21 mai 2011

Militer

D’ailleurs nous sommes d’ici : manifestation le 28 mai à Marseille RDV 14h aux mobiles

Le SNES et la FSU soutiennent l’eppel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers !

Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers !

Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 était créé, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement. Depuis, des dizaines de milliers d’étrangers en situation irrégulière, hommes, femmes, enfants, sont traqués, arrêtés et expulsés, y compris dans un pays en guerre comme l’Afghanistan. Voulue par le chef de l’Etat, mise en œuvre par ses gouvernements successifs, le ministère de l’Intérieur aujourd’hui, et soutenue par l’UMP et ses alliés à l’Assemblée, cette politique est inacceptable car elle viole des principes humanitaires élémentaires et des dispositions internationales ratifiées par la France. A cela se sont ajoutés les effets désastreux du pseudo-débat sur l’identité nationale puis la chasse aux Roms.

Pour que cesse cette situation qui porte atteinte à des droits fondamentaux, menace gravement le droit d’asile et ruine l’existence des personnes étrangères visées, nous appelons à une manifestation nationale et unitaire au mois de mai 2011, à la date anniversaire de la création du ministère de l’Immigration qui perdure aujourd’hui sous une autre forme.

Nous exigeons sa suppression, l’arrêt immédiat de cette politique et la régularisation des sans-papiers.

MARSEILLE VILLE OUVERTE ?

Depuis les années 90, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d’immigration et d’asile s’est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L’Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers. Cette politique xénophobe, attisée par des paroles officielles et haineuses a actuellement des conséquences directes dans chaque État, chaque région, chaque ville.

Historiquement, la ville de Marseille est connue comme une porte ouverte sur la Méditerranée, accueillante pour des générations de migrants fuyant la misère, la guerre et l’oppression. Or, des évènements récents de plus en plus violents nous font dire qu’ici aussi la forteresse a des conséquences dramatiques.

À Marseille, le 9 mars 2011, un incendie a mis hors service le Centre de rétention administrative (CRA) du Canet. Dans deux bâtiments, des retenus ont mis le feu à des matelas. Six personnes ont été inculpées, trois d’entre elles sont actuellement incarcérées aux Baumettes. Pour les mêmes actes, au CRA de Vincennes et de Bordeaux, les peines sont allées jusqu’à 3 ans et 5 ans ferme. La volonté du pouvoir est claire : étouffer toute forme de révolte et la réprimer sévèrement.

À la Préfecture des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué du 31 mars 2011, un groupement d’associations et d’avocats a dénoncé les conditions indignes d’accueil des étrangers. Ceux-ci, reçus à raison de 10 par jour, sont contraints d’attendre plusieurs jours et nuits sur le trottoir devant la Préfecture, pour espérer obtenir un ticket et voir leur demande enregistrée.

À Marseille, depuis fin avril 2011, la police rafle des centaines de migrants tunisiens, libyens, égyptiens, souvent à la descente du train. La situation actuelle est très dure bien que la solidarité s’organise autour de la Porte d’Aix, en compagnie des habitants et des militants des droits de l’homme. Nous refusons cette politique et voulons ouvrir la porte de la solidarité internationale.

À Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, depuis 2010, l’acharnement à l’égard des populations Roms s’est intensifié comme partout en France, notamment des Roms Bulgares et Roumains pourtant citoyens européens. Les expulsions médiatiques ne changeront rien à cette situation sinon qu’à traumatiser des familles et à attiser le racisme.

À Marseille et dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs, des entreprises se servent de ces générations de travailleurs, avec ou sans papiers. Une main d’oeuvre bon marché obligée d’accepter les pires conditions de travail. Le gouvernement, par ses discours et ses actes racistes, cherche à diviser les travailleurs et à éviter un « tous ensemble contre la précarité ! ».

D’ailleurs comme d’ici, du Nord au Sud de la Méditerranée.