17 octobre 2010

Notre vie syndicale

Bilan de la rentrée 2010 : postes d’enseignants supprimés et vie scolaire en danger

mercredi 13 octobre 2010, déclaration du SNES-FSU

Le contexte :

Ce CTPD se tient au lendemain d’une grande journée de grève et de manifestation qui marque une nouvelle étape dans la construction d’un mouvement social qui a débuté dès le mois de mars puis au début septembre et qui va se poursuivre dans les jours à venir avec une prochaine date d’action unitaire le samedi 16 octobre. Des assemblées générales se tiennent au moment où nous parlons dans les établissements pour décider des formes de permanence des mobilisations d’ici le 16.

Ce mouvement de fond est le signe du rejet de la politique gouvernementale par l’ensemble des salariés, politique qui se manifeste par une réforme des retraites injuste qui illustre les choix économiques de ce gouvernement.

Cette mobilisation marque aussi le rejet de choix politiques et idéologiques concernant la place de l’état, le blocage des salaires, la suppression massive d’emploi, la mise en place de réformes rétrogrades.
La traduction de cette politique dans l’éducation conduit à une surenchère historique dans les suppressions de postes d’enseignants, postes administratifs, et de réduction des lignes budgétaires correspondant aux emplois aidés dans les vies scolaires.

Les chiffres des effectifs dans les Bouches du Rhône :

Dans le département, nous constatons avec étonnement que les chiffres de l’enquête lourde décrivent une baisse de 518 élèves dans les collèges des bouches du Rhône pour cette rentrée 2010, cette baisse va bien au-delà de la baisse prévisionnelle qui était aux alentours de 200 élèves.
Nous interrogeons l’inspection académique sur l’évolution éventuelle de ce chiffre ainsi que sur ces causes (effet charter, départ dans le privé, baisse démographique réelle cf les diminutions d’effectif en sixième).
L’essentiel de cette baisse étant localisé sur Marseille, et notamment pour moitié sur le bassin littoral nord, nous nous interrogeons sur l’effet de l’assouplissement de la carte scolaire dans cette diminution d’effectif.

Quoiqu’il en soit, cette diminution d’effectif ne justifie en rien la suppression des 88,5 ETP dans les collèges des bouches du Rhône à cette rentrée. L’argument démographique, si la baisse se révèle stable, ne correspond qu’à la moitié des suppressions subies dans les collèges du département.

Ces suppressions conduisent d’une part à dégrader des conditions d’enseignement des collègues : augmentation des compléments de service qui nuisent à l’implication des collègues dans leurs établissements, suppressions de postes par mesures de cartes scolaires, augmentation de la charge de travail par le biais des heures supplémentaires.

D’autre part, cela implique la diminution des dotations horaire permettant aux établissements de fonctionner (cf. : la diminution arbitraire de 1% de toutes les DGH l’an passé) et donc la diminution des dispositifs d’aide, de remédiation, de soutien, de groupes à effectif réduits mis en place par les équipes pour lutter contre l’échec scolaire.

La diminution des effectifs de vie scolaire :

Dans le même temps, la diminution des personnels de vie scolaire dans les établissements ajoute au déficit de moyens pédagogiques une carence en encadrement et en surveillance des élèves. De nombreux établissements sont mobilisés sous forme de grèves, de rassemblements, de communiqué de presse, d’audience à l’inspection académique pour dénoncer ces mesures qui vont jusqu’à poser la question de la sécurité des élèves à l’intérieur des établissements.

En effet, après la diminution des AED imposée avant l’été, 84 ETP, dont 21 ont été réinjectés à la suite des mobilisations de juin, s’ajoute la suppression des CAE vie scolaire qui arrivent en fin de droit (d’après nos calculs ils s’agit de plus de 500 emplois en passe d’être supprimés d’ici le mois de juin et l’étalement du dispositif sur 6 mois supplémentaires ne change rien au problème). L’obligation légitime de répondre dans la loi à l’accompagnement des élèves en situation de handicap et donc, de maintenir constant le nombre d’AVS, revient à faire porter la diminution de moyens sur les seuls CAE vie scolaire.

Parallèlement les fonctions d’AVS sont de plus en plus assurés par des personnels dont les contrats sont frappés par une très grande précarité, sans avenir, sans continuité pour la prise en charge des élèves. L’annualisation des services de ces collègues conduit à les payer moins (20 h au lieu de 24) et les faire travailler plus.

Cette diminution d’effectif en VS et d’autant plus révoltante qu’elle s’accompagne dans 4 collèges des BdR de la mise en place de policiers référents à l’intérieur des établissements. On ne peut que voir par là la volonté sécuritaire du gouvernement, mise en place au détriment de l’encadrement de la surveillance et de la prévention.

Réformes, orientations et expérimentations en cours :

A cette pénurie globale de moyens d’enseignement et d’encadrement viennent s’ajouter des réformes et des expérimentations destructrices et dé-structurantes pour le système éducatif :

L’aberration des stagiaires lauréats mis à temps complets devant les classes avec des bribes de formations dispensées en plus de ce service complet. Nous ne dirons jamais assez à quel point nos jeunes collègues sont mis en difficultés par les conditions d’entrée dans le métier qui leur ont été imposées à cette rentrée. La presse s’en fait l’écho. Il s’agit là d’une faute.

Une réforme du lycée qui conduit à amoindrir la qualité de l’enseignement en désorganisant les enseignements par le biais de l’annualisation de certains enseignements et de la flexibilité autorisée dans les dédoublements, à imposer un changement de discipline aux professeurs de STI, avec l’objectif de récupérer des moyens dans le cycle terminal.

Un nième label pour quelques établissements de l’éducation prioritaire avec l’expérimentation CLAIR qui instaure le recrutement local, la mise en place d’enseignants multi tâches faisant partie de l’équipe de direction, donnant des directives sur la gestion de la vie scolaire et définissant les orientations pédagogiques des équipes enseignantes sur tout un niveau (avec toutes les tensions que cela va engendrer) ; des déréglementation tous azimut avec comme seul objectif l’obtention du socle commun, ce qui réduit considérablement l’ambition de réussite pour tous les élèves et la volonté d’amener chaque collégiens au plus haut niveau de connaissance possible, barrant par là même les possibilités de poursuite d’études en seconde générale. Cette volonté n’est pas l’apanage des établissements CLAIR si l’on en croit le dernier Rapport du HCE qui préconise de faire du collège « une école du socle commun ».

Cette expérimentation instaure également dans l’éducation nationale une prime modulable de 400€ à 2400€, fixée par le chef d’établissement en fonction de son opinion de l’efficacité des collègues. Nous refusons la ventilation et la latitude laissée aux chefs d’établissements pour fixer les montants alloués aux uns et aux autres.

En parallèle, l’assouplissement de la carte scolaire conduit à ghettoïser les établissements des catégories 1 et 2 : 170 élèves partent des AR par dérogation.

L’ensemble de ces éléments crée un véritable malaise dans la communauté éducative que les prévisions nationales de suppressions de postes ne peuvent qu’accroitre. Le rapport de l’IGEN le souligne. Les collèges des BdR ne peuvent continuer à fonctionner en assumant de nouvelles diminutions de moyens.

Nous proposons une motion à soumettre au vote du CTPD concernant les postes AED CAE.