Ecouter la profession ???

Qu’est-ce qu’une organisation représentative comme la FSU pourrait bien avoir à dire sur la formation des maîtres ?

Rien, évidemment, selon Monsieur le Recteur. Les collectivités territoriales, les corps d’inspection, savent bien mieux que nous ce dont nous avons besoin pour exercer correctement nos métiers.

C’est ainsi que l’intégration de l’IUFM dans l’Université offre l’occasion d’une purge du Conseil d’Administration : exit les représentants syndicaux de la profession. Faites entrer les affidés, les porteurs de procuration, les petits soldats.
Quelle école professionnelle à part l’IUFM accepterait d’élaborer ses plans de formation en l’absence de représentants de la profession à laquelle elle prépare ? Manque de bon sens affligeant ou volonté délibérée d’écarter les personnels des lieux où le ministère entend redéfinir leurs métiers, leurs statuts, et les cursus qui y mènent ?

Car c’est bien la finalité du Cahier des charges, qui se traduit, entre autres, par le passage du stage en responsabilité de 4-6 heures à 8 ! Il ne faut effectivement pas être enseignant pour croire qu’on apprend ce métier sur le tas, que l’intuition et l’expérience directe y suffisent, et surtout pour ne pas voir qu’il s’agit là encore d’économiser des moyens au détriment de la qualité des enseignements !

Il ne faut pas non plus écouter les représentants de la profession pour vouloir, comme l’actuelle direction de l’IUFM, inventer pour les enseignants du secondaire un master générique “métiers de l’enseignement”, dont la discipline ne serait qu’un appendice, sans perspective de poursuite d’études ou de réorientation, ni de passerelle vers la recherche, et dans lequel la bivalence n’aurait rien d’accidentel.

Ecouter la profession ? « Allons, ce n’est pas sérieux : c’est l’Inspection qui représente la profession »...