26 avril 2011

Notre académie, nos établissements

Contre la violence, le lycée Diderot ose le débat

14 avril : Débat très important au lycée Diderot pour réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour enrayer la violence aux abords de l’établissement.

le SNES y propose des solutions

TABLE RONDE PREVENTION et EDUCATION au lycée DIDEROT à Marseille


Pas de fatalisme face à la violence.

Depuis des années, les élèves du lycée Diderot sont confrontés à de multiples agressions aux abords du lycée. Le SNES Diderot et l’intersyndicale n’ont eu de cesse d’alerter les autorités pour mettre en œuvre des mesures préventives. En vain.
Ces dernières semaines, une accélération des agressions a été observée en nombre et en gravité avec de graves blessures à l’arme blanche.

Les enseignants ont organisé le 17 mars une marche de solidarité avec les victimes. Cette manifestation de plus de 300 personnes, largement couverte par la presse, a eu pour effet de donner confiance aux victimes et d’interpeler les élus locaux qui étaient présents et de nouer des relations avec associations de quartier.
De son côté la mairie de secteur, interpelée par le montée de l’insécurité qui se développe de façon inquiétante autour de tous les établissements du 13e et 14e arrondissements, a organisé un conseil local de sécurité le 8 avril.

Dans ce contexte, le 14 avril dernier, les enseignants élus au conseil d’administration ont organisé une table ronde "prévention éducation" sous l’égide de la Région, afin de réunir tous les acteurs sur le sujet. Au cours d’un débat riche et constructif, de nombreux invités1, dont le secrétaire académique du SNES, Laurent Tramoni, sont intervenus sur le diagnostic des violences et sur les questions de prévention et d’éducation.

L’état des lieux :

Plus de cinquante agressions d’élèves du lycée depuis la rentrée de septembre, près d’une dizaine d’agression au couteau dont plusieurs blessures graves.
Tous les établissements du quartier sont touchés par ce phénomène. L’objet des agressions est souvent le racket mais on observe aussi des agressions "gratuites" comme des caillassages et des dégradations des voitures.
Les agressions se produisent sur des lieux parfaitement identifiés : aux abords du lycée, sur le trajet lycée-métro Malpassé et le trajet lycée-cité universitaire de Saint Jérôme.
Selon la police et la Protection Juridique de la Jeunesse (PJJ),
Le 13e arrondissement est "en tête" du "top five" de la délinquance des quartiers suivi du 14e et du 1er arrondissement.
Le profil des délinquants : les jeunes délinquants sont des mineurs ou de jeunes majeurs en situation de rupture scolaire qui ont à peine atteint le niveau de la troisième et qui ont du mal à lire et écrire.

Le lycée Diderot et les actions péri-éducatives : la situation est préoccupante pour un lycée ZEP. Les moyens sont revus à la baisse année après année :
Le fonds social lycéen est en baisse constante. Le dispositif "école ouverte" qui permet d’encadrer les élèves pendant les vacances scolaires pour des révisions d’examen et pour des activités scolaires n’a plus les moyens de fonctionner.
Les moyens du soutien scolaire ont été divisés par deux cette année.
Les actions culturelles ont du mal à vivre car les associations partenaires sont asphyxiées par manque de moyens.

L’établissement n’échappe pas à la contre-réforme du lycée. De façon spécifique, la contre réforme des STI va accentuer de façon très importante la ghettoïsation du lycée en le privant d’un recrutement académique qui favorise la mixité sociale.

L’action éducative pour prévenir la violence

Pour le SNES, certaines causes des violences n’ont aucun rapport avec l’Ecole. Ainsi, la crise économique a contribué à "boucher l’horizon" d’une partie de la jeunesse.
Mais le développement de la violence prend ses racines dans l’affaiblissement des services publics, notamment celui de l’Education.
L’abandon de l’Education Prioritaire est évident : 106 établissements à la fin des années 80 ; 26 établissements CLAIR (collèges et LP) aujourd’hui. Le Ministère a empilé les dispositifs de dérogation et tourné le dos au « donner plus à ceux qui en ont le plus besoin ».
Le désengagement de l’Etat se traduit notamment par une diminution de 10 % des postes d’enseignants et par l’abandon des COPSY.
Le SNES ne se contente pas de déplorer les dégradations mais fait des propositions en matière de prévention :
Redéfinir la politique de la ville pour éviter le développement de "l’entre-soi" pour réduire le clivage entre Marseille-Nord et Marseille-Sud.
Mieux accueillir les parents au sein des établissements.
Offrir des perspectives aux études, démocratiser l’école ; la défense de l’enseignement technologique est dans ce domaine tout à fait pertinente.
Ouverture des établissements sur le quartier avec partenariat avec les associations locales.

C’est par une politique ambitieuse de développement du Service Public d’Education que l’on peut prévenir de façon durable et efficace la violence dans les quartiers.

Cette table ronde a été un succès de participation avec un débat riche, approfondi et pertinent.

Les organisateurs n’entendent pas en rester là et vont poursuivre leurs actions pour amener les autorités, notamment le Recteur et l’Inspecteur d’académie dont la chaise est restée vide, à prendre leurs responsabilités et à donner aux personnels du lycée Diderot les moyens pour enseigner, éduquer, protéger.

Avec la présence de :

Vice-président de la Région chargé des lycées, Jean-Marc Coppola
Maire de Secteur garo Hovsépian
Adjointe à la mairie de secteur : Ouaria Hadj Chick
Député de la circonscription : Sylvie Andrieux
Commissariat du 13e arrondissement : Capitaine Vidal, Major Segura
Equipe Mobile Académique de Sécurité représentant le Recteur : Mr Laumonerie
Protection Judiciaire de la Jeunesse,
Associations de réinsertion et de prévention,
Association culturelle : Heart Color Music,
SNES Académique : Laurent Tramoni
SDEN-CGT : Nadine Castellani
Sud éducation : Hélène Horesser
CIQ du quartier Malpassé,
Présidente de la confédération des CIQ,
Directrice du centre social de quartier
FCPE : Jean-Louis Odekrken

de nombreux élèves et enseignants du lycée

Serge Jourdan S1 du SNES FSU Diderot