Déclaration du SNES-FSU CTPD du 21/1/2011

Dans sa présentation des vœux à la Presse la FSU a formulé concernant l’école le vœu que la réussite de tous les élèves soit une priorité et que notre département face l’objet d’un plan d’urgence.

Ce vœu n’est pas partagé par le gouvernement, loin s’en faut puisque, malgré un retour à la hausse des effectifs dans les collèges de notre département un nouveau tribut est demandé de 9 ETP. Certes c’est faible comparé aux suppressions que nous avons du subir ces dernières années. Mais ce n’est pas avec des moyens en moins que les résultats des élèves du 13 s’amélioreront.

La rentrée 2011 se présente donc mal. Ce constat vous le faites comme nous et de ce fait, après avoir observé la colère des établissements l’an dernier sur les DGH avec prés de la moité des établissements qui sont venus en audience réclamer une rallonge, la colère en juin puis septembre concernant les vies scolaire, vous avez d’ores et déjà engagé plus de moyens dés janvier pour maintenir le H/E du constat de rentrée. Mais si ce H/E apparaît globalement maintenu , le E/D augmente aussi et ça c’est le signe d’une aggravation globale des conditions d’enseignement car ça veut dire augmentation des effectifs par classe avec toutes les conséquences que cela entraîne : moins de disponibilité pour aider les élèves en difficulté, plus de risque de tensions dans les classes....

Ceci est d’autant plus alarmant que si on rapporte les éléments prévisionnels de janv 2011 au constat d’oct 2010, on voit que la baisse d’effectifs supérieure à la prévision a seule permis de diminuer la pression entrevue lors de l’attribution des DGH de janv 2010. Or pour la rentrée 2011 nous n’aurons pas la même aubaine.

Vous prévoyez une hausse d’effectifs de 56 élèves (62 rectorat) avec une répartition de cette hausse sur la plupart des bassin du département , ce qui vient confirmer la tendance de ces dernières années .

Qui plus est avec la perte de ces 9 postes c’est encore le taux des HSA qui augmente alors que la plupart des délégations d’établissement vous indiquent que les collègues ont des difficultés pour les assurer. Il passe effectivement de 7,9% à 8,1%. Ceci a pour conséquence des Compléments de Service , ce qui est difficile tant pour les collègues que pour vos services qui n’arrivent plus à les placer. Cela va encore alourdir la charge de travail puisque outre les HSA il est demandé trop d’HSE pour divers projets et dispositifs aux collègues.
Par ailleurs, lorsqu’on observe les effectifs de SEGPA on comprend mal la baisse de 185 élèves alors que les besoins sont importants et qu’on manque de places dans certains bassins (Arles, étoile sud).

Non seulement la rentrée 2011 se présente mal au plan des moyens d’enseignements mais aussi au plan des objectifs assignés au collège.

Comme le SNES l’a dit au CTPA, l’objectif de « consolider la maîtrise du socle commun » ne peut constituer pour nous un objectif ambitieux car non seulement la tâche consistant à remplir le livret de compétence est lourde mais qui plus est elle détourne du véritable objectif du collège qui est de tirer le plus d’élèves possible vers les poursuites d’étude au delà du collège. Force est de constater que fixer l’objectif du seul socle revient à ne pas prendre en compte la demande sociale des famille quant à la poursuite d’étude mais qui plus est entraîne un retour en arrière de plus de 30 ans avant le collège unique avec le socle pour certains et plus pour d’autres. En ce sens les dernières déclarations à propos de la formation des maîtres ou le dispositif DIMA publié au JO du 1° janv ne sont pas de nature à nous rassurer (litote)

Ce qui se profile pour l’éducation prioritaire est proprement scandaleux. En effet, la mise en place des CLAIR s’est faite sans concertation et a été annoncée lors des états généraux de la sécurité. Par là même elle opère un glissement d’une aide pour lutter contre les inégalités en matière économiques et sociales à une gestion des question de violence sans donner la priorité à l’ambition éducative.

La généralisation des CLAIR aux RAR constituerait si cela se confirmait une marche forcée encore sans concertation, dans la précipitation et sans le moindre bilan alors que plusieurs établissements ont fait connaître leur désir de sortir de l’expérimentation. De ce point de vue, nous nous devons ici de répercuter la colère qui gronde tant autour du dispositif qu’envers l’attitude des chefs d’établissement qui confisquent le débat démocratique des établissements (J.Moulin, Ferry, Wallon mais aussi Versailles)

Par ailleurs « la sécurité et la sérénité de la vie scolaire » est un des objectif de rentrée défini par le recteur or en 2 ans avec le transfert de la gestion des vie scolaire de lycée et LP aux Inspections Aacadémiques, les suppressions de postes que nous avons connus en mai-juin, la montée en puissance de la scolarisation des élèves handicapés, la situation des vies scolaires s’est profondément dégradées. L’action menée a conduit à revoir la répartition. Nous saluons le travail fait par les services, cependant le redéploiement a ses limites et nous sommes déjà au delà des limites. Nous avons réclamé au recteur d’avoir l’assurance qu’aucune suppression de postes ne sera effectuée et qu’on recherchera des moyens pour améliorer la dotation en AED. Pour l’instant nous n’avons eu que l’assurance d’une réflexion sur les crédits « vie de l’élève ».

Dernière remarque concernant les conséquences de l’assouplissement de la carte scolaire, une étude aurait du permettre de revoir la typologie des collèges pour la préparation de rentrée 2011 à la lumière de la transformation de la sociologie engendrée. Nous déplorons que ce travail n’ait pas été effectué et nous vous demanderons donc à l’analyse des DGH des établissements de revoir certaines situations compte tenu de cet élément.

En conclusion, nous ne pouvons que face à ce gouvernement qui brade l’éducation en lui supprimant des moyens, qui méprise la jeunesse en général et celle des quartiers défavorisés en particulier en y voyant avant tout de la délinquance, qui méprise les personnels de l’éducation en refusant d’entendre leur voix La FSU avec toutes les organisations du groupe « Un pays, une école, notre avenir » appelle à une manifestation demain à 14h sur la Canebière . D’autres actions sont en préparation.

Voir l’état de l’académie : cliquer ici
La déclaration unitaire à l’issue du CTPA : cliquer ici