L’administration rectorale veut remettre en cause le paritarisme et le contrôle des élus.

Attaques contre le paritarisme

L’administration rectorale est arrivée à ce groupe de travail avec l’objectif de transcrire dans les pratiques et les règles de fonctionnement académique les attaques décidées au Ministère contre le paritarisme et le contrôle des décisions de l’administration par les représentants élus. Les intentions affichées par le rectorat sur la tenue des commissions, sur les documents transmis, sur les possibilité de correction des erreurs ou d’amélioration du projet, videraient de leur sens les instances paritaires. Nous appelons solennellement tous les personnels à signerla pétition nationale de défense du paritarisme. La réponse des syndicats a été unanime : en plus, attaquer le paritarisme ? ! Pas question !

Vers le retour de bonifications ZEP ? Allez le SNES !

Sur les barèmes de mutations eux-mêmes, signalons d’entrée que la proposition du SNES de rétablir des points pour l’exercice dans un établissement ZEP a enfin semblé recevoir un accueil favorable de la part de l’administration qui avait supprimé ces bonifications en 2006 pour les réserver aux établissements APV puis AR. Cette bonification ZEP pourrait, si nous parvenons à gagner son rétablissement d’ici la conclusion de ces discussions, pourrait prendre la forme d’une bonification par paliers de 5 et de 8 ans. Après la victoire du SNES qu’a été le rétablissement de 15 points par ans pour les TZR (nous avons demandé qu’ils soient portés à 20), cela ne serait que justice pour les collègues concernés.

L’administration déséquilibre les barèmes au profit d’un petit nombre
Pour le reste l’administration avait consigne de favoriser coûte que coûte les mutations de certaines catégories de personnels. Cela l’a amenée à faire des propositions qui déséquilibrent les barèmes au détriment des autres catégories de personnels :

1) Les agrégés et le lycée :

Pour le ministre, la place des agrégés est obligatoirement en lycée. Le rectorat propose donc d’augmenter à nouveau la bonification pour les agrégés demandant des lycées (90 points sur les vœux typés « lycées »). Le SNES avait été porteur d’une proposition de bonification de 120 points sur les vœux départementaux typés lycées, proposition devenue effective depuis quelques années. Il ne nous semble pas utile d’aller au-delà sans interdire l’accès des lycées à d’autres catégories de demandeurs de mutations. L’attente pour une entrée en lycée est aujourd’hui liée à l’absence de postes du fait des fermetures lors des départs en retraites, plus qu’à une insuffisante bonification. Le SNES a souligné qu’il ne serait par contre pas absurde de demander aux IPR de tenir compte de l’agrégation parmi les critères utilisés pour les affectations sur les postes spécifiques.

2) Les néo-titulaires et les établissements ambition réussite :

Débuter sa carrière dans un établissement Ambition Réussite n’est pas chose aisée. Le SNES demande que les néo-titulaires aient une décharge de service égale à un mi-temps lors de leur première année d’exercice et puissent bénéficier de compléments de formation choisis. Le SNES insiste sur l’amélioration des conditions de travail et d’étude dans les établissements difficiles, en particulier sous la forme d’une limitation des effectifs des classes, d’une multiplication des heures devant des petits groupes d’élèves, d’une décharge du service hebdomadaire pour tous les collègues exerçant dans ces établissements. L’administration refuse d’entendre ces revendications, arguant d’impossibilités budgétaires. Pire, elle n’hésite pas à ponctionner lourdement ces établissements dans le cadre des suppressions de poste.

Le Rectorat propose qu’on donne aux néo-titulaires des bonifications de points pour leur permettre d’éviter les établissements Ambition Réussite. Proposition généreuse, mais qui n’aurait d’autre conséquence que de permettre aux néo-recrutés de « passer devant » leurs jeunes collègues qui viennent d’être affectés dans ces établissements. Cela reviendrait à bloquer pour de longues années les collègues aujourd’hui affectés dans ces établissements. Rappelons que, sous prétexte de stabiliser les équipes dans les établissements APV et AR, les bonifications de sortie ne sont attribuées qu’au bout de 5 ou de 8 ans ! Autres effet pervers : en organisant ainsi, pour les titulaires, le contournement des établissements les plus difficiles, on peut s’attendre à voir encore s’accroître le nombre de jeunes précaires affectés dans les établissements les plus difficiles. Les élèves des établissements Ambition Réussite ont aussi droit à avoir devant eux des enseignants titulaires, bien formés, dynamiques et volontaires.
Une position de compromis que l’administration semble vouloir adopter : la possibilité pour les néo-titulaires d’exclure les établissements AR de leurs vœux. On pourrait également chuter sur la possibilité d’avoir un délai d’un an avant d’avoir à prendre un poste définitif obtenu au mouvement en établissement Ambition Réussite.

3) Rapprochement de conjoints :

Régulièrement sur la sellette parce que ce sont les seules bonifications qui échappent à l’administration et qui ne permettent donc pas d’orienter les parcours professionnels des agents, les bonifications de rapprochement de conjoint risquent à nouveau d’être minorées, en particulier au niveau départemental. Elles sont pour le SNES nécessaires pour éviter les séparations de conjoint. Elles doivent permettre aux collègues justifiant d’une situation de famille de concourir sur des postes de leur choix qui leur permettent de concilier contraintes familiales et professionnelles.

4) Personnels handicapés :

Les anciennes « priorités médicales » sont maintenant considérées comme des priorités pour le handicap, après reconnaissance par la Maison Départementale du Handicap. Les pathologies prises en compte sont les mêmes qu’antérieurement et ne relèvent pas toutes du handicap stricto sensu. L’an dernier, 40 collègues avaient obtenu cette priorité de 1000 points. 14 ont muté sur de leur vœu sans avoir besoin de la priorité, parce qu’ils avaient par ailleurs suffisamment de points. Vingt ont été mutés sur un vœu bonifié. Et six collègues n’ont pas obtenu satisfaction, vraisemblablement parce qu’ ils n’y avait pas de poste dans leurs vœux. Mais leur cas a été étudié et géré au mieux de leurs intérêts dans le cadre des affectations à l’année. Le rectorat annonce vouloir donner une priorité plus forte et plus ciblée à ces collègues.

5) Mesures de carte scolaire :

Elles se multiplient et le Rectorat voudraient bien imposer un traitement informatisé là où nous les étudions au cas par cas en commission en début de mouvement de chaque discipline. Cela entraînerait ipso facto un recul certain pour les collègues concernés. Nous avons par ailleurs demandé à revenir sur l’interdiction de panacher les vœux de mutation et les vœux de repli de carte scolaire.

De nouveaux groupes de travail auront lieu en janvier. A suivre donc …
Signez la pétition.