collèges ponctionnés ont déjà intégré ces heures dans leur organisation et ont commencé à fonctionner avec. Des activités attractives (sections sport, théâtre, groupes de besoins) pour des collèges dont la perte d’effectifs est provoquée par la concurrence du privé ou l’assouplissement de la carte scolaire ne sont plus finançables et disparaissent. L’importance de ces heures est telle que le collège de Mazan près de Carpentras a ainsi fait 2 jours de grève pour les conserver, avec un large soutien des parents d’élèves.

Pire, même les collèges qui reçoivent les moyens ne voient pas forcément leur situation s’améliorer : certes les effectifs par classe baissent, mais comme le recours à des embauches – même de personnels précaires - est presque interdit par la contrainte budgétaire, les classes nouvelles doivent être prises en charge par les seuls professeurs déjà dans l’établissement, sommés de prendre des heures supplémentaires alors qu’en moyenne ils en ont déjà 2 chacun. C’est ainsi que pour ne pas faire 10 heures supplémentaires chaque semaine et sous la pression des chefs d’établissement, les profs se résignent à accepter des aberrations pédagogiques : la nouvelle classe de 6e de Vedène, dans la périphérie d’Avignon, devrait avoir ainsi 3 profs de français, 2 profs d’anglais, plusieurs en histoire...

Certains parents eux, ne l’acceptent pas : cette nouvelle classe, avec un emploi du temps bricolé in extremis et des profs en série, personne ne veut y mettre ses enfants… Jusqu’où iront-ils pour la fuir ? Jusque dans le privé ?

Alors, « bonne gestion de l’argent public » ? Quand le résultat est en fait de dégrader partout le service rendu en même temps que les conditions de travail des enseignants ?

Pour le SNES, il s’agit bien plus d’une partie de bonneteau, mais à qui profite le jeu ? D’abord aux 18 764 foyers qui raflent la mise (679 millions) du bouclier fiscal puis aux 8871 établissements privés qui, financés par l’argent public mais épargnés par les suppressions de postes, rafleront tôt ou tard la mise des parents déçus.

En cette rentrée 2010, l’échec de la RGPP à satisfaire les besoins de la nation en matière d’éducation est patent. Le SNES revendique qu’ils soient couverts grâce au recrutement immédiat de personnels fonctionnaires stagiaires par l’ouverture d’une liste complémentaire aux concours 2010, afin de pourvoir les emplois vacants et de restaurer la formation par alternance des nouveaux recrutés.

Sébastien Massonnat
Secrétaire départemental du SNES Vaucluse

Contact : 04 90 86 47 68

S2-84@aix.snes.edu