Investir les demi-journées banalisées institutionnelles pour mobiliser contre la réforme des lycées et le pouvoir accru des chefs d’établissement, contre les suppressions de postes, et pour la revalorisation de nos professions

Communiqué de presse

Après les coups de semonce qu’ont été les mobilisations du mardi 24 novembre (1/3 de grévistes à l’appel national du SNES, de la CGT, de Solidaires) et du jeudi 10 décembre (à l’appel de l’intersyndicale second degré SNES, SNEP, SNALC, SUD, CGT, FAEN, FO),

Après la présentation au Conseil Supérieur de l’Education du jeudi 10 décembre des décrets sur la réforme des lycées et de la direction des établissements,

Après le Comité Technique Paritaire National du mercredi 16 décembre qui répartit dans les académies les 16 000 nouvelles suppressions de postes pour la rentrée 2010,

Le SNES organise un plan d’actions condensé en janvier, sous la forme de « 15 jours pour l’Education » du jeudi 14 janvier au samedi 30 janvier. Le SNES appellera à une grève nationale le jeudi 21 janvier avec la FSU, la CGT et Solidaires. Un préavis est par ailleurs déposé pour couvrir dès la rentrée tous les établissements qui décideront de recourir à la grève, par exemple pour des luttes conjointes avec les lycéens.

Dès le 14 janvier, nous organiserons des actions communes avec les parents et les lycéens dans les localités, sous une forme comparable aux Réveillons de lutte de décembre 2008. Le SNES organisera des Assises académiques des lycées.

La période d’action se terminera par une montée à Paris le samedi 30 janvier pour une manifestation nationale pour l’Education. Entre les deux, l’objectif est d’assurer une mobilisation tous azimuts au quotidien dans les établissements, collèges, CIO et lycées en créant des liens avec les parents, les lycéens, l’opinion publique qui est fortement attachée à la défense de la qualité du service public d’éducation.

L’objectif de ces « 15 jours pour l’Education » est de créer une lutte permanente et massive :

- CONTRE la réforme des lycées et le pouvoir accru des chefs d’établissement, concrétisés par des décrets qui seront publiés fin janvier.

- CONTRE les suppressions de postes et leurs conséquences sur la charge de travail des enseignants, la dégradation des conditions d’étude des élèves, les carences du système de remplacement.

- POUR la revalorisation des professions.

- POUR une élévation du niveau de recrutement des enseignants qui ne se traduise pas par une suppression de la formation professionnelle, de l’année de stage en alternance, par une sélection sociale accrue.

La répartition des 16 000 suppressions de postes dans les académies est connue : bien que sous-dotées, l’académie d’Aix-Marseille perd 344 emplois Equivalents Temps Plein à la rentrée 2010 (89 emplois de titulaires, 329 emplois de stagiaires).

La réforme des lycées, par le regroupement des élèves dans le tronc commun, par la réduction des horaires disciplinaires, par le resserrement des séries technologiques, se traduira également par d’importantes suppressions en 2011.

Rappelons que depuis 2003, notre Académie a perdu, à titre définitif, 6,7 % des effectifs d’enseignants contre une baisse conjoncturelle de 4,7 % des effectifs scolarisés. Les effectifs scolarisés vont pourtant repartir à la hausse en collège, du fait de l’arrivée de générations d’élèves plus fournies.

Rappelons également que notre académie a perdu à la rentrée 2010 20 % de son potentiel de remplaçants titulaires du fait des suppressions de postes à la rentrée 2009, avec des conséquences lourdes pour les élèves et les familles qui dénoncent à juste titre l’absence de remplaçants titulaires.

Le SNES est déterminé à faire du mois de janvier une période de lutte puissante pour mettre en échec l’école libérale que le gouvernement de Monsieur Sarkozy entend mettre en place (assouplissement de la carte scolaire, évaluation publique des établissements par les résultats scolaires des élèves, autonomie des établissements y compris en matière d’horaires d’enseignement, pouvoir accru des chefs d’établissement sur les personnels...).

Comment le SNES évalue-t-il le nombre de suppressions de poste à la rentrée 1010 ? L’académie perd officiellement 329 emplois de stagiaires. Chacun apportait 8h à la DGH académique (heures de stages en responsabilité) : les 329 emplois supprimés équivalent donc à 146 ETP. Mais les futurs lauréats des concours, affectés sur des postes qui seront soustrait au potentiel d’enseignement déjà délégué à l’académie, n’apporteront que 12 h d’enseignement (car ils ont 6 heures de formation) : ils représentent donc un nouveau manque de 329X6/18 = 109 Equivalents Temps Plein, puisque la formation est financée sur la DGH de l’académie.
Au total ce sont donc 89 + 146 +109 = 344 emplois ETP qui sont retirés à la rentrée 2010