Depuis maintenant trois mois, une intersyndicale réunissant 15 organisations sur le plan national et 13 sur le plan académique , représentant à la fois les enseignants du public et du privé, et donc plus de 99 % des enseignants du second degré, fait connaître sa totale opposition au projet de décret sur les obligations de service remettant en cause les décrets de 1950 et les statuts particuliers.
L’objectif premier de ce texte est de supprimer des postes dans le cadre d’une logique budgétaire qui a déjà conduit à une dégradation sans précédent des enseignements du second degré.
En outre, de nombreux enseignants vont voir leurs service morcelé sur 2 ou 3 établissements ce qui, non seulement, est préjudiciable au travail en équipe, mais encore accroît la pénibilité du métier.

La réalisation concrète de cet objectif funeste dans le département des Hautes Alpes peut, hélas, se vérifier dans les moyens prévus par l’Inspection Académique pour la rentrée 2007. Alors que l’on prévoit pour la deuxième année consécutive une hausse des effectifs dans le second degré de 66 élèves, une nouvelle ponction est prévue, grâce à la révision du décret 50, dans la dotation des heures statutaires :
1. Le volume d’heures de préparation en Sciences physiques, SVT, techno et Histoire Géographie est divisé par 3 en passant de 56 h à 18h !

Cette ponction est d’autant plus inacceptable qu’elle repose sur une extension abusive du texte qui prévoyait le maintien de ces heures en sciences physique et svt, en l’absence de personnel affecté à l’entretien du laboratoire. S’agissant des sciences dites expérimentales, c’est précisément l’activité expérimentale qui est remise en cause dans tous les collèges du département.

2. Les heures d’UNSS sont diminuées de 15h00 en passant de 162h à 147h, soit l’équivalent de 5 groupements de 3h dont vont être privées les associations sportives .

Par ailleurs, le maintien des seuils cibles de création de classes à 28 élèves permet de prévoir des effectifs de 27-28 élèves à divers niveaux dans plusieurs collèges.
Enfin les aspects négatifs de cette rentrée 2007 peuvent être constatés dans le tableau 3 des documents préparatoires, où l’on observe la nouvelle augmentation du E/D (nombre d’élèves par classe) et la nouvelle diminution du H/E (heures par élève).

Les enseignants des lycées et collèges étaient massivement en grève le 18 décembre pour demander le retrait du projet de décret sur les obligations de service, remettant en cause le décret de 1950 et les statuts particuliers, et pour demander l’ouverture de véritables discussions sur la nécessaire prise en compte des réalités du métier.

Sans tenir aucun compte de ce rejet unanime et tout en multipliant les propos provocateurs, le ministre a non seulement transmis le projet de décret au Conseil d’Etat, mais en a encore rajouté en préparant une rentrée 2007 pire que celle prévue par le budget 2007 : plus de 6 000 postes supprimés à la rentrée, 27 000 depuis 2003, la suppression de milliers d’ HSE (heures supplémentaires éventuelles) correspondant à la disparition de 500 postes au niveau national et 20 au niveau académique.

Devant cette surdité persistante, l’intersyndicale a décidé le principe d’une nouvelle grève pour le 8 février en convergence avec les autres salariés de la fonction publique.

Nous appelons les personnels à réagir dans tous les établissements sous toutes les formes pour faire connaître les conditions déplorables dans lesquelles se préparent la rentrée 2007, en particulier en demandant à tous leurs représentants aux conseils d’administration de voter contre les DGH proposées, quels que soient les aménagements à la marge qui auraient pu être réalisés.