Bien que nous soyons ce jour réunis en GT et non pas en CAPA, soit sans PV à caractère officiel, nous souhaitons avant de commencer nos travaux, faire une déclaration liminaire, au vu de la gravité du contexte concernant la catégorie des CPE.

En effet, nous tenons solennellement à dénoncer la dénaturation profonde du métier dont est porteur le libellé des nouvelles épreuves du concours telles qu’elles ont été publiées au journal officiel du 6 janvier 2010.

Notre métier, celui pour lequel nous avons été recrutés et formés, celui que nous exerçons, ne s’y reconnaît pas. Il n’est dans ce texte fait aucune référence à ce qui en est le cœur même :

le suivi individuel et collectif des élèves au sein des équipes pédagogiques et éducatives, et la relation à l’élève y est ignorée.

En revanche, il y est question de pilotage de la vie scolaire, de mise en œuvre d’un projet vie scolaire, qui à ce jour n’a aucune existence réglementaire, de positionnement du CPE dans et hors de l’établissement ou encore du rôle de conseiller technique du chef d’établissement.

Que toute référence aux droits et devoirs des élèves disparaît, que l’on cherche presque en vain dans ce texte ce beau mot qu’est le mot « élève », qu’il apparaisse presque comme à regret au détour d’une phrase, tout ceci ne manque pas d’inquiéter.
Le glissement de nos missions vers un aspect technique, organisationnel et managérial de la fonction, de par la prédominance qu’il prend, nous interroge fortement.

Dans ce texte, nous ne retrouvons pas nos missions, celles que les collègues exercent avec passion et dévouement, telles qu’elles sont définies par notre statut, ni non plus l’esprit de notre circulaire de mission. Un autre métier s’y dessine, tourné vers le pilotage de la vie scolaire, la gouvernance de l’établissement et l’assistance au chef d’établissement. La partie d’épreuve « agir en fonctionnaire de l’état de façon éthique et responsable », éclairée par un autre attendu « le positionnement du CPE » ne laisse rien augurer de bon sur ces nouvelles tâches des nouveaux CPE.

Depuis des années, d’élections professionnelles en actions multiples, la catégorie n’a eu de cesse, de défendre avec force son attachement à son identité professionnelle : elle ne la laissera pas ainsi dénaturer ! Les élus du SNES, représentant une majorité de la catégorie, réaffirmerons encore et toujours que ce qui donne sens à notre métier, que ce qui en constitue le cœur, c’est le travail quotidien avec les élèves, leur suivi individuel et collectif en collaboration avec les membres de la communauté éducative, appuyé sur l’écoute et la relation d’aide.
Ils rediront que, par notre position particulière « à la croisée des chemins pédagogiques et éducatifs », nous participons à la transmission de savoirs, savoir-faire et savoir-être aux élèves, qu’au travers des contacts réguliers avec ces derniers et des activités dans lesquelles nous pouvons les guider, nous favorisons leur acquisition de la maîtrise critique des savoirs et des codes sociaux par l’accès aux savoirs langagiers, relationnels et aux capacités d’organisation de la pensée et de l’argumentation.

Ils affirmeront toujours vouloir mettre en œuvre le bel objectif que nous donne la circulaire de 82, à savoir favoriser la réussite scolaire des élèves et leur « épanouissement personnel ». Ils rappelleront que notre statut nous place aux côtés des professeurs pour le suivi et l’évaluation des élèves et que, s’il nous prescrit d’organiser le travail des personnels chargés de surveillance et d’en contrôler l’exécution, il ne fait pas de nous un chef de service, encore moins le manager d’un projet « vie scolaire », comme si la vie scolaire pouvait se réduire au seul CPE ! (la circulaire de 82, elle, nous charge de l’animation de l’équipe que nous constituons avec les personnels chargés de surveillance).

Aussi, nous demandons instamment et sans délai le retrait et la réécriture de la définition des épreuves des concours CPE, notamment les secondes épreuves d’admissibilité et d’admission dans un sens plus respectueux de l’identité professionnelle des CPE, car nous ne pouvons accepter que nos missions soient transformées en catimini par le biais du concours de recrutement, sans information, consultation ou négociation avec les représentants de la catégorie. Nous souhaitons bien entendu que M. le Recteur transmette cette demande au ministère, de même que les IA-IPR à l’Inspection Générale.

Les commissaires paritaires

ANTAR Djillali (lycée Diderot, Marseille), ATIA Mohamed (clg de Gréasque), BORELLY Patrick (lycée Daumier), BOURELY Yves (lycée Benoît, 84), HYVERNAUD Jean-Luc (lycée Marseilleveyre, Marseille), JAUBERT Claude (clg d’Apt), SAMOUILLER Carole (LP Leau, Marseille), SERVANTON Marlène (clg Malraux, Marseille).