Interview Jean-Marc Coppola

Vice président chargé des lycées, du patrimoine et des investissements régionaux à la Région PACA

La Région, l’Etat et les partenaires sociaux sont en train de rédiger le nouveau CPRDF. Quels sont les objectifs de la Région ?

La Région souhaite construire un véritable document de programmation avec des engagements financiers précis de chaque signataire, afin de lutter contre l’échec scolaire et la prévention des ruptures.

On y retrouvera l’exigence d’une première qualification professionnelle pour tous. Il est impératif que l’Éducation nationale soit à la hauteur des moyens à mobiliser pour accéder à cette première qualification au sein de l’école. Nous n’accepterons pas que la formation professionnelle continue pallie la baisse des moyens de l’Etat dans la formation initiale.

Autre axe : la nécessaire élévation du niveau de qualification dans une logique de contrat de continuité professionnelle comme celle que nous avons mise en place dans le cadre des fonds Iris.

La Région a jusqu’ici mené un programme ambitieux de construction de lycées. Comment comptez-vous continuer ?

Notre ambition reste intacte pour les lycées publics et notre objectif reste l’école de l’égalité. Contrairement au gouvernement qui réduit les moyens d’un service public pour privilégier l’excellence pour quelques jeunes. A la différence d’autres régions qui diminuent le budget consacré aux lycées, il restera stable en PACA en 2011. Nous allons mener à terme les projets de construction et développer les réhabilitations du parc plus ancien, en prenant en compte l’accès aux personnes handicapées, les économies d’énergie, l’agenda 21, les équipements sportifs et l’amélioration de la restauration.
La réforme de la série STI a des conséquences importantes en matière d’équipement. Les enseignants s’opposent à cette réforme et demandent un moratoire.

Quelles décisions la Région a-t-elle pris au sujet des équipements existants et des achats de nouveaux équipements ?

Je suis opposé aux réformes des STI et STL qui conforment la formation initiale à la désindustrialisation de notre pays. C’est un bradage des savoir-faire et de leur transmission. Il n’est pas question de laisser les établissements vendre les équipements (machines-outils), achetés par la Région avec l’argent des contribuables, sans établir un inventaire et une expertise de ce patrimoine indispensable aux bacs concernés en 2011 et 2012. La Région est déjà sollicitée pour de nouveaux équipements mais les priorités des établissements - qui rejoignent celles de la Région - sont autres.

Une rentrée dans des conditions matérielles satisfaisantes vous parait-elle envisageable ? Quelles sont les difficultés pour vous ?

2011 est une année où les contraintes financières imposées par l’Etat pèsent lourdement sur la collectivité régionale. Mais nous n’envisageons pas pour autant de sacrifier nos compétences parmi lesquelles la formation et les lycées. Par le recours à l’emprunt, non seulement nous maintenons nos politiques volontaristes telles que la gratuité des manuels scolaires pour les lycéens, mais nous mettrons également en œuvre nos engagements comme la gratuité des transports TER, les « pass » santé et culture et une tarification sociale dans la restauration pour les plus démunis.

Comment la Région travaille-t-elle avec l’Education Nationale sur ces questions ?

Difficilement, car l’Etat est de moins en moins dans l’esprit de la loi, à savoir une responsabilité partagée. Comme l’ensemble de la communauté éducative, nous découvrons les réformes du ministère, sans aucune concertation, sans expérimentation préalable et avec une sorte de mépris en nous intimant souvent l’obligation de mettre en œuvre et de financer ces réformes régressives et dangereuses pour l’éducation et l’avenir des jeunes.

Quels sont les choix de la Région en matière d’équipement informatique pour les années à venir ?

Notre Région peut s’enorgueillir de s’être distinguée avec Correlyce. Nous nous intéressons aux espaces numériques de travail et notre ambition est de poursuivre un haut niveau d’investissement afin de donner les moyens modernes de télécommunications et d’apprentissage à l’ensemble des 185 000 lycéens dans les 180 établissements des deux académies.