15 mai 2008

Notre académie, nos établissements

La police doit rester à l’écart des établissements scolaires !

Depuis la rentrée du troisième trimestre, les lycéens du pays d’Aix se mobilisent massivement contre la politique scolaire du ministre Darcos. Ils réclament notamment le rétablissement des postes supprimés et ont manifesté à plusieurs reprises pour le faire savoir.

Du côté de l’Inspection Académique et du Rectorat, on s’enferme dans le déni et le refus du dialogue. Rien n’est fait pour permettre aux lycéens de s’exprimer. Des consignes de plus en plus fermes et de plus en plus irréalistes sont donnés aux personnels de direction, alors que tout le monde sait bien que les problèmes ne sont pas locaux mais nationaux.

Les voies du dialogue et de la concertation étant fermées, reste l’appel aux forces de l’ordre contre les lycéens. Les autorités de l’éducation nationale usent de plus en plus souvent de cette fausse solution. Elles prouvent ainsi leur incapacité à assumer leur mission éducative.

Cet entêtement à nier la réalité de la mobilisation des lycéens et le contenu de leur revendications ont amené plus d’une fois la communauté éducative au bord de violences irréparables. Mercredi 14 mai les forces de l’ordre ont investi le lycée Georges Duby de Luynes provoquant l’indignation des lycéens et des personnels.

Nous appelons solennellement Mr le Recteur et Mr l’Inspecteur d’Académie à sortir de cette posture dangereuse, à tenir la police à l’écart des établissements scolaires et à permettre à chaque établissement d’organiser lui-même son fonctionnement dans cette période sensible.

Quant à Mr le Ministre, c’est de sa réponse aux revendications des élèves et des personnels que dépend en définitive le retour à la normale. S’il persiste à vouloir imposer par tous les moyens une politique qui est refusée par tous les acteurs du système éducatif, il porterait une énorme responsabilité.

C’est le ministre, qui en ce mois de mai désorganise le service public avec sa porte fermée aux syndicats et aux négociations. La réussite de la journée de grève et de mobilisation jeudi 15 mai apporte un démenti à toutes les provocations, agressions verbales et policières et à tous les propos mensongers d’un gouvernement mis en difficulté par les salariés et les élèves.