1er janvier 2011

Notre académie, nos établissements

Expérimentation CLAIR ou éducation prioritaire ?

Expérimentation CLAIR ou éducation prioritaire ?

Un millier d’établissements ZEP, 254 en ambition réussite,103 établissements CLAIR :

Les différentes étapes d’évolution de l’éducation prioritaire montrent le renoncement du gouvernement à financer des solutions pour résoudre l’échec scolaire, puisque dans le même temps qu’il réduit le nombre d’établissements concernés, ces dispositifs sont financés par redéploiement de moyens. Outre les moyens mis en œuvre, c’est la finalité de ces dispositifs qui interroge

Dans l’expérimentation CLAIR, cette année, l’objectif annoncé de recentrage sur le socle commun va à l’encontre de notre objectif de réussite pour tous les élèves. Cela revient à n’envisager comme seul débouché, à terme, qu’une poursuite d’étude en lycée professionnel ou en apprentissage. Partant du même constat de reproduction - voire d’amplification - au travers de l’école des inégalités sociales, nous ne pouvons avoir pour objectif de se contenter de délivrer le minimum que constitue le socle commun.

La politique actuelle se satisfait pourtant aisément d’une mixité des élites, mieux, elle l’organise : bourses au mérite, possibilité de choisir son lycée accordées aux élèves RAR avec mention B ou TB au DNB, internats d’excellence, quotas dans les grandes écoles, permettant aux meilleurs élèves des milieux populaires d’échapper à leur quartier, quand les autres sont condamnés à y rester avec le seul socle comme horizon indépassable.
Ajoutons à cela l’assouplissement de la carte scolaire qui contribue à ghettoïser les établissements difficiles : les documents de l’IA 13 de cette rentrée montrent que les dérogations à l’entrée en Sixième ont contribué à faire partir plus de 170 élèves des établissements Ambition réussite du bassin littoral Nord.

Du côté des personnels, le besoin réside dans une plus grande stabilité des équipes. Mais cela n’est possible qu’en passant par une amélioration des conditions de travail : temps de concertation dans le service, diminution des effectifs par classe, possibilité de travail en groupes réduits, soutien scolaire…
Au lieu de cela le dispositif CLAIR vient remettre en cause nos statuts, créer des hiérarchies inédites dans les équipes d’enseignants et impulser des pratiques managériales dans les établissements : primes modulables octroyées par un chef d’établissement qui recrute son personnel, définit pour lui des lettres d’objectif à remplir sur trois ans, désigne parmi les collègues des « préfets des études » faisant partie intégrante de l’équipe de direction.
Certes les chefs d’établissement se défendent d’appliquer cette circulaire à la lettre, tous parlent de souplesse, effectuent des chantages aux moyens, mais cela ne change en rien l’objectif du gouvernement écrit noir sur blanc dans une circulaire on ne peut plus claire.

D’ailleurs les collègues ne sont pas dupes, déjà quatre établissements ont fait connaître leur refus de participer à cette expérimentation qu’ils n’ont pas choisie. Les LP Colbert et La Floride, par des pétitions et des votes en assemblées générales, les collèges Versailles et Jules ferry, en faisant voter un vœu de sortie du dispositif par le conseil d’administration. Malgré les pressions de tous ordres, voila donc plus d’un tiers des établissements désignés CLAIR dans notre Académie qui ont compris qu’il y avait dans cette expérimentation bien plus à perdre qu’à y gagner.