CA académique SNES Aix-Marseille Vendredi 9 janvier 2009

1) Situation générale

Le capitalisme traverse une crise de système qui ébranle l’économie mondiale. Si la crise financière et la crise boursière semblent être entrées dans une phase moins aiguë, la société est gravement touchée par le ralentissement économique. Dans notre académie, les conséquences sur l’emploi dans des secteurs tels que le bâtiment, l’automobile, l’industrie, la pétrochimie ou encore le tourisme, s’annoncent dramatiques.
Alors que le sauvetage du système financier a donné lieu à une débauche de milliards, les plans de relance de l’économie et de l’emploi ne semblent pas être financés à la hauteur des besoins. Nicolas Sarkozy, malgré les effets délétères de la crise économique sur les populations, entend maintenir le cap de sa politique et le détail de ses réformes. S’il est beaucoup question de relance de l’économie, le gouvernement semble incapable de renoncer aux dogmes qui structurent sa politique : pour ce qui nous concerne, nous pouvons ainsi citer le maintien de la rigueur salariale, le maintien des suppressions de postes, le maintien des attaques contre la fonction publique et les services publics…

Pour autant, il faut apprécier à leur juste valeur les points que nous avons marqués contre un pouvoir récemment élu et particulièrement déterminé, il faut apprécier à leur juste valeur les soutiens dont nous disposons parmi les parents et l’opinion publique, il faut apprécier à leur juste valeur les perspectives d’action unitaires annoncées dans les semaines qui viennent.

2) Nouvelle phase dans l’éducation

Face à la contestation de ses réformes, orchestrée par une intersyndicale large, menée conjointement par les personnels, les parents, les lycéens, les étudiants et les associations complémentaires de l’Ecole, et bénéficiant de la sympathie de l’opinion, le ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos, a été contraint de reculer sur plusieurs dossiers. Jeudi 8 janvier, il revenait sur la moitié des suppressions de postes touchant les RASED. Lundi 15 décembre, jour de l’organisation par le SNES des « réveillons de lutte », occupations symboliques des établissements par les personnels, les parents et les lycéens, il avait déjà annoncé dans la précipitation le report sine die de la réforme des lycées.

Cela ouvre une phase nouvelle dans nos relations avec un ministre affaibli qui doit nous permettre de pousser notre avantage sur les dossiers en cours : suppressions de postes, revalorisation de nos métiers, réforme du recrutement et de la formation, relance de l’éducation prioritaire, réforme des lycées et du collège.
Le SNES entend relancer les mobilisations, maintenir le rapport de force et négocier avec le Ministre sur ces questions avec un double objectif : bloquer les projets du gouvernement et obtenir des avancées pour les personnels et pour l’éducation.
C’est dans cette optique que nous proposons de répondre aux prétendus vœux au monde de l’Education que le Président de la République, pourtant animé de biens mauvais desseins pour l’éducation, prétend nous adresser lundi 12 janvier en organisant dans tous les établissements des « Fêtes des bons vœux pour la réussite de tous » avec les personnels, les parents, les lycéens. C’est dans cette optique que le SNES appelle à s’investir dans les manifestations du samedi 17 janvier avec les parents, les lycéens, les étudiants, les associations complémentaires de l’Education. C’est dans cette optique que le SNES exige que des demi-journées banalisées soient organisées dans tous les établissements pour permettre une large consultation sur les réformes à mettre en place pour relancer la réussite scolaire dans les collèges comme dans les lycées. Au besoin, le SNES les imposera partout et organisera le débat sur la base de ses revendications.

3) Parvenir à élargir la lutte à la Fonction Publique

Les intempéries qui ont touché notre région ces dernières heures rappellent à quel point les services publics et les services de l’Etat sont vitaux pour les populations et pour l’économie.
Chaque Préfet est chargé d’organiser la réforme de l’Etat local dans le cadre de la RGPP et de mieux répondre aux situations de crise, ce qui demeure un objectif officiel de la réforme de l’Etat local. Visiblement ce n’est pas le cas pour notre département. Pourrait-il en être autrement alors que les services de l’Etat sont victimes depuis plusieurs années d’une entreprise de casse et de démantèlement ?
Il y a urgence à obtenir le gel des trente mille suppressions de postes dans la Fonction Publique.
Cela est nécessaire pour mettre en œuvre des réformes porteuses d’amélioration du service rendu aux populations. Dans le contexte d’incertitudes économiques et sociales actuel, notre société a besoin d’investissements publics dans les infrastructures, d’équipements et de services publics, d’investissement dans la formation, dans la recherche, dans l’innovation.
Cela est nécessaire pour la lutte contre le chômage, lutte dont l’Etat, premier employeur de France, ne peut s’exonérer. Il faut par ailleurs sortir de la rigueur salariale qui frappent durement les fonctionnaires, dont le pouvoir d’achat a particulièrement baissé depuis l’an 2000, et respecter les statuts, les qualifications et les métiers.
Marquer des points, inverser le cours des choses est désormais possible si au delà des salariés, nous arrivons à construire les mobilisations convergentes avec les usagers, le milieu associatif, les élus, avec l’ensemble des citoyens sur le terrain.
Aussi le SNES Aix-Marseille s’investira dans les forums-débats organisés dans un cadre fédéral intersyndical en janvier-février dans les départements et au niveau régional « Quel avenir pour les services publics dans nos territoires ? »

4) Convergence des luttes avec l’ensemble des salariés

La crise de système que traverse le capitalisme mondial est une occasion que nous pouvons saisir pour, à notre place mais sans complexe, contribuer à réorienter durablement les politiques nationales et européennes vers plus de justice sociale, pour rééquilibrer le partage des richesses en faveur des salariés, pour imposer la démocratie sociale au sein des collectifs de travail. Investir dans l’éducation, développer les services publics, renforcer les protections sociales, sécuriser les parcours professionnels, … autant de thèmes qui ne sauraient se limiter à être des figures de style dans les discours des grands dirigeants de la planète.
Le développement des inégalités sociales est un facteur de développement de la crise économique que nous connaissons. Le moment est venu d’imposer un véritable plan de relance de l’économie qui intègre la relance de la demande par des augmentations du pouvoir d’achat de tous, salariés, demandeurs d’emploi et retraités, et qui donne la priorité à l’emploi et à la formation.
Face à un pouvoir qui cherche à mettre au pas les médias ou la justice, qui n’a de cesse de fragiliser les contre-pouvoirs, qui criminalise et entrave l’action syndicale , qui méprise le paritarisme et le dialogue social, il nous faut imposer de nouvelles formes de démocratie sociale à tous les niveaux de la société, en commençant par les lieux de travail.
C’est ce que nous sommes déterminés à faire ensemble, en particulier à l’occasion de la journée unitaire de grèves et de manifestation de tous les salariés de France le jeudi 29 janvier, et au-delà.

5) Urgence pour Gaza

La population de Gaza est confrontée à une offensive généralisée de l’armée israélienne. Plus de 750 personnes dont de nombreux civils et enfants sont mortes sous les bombes. Ces massacres viennent s’ajouter au blocus inacceptable que subit depuis des mois cette population. Il est grand temps de sortir de la spirale de la terreur.
Le SNES exige l’arrêt immédiat de l’offensive militaire israélienne, le retrait des troupes et l’arrêt de tous les actes de violence envers toutes les populations civiles.

Il rappelle qu’une paix juste et durable doit reposer sur la reconnaissance du droit de chacun des peuples à vivre en sécurité dans des états aux frontières sûres et reconnues et que seuls la négociation et le respect des droits des peuples et de l’Homme dégageront les voies et les moyens de la paix.

Le SNES s’oppose à tout fanatisme religieux d’où qu’il vienne et sans cesse tissera des liens entre les militants pacifistes israéliens et palestiniens.

Le SNES demande à la France et à l’Europe, en collaboration avec les USA, de jouer tout leur rôle pour obtenir l’arrêt des bombardements et l’engagement d’un processus de paix. Pour cela elles doivent notamment revenir sur leur décision de « rehaussement » du statut des relations Europe-Israël, qui ne peut avoir de sens que si Israël se conforme au droit international, à la recherche de la paix et au respect des droits humains.
Sur ces bases, le SNES est présent dans les manifestations de solidarité qui ont déjà eu lieu. Ses militants seront de nouveau dans la rue

SAMEDI 10 janvier à 15h30 à Marseille (porte d’Aix) et dans d’autres villes du département

6) Construire les suites de nos mobilisations

Au-delà des dispositifs d’action déjà arrêtés, le SNES tirera pour chacun des niveaux, les enseignements des mobilisations et proposera des suites. Il s’inscrira pleinement dans les suites inter-professionnelles unitaires du jeudi 29 janvier. Il pèsera pour que des actions communes soient entreprises au niveau de la Fonction Publique.

Dans le champ éducatif, le SNES Aix-Marseille propose que la faisabilité d’un autre temps fort national d’action entre le jeudi 29 janvier et le début des vacances d’hiver par zone, soit étudiée à l’issue de la journée du 29 janvier. Ce temps fort pourrait prendre l’action de manifestations départementales, de manifestation nationale par pôle, de meetings-concerts.

Après les vacances d’hiver, le SNES Aix-Marseille se prononce pour une action éducation forte en Mars. Elle pourrait prendre la forme d’une grève, avec l’objectif de s’emparer du débat dans chaque établissement sur l’avenir du collège et du lycée et sur un autre avenir pour la jeunesse. Elle pourrait prendre une forme originale avec une présence dans les établissements, des assemblées générales de grévistes, des réunions sur une partie de la journée avec les élèves et les parents et des manifestations de convergence. Le SNES appelle à multiplier les actions contre les suppressions de postes.

Le SNES lancera par ailleurs une action intitulée « Veille collective pour la qualité » qui consiste à inviter les équipes pédagogiques à envoyer des alertes-qualité au SNES qui les recensera sur un site internet public et les utilisera à destination de la presse et de l’opinion pour illustrer régulièrement les atteintes à la qualité du service public causés par l’insuffisance des postes ou les réformes Darcos. On pourra ainsi recenser les remplacements non-assurés par manque de TZR, les difficultés scolaires non-résolues par manque de personnels dans les Vies scolaires, les conséquences de l’insuffisance de conseillers d’orientation-psychologues, d’infirmières, celles de l’augmentation de la charge de travail ou des dégradations des conditions de travail.
Cette « Veille Qualité » pourra ainsi servir de support à une grève du zèle qui s’articulerait en particulier sur le refus collectif des remplacements à l’interne et sur le refus collectif du transfert insidieux des tâches assurés par les COPsy dans le cadre de leurs missions vers les personnels enseignants (orientation active, entretiens d’orientation...)

7) Renforcer le SNES

La réussite de nos luttes dépendra enfin fortement de notre capacité à débattre avec le plus grand nombre de collègues, à nouer des alliances avec les parents, les lycéens et les étudiants, à convaincre l’opinion publique de la justesse de nos analyses et de la pertinence de nos revendications.

Le tassement de l’audience du SNES que laissent apparaître les résultats des élections professionnelles de décembre 2008, à l’issue desquelles le SNES Aix-Marseille reste toutefois largement majoritaire avec 54% des suffrages exprimés, 45 points devant le deuxième syndicat académique, les difficultés rencontrées dans la syndicalisation depuis le début de cette année scolaire, montrent que nous devons reprendre le débat avec la profession, réinterroger nos mandats, et convaincre plus encore.

Cette campagne de syndicalisation et de réflexion s’appuiera notamment sur le stage « Pleins feux sur les collèges  » du vendredi 13 février organisé au collège Prévert de Marseille, sur les « Assises pour un lycée de la réussite pour tous » du mardi 17 février au lycée Jean Perrin de Marseille. Nous appelons chaque militant à assurer le succès de ces initiatives, en préparation des travaux de notre congrès académique des mercredi 11 et jeudi 12 mars à Martigues.