Bilan de la rentrée 2011

Le SNES Aix-Marseille a établi un bilan détaillé de la rentrée scolaire 2011.
Après 8 années de suppressions de postes, et alors que les effectifs d’élèves repartent à la hausse, la situation est très tendue : effectifs de classes chargés, difficultés de remplacement, accroissement de la précarité, .. ;
Ce tableau budgétaire sombre est de plus complexifié par des réformes pédagogiques (socle commun et livret de compétences, ECLAIR, réforme des lycées généraux et technologiques, formation des maîtres...) dont la mise en oeuvre relève du casse-tête et s’avère contre-productive du point de vue de l’attention apportée aux élèves.

Communiqué de presse du 11 septembre 2011 :

La rentrée 2011 dans l’académie d’Aix-Marseille est percutée par les conséquences des choix budgétaires et pédagogiques nationaux. Depuis la rentrée 2003, notre académie a perdu 10% des personnels enseignants, et les suppressions de postes se poursuivent, alors que les effectifs repartent la hausse. Si la baisse des effectifs d’élèves scolarisés a été de 5%, les collèges et les lycées accueillent à cette rentrée 1500 élèves de plus, avec 72 emplois de professeurs en moins.

Les effectifs : chargés !

Les conséquences en sont hélas sensibles par tous, personnels, familles et élèves : les effectifs sont particulièrement chargés dans les collèges (27 / 30 élèves), avec des pointes en sixième. Cela est d’autant plus néfaste au travail des élèves que les temps d’étude en petit groupe ont été au fil des ans réduits à portion congrue en collège. En lycée, c’est en seconde qu’on constate des effectifs très lourds, alors que c’est la classe du secondaire où l’on constate le plus d’échec scolaire, et en première STI2D où des divisions ont été fermées grâce à la réforme (34 élèves).

Les remplacements non-assurés !

Les remplacements seront particulièrement difficiles puisqu’à la rentrée, la moitié des mille TZR de l’académie sont déjà employés sur des postes à l’année pour palier la pénurie de professeurs. Malgré un rétablissement partiel suite à la perte de 30% des postes de remplacement à la rentrée 2011 (mille TZR contre 850 l’an dernier), le potentiel est cette année encore très insuffisant et le rectorat va devoir recruter des contractuels par petites annonces en octobre (par exemple en documentation, lettres classiques, technologie, mathématiques, …).

Hausse de 25 % de la précarité

En conséquence, on peut s’attendre à une explosion de la précarité, le nombre de personnels contractuels recrutés à la rentrée ayant déjà augmenté de 25% (autour de 1200 personnes).

Des professeurs en itinérance permanente !

Les conditions de travail des personnels sont compliquées par ce contexte budgétaire et la qualité du service rendu aux élèves va s’en ressentir. Pression pour prendre plus d’heures supplémentaires (au moins 10% de temps de travail en plus), donc plus d’élèves en charge au détriment de l’individualisation.
Ce sont par ailleurs les affectations de professeurs sur plusieurs établissements, conséquence de la gestion des dotations d’établissement à l’heure près, qui placent les agents dans des situations ubuesques et parfois périlleuses, qui nuisent au travail d’équipe et à la disponibilité de chacun auprès des élèves. Environ 15 % des professeurs sont affectés sur deux voire trois établissements, parfois éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui est un gaspillage de temps et d’argent public, comme l’illustre aisément la carte des déplacements des professeurs du Vaucluse.

La carte des déplacements {JPEG}

Les réformes du ministère Chatel ajoutent à la désorganisation du système éducatif et nuisent à la réussite des élèves.

Collèges, dispositif ECLAIR

C’est le cas par exemple des établissements ECLAIR, où seulement 3% des affectations ont été effectuées selon les règles (postes spécifiques académiques sur la base du volontariat). Sur les 85 affectations prononcées en ECLAIR, seulement un quart l’ont été avec des titulaires volontaires, 90% d’entre elles étant prononcé hors de tout cadre réglementaire pendant l’été. La moitié des affectations prononcées dans les ECLAIR concernent des personnels non-titulaires. Un premier regard sur les mesures pédagogiques mises en œuvre dans ces établissements fait apparaître l’extrême hétérogénéité des expérimentations décidées localement.
Plus globalement, en collège, le bilan des tentatives de mise en place du socle commun et du livret personnel de compétence se sont heurtées à l’extrême complexité du dispositif et à l’ampleur du temps demandé par els procédures d’évaluation au détriment des apprentissages et de l’aide aux élèves.

Formation des Maîtres

Si les stagiaires sont venus bénévolement à la semaine de formation mise en place en août, cela démontre l’échec du dispositif de formations éclatées et parcellaires mise en œuvre pendant l’année scolaire en plus du temps de travail devant les élèves pour les jeunes lauréats des concours, dispositif maintenu cette année dans ses grands principes.

Les réformes en Lycée :

Concernant les lycées, à l’issue d’une année de fonctionnement de la classe de seconde, il apparaît que les efforts démesurées mis en œuvre l’an dernier pour tenter de faire fonctionner des dispositifs complexes et déconnectés des enseignements (AP, ED…) ne sont pas viables sur le long terme, et cela alors que la réforme, censée résoudre l’échec scolaire en seconde, ne s’est traduite par aucune inflexion notable des indicateurs de réussite en seconde. Les effectifs sont plus chargés et l’usine à gaz que représente la réforme (éclatement des dispositifs, émiettement des horaires, annualisation, effacement des programmes et des objectifs, multiplications des intervenants devant une même classe) s’étend cette année avec le passage en première.

En STI2D, la réforme a d’abord permis d’augmenter de façon très importante les effectifs des classes, par suppression d’une division en moyenne par établissement. Les professeurs concernés dénoncent l’improvisation de l’Institution (matériels, logiciels, programmes…) et s’interrogent sur la durée nécessaire en cette rentrée pour parvenir à une mise en œuvre effective d’enseignements répondant aux attentes et aux besoins des élèves.

Grève dans l’Education mardi 27 septembre 2011

Nul doute que ce sombre tableau de la rentrée scolaire 2011 est de nature à engendrer de fortes mobilisations de la part des personnels et des parents d’élèves dans les semaines qui viennent, en particulier à l’occasion de la grève du mardi 27 septembre dans l’éducation à l’appel de la FSU, du SGEN, de l’UNSA, de la CGT et de Solidaires.


A Marseille, le 12 septembre 2001