16 janvier 2011

Notre académie, nos établissements

CLAIR ou ECLAIR , c’est toujours NON

Le Ministère annonce sa volonté d’étendre l’expérimentation CLAIR qui concernait 105 établissements « à la très grande majorité des établissements RAR » et aux écoles primaires dépendants de ces établissements.

Dans notre académie, il y a actuellement 11 collèges expérimentaux CLAIR et 3 LP.l’extension du dispositif toucherait les 26 collèges RAR, quelques RRS, 3 lycées professionnels et 132 écoles.

Les Recteurs sont chargés d’établir une nouvelle liste d’établissements expérimentaux.Pour l’heure le recteur d’Aix Marseille n’a fait aucun commentaire.La réunion du CTPA mardi 18 janvier sera l’occasion pour le SNES de l’interroger à ce sujet.

Les expérimentations touchent à trois domaines :

- le domaine pédagogique, avec focalisation sur le socle commun et renoncement aux éléments des programmes qui sont hors-socle,

- le domaine éducatif, avec la mise en place d’une nouvelle fonction de « Préfet des études »,

- le domaine des « ressources humaines » avec le recrutement des personnels par les chefs d’établissement.

Se dessine avec les CLAIR, et surtout leur généralisation, une éducation pour les pauvres, où les objectifs sont réduits et les destins scolaires figés dès le plus jeune âge. Car un élève ayant suivi sa scolarité dans un établissement CLAIR aura-t-il été préparé à poursuivre sa scolarité au-delà de 16 ans ? Nous allons assister à une ghéttoïsation accrue de ces établissements CLAIR, car le renoncement institutionnalisé à l’ambition éducative va amplifier les stratégies de fuite des familles issues de quartiers populaires qui projettent un avenir scolaire pour leurs enfants par le biais de l’assouplissement de la carte scolaire et des internats d’excellence.

Nivellement par le bas pour les élèves, mais aussi caporalisation des enseignants par le biais de leur mise sous tutelle absolue par le chef d’établissement qui aura toute latitude pour choisir ses enseignants.

Du fait du manque d’attractivité de ces postes, amplifié par leur sortie du mouvement INTRA et leur profilage « Poste Spécifique », par la contrainte d’un engagement quinquennal dans le poste à profil avec signature d’une lettre de mission, on peut craindre que l’administration n’organise le contournement de ces établissements, au risque d’y démultiplier les postes vacants.

Deux collèges (Versailles et Jules Ferry) ont voté la sortie du dispositif en CA, conformément à la réglementation sur les expérimentations (article 34 de la Loi d’orientation Fillon) qui dérogent aux programmes ou aux horaires nationaux : le domaine pédagogique est du ressort de l’établissement dans le cadre de son « autonomie pédagogique » (article 2 du décret de 1985), et dans ce domaine, le Chef d ’établissement n’est que l’exécutif du CA.

Le Recteur Nique ne dit d’ailleurs pas autre chose : ces expérimentations sont menées dans le cadre de l’article 34 de la loi de 2005. Elles relèvent de certaines thématiques, doivent être approuvées par le CA et l’autorité académique dans un délai de cinq ans. Si le CA désire procéder d’une autre manière c’est de sa responsabilité. Les établissements peuvent engager un autre projet dans le cadre du programme signé avec l’académie. Je pense qu’il faut être souple dans la mise en oeuvre du programme Clair. Il y a diverses modalités prévues par la loi et les établissements peuvent choisir, dans le respect du programme signé avec le rectorat.

Mais l’administration bafoue la démocratie et la réglementation en ignorant ces votes à ce stade. Deux LP ont remis au recteur une pétition ultra-majoritaire demandant la sortie du dispositif. Dans les autres établissements (Raspail, Belle de Mai, Henri Wallon ...), les discussions sont en cours.

Le SNES appelle à amplifier la lutte contre le dispositif CLAIR, un dispositif réactionnaire pour les élèves des quartiers populaires, un dispositif de casse des statuts des personnels, aussi dans les établissements déjà expérimentaux (votes en CA et poétitions pour sortir du dispositif) que dans les établissements qui risquent de le devenir (les établissements RAR).

Nous proposerons dans les plus brefs délais de nouveaux outils de mobilisation (pétition, rassemblement "Education prioritaire....) et des initiatives intersyndicales rapides.

A suivre