7 avril 2010

L’actualité syndicale

Le département du 13 a besoin d’un plan d’urgence

Madame la Vice-Présidente du Conseil Général, M. le Préfet, M. l’Inspecteur d’Académie, Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,
Au moment où un mouvement profond se développe dans l’Education nationale, s’ancre dans les établissements, s’exprime dans la rue à l’occasion des grèves nationales majoritaires dans notre département, du 12 et 23 Mars nous voudrions soulever à l’occasion de ce CDEN les problèmes essentiels qui motivent parents et personnels.

Ce mouvement qui s’exprime aujourd’hui reflète l’état d’esprit d’une profession qui a le sentiment que la politique gouvernementale asphyxie l’école, et abandonne les personnels, ne répond aucunement aux attentes en matière de services publics, d’emplois publics et de rémunération.
Les agents de l’Education Nationale réclament une véritable revalorisation de leur profession d’enseignants, de personnels de santé, d’agents administratifs et techniques.

La perte de pouvoir d’achat est considérable (-10% depuis 2000), les mesures envisagées par le Ministre Luc Chatel ne sont pas satisfaisantes (annoncer un plan de revalorisation d’un enseignant sur quatre, qui ne prévoit aucune mesure pour les autres catégories de personnels ne peut pas répondre aux nécessités exprimées, même si dans les annonces faites il y a la reconnaissance explicite que l’augmentation du niveau de recrutement à bac+5 pour les professeurs doit se solder par une revalorisation des carrières).
Il n’est pas concevable qu’une éventuelle revalorisation de toutes les professions se fasse dans le cadre d’un chantage au « donnant-donnant » ou « suppressions de postes contre augmentation salariale ».

Au contraire conforter les personnels, reconnaître la pénibilité accrue du travail effectué, les charges supplémentaires qui pèsent serait un signe fort envoyé à tout le pays et une remise à l’ordre du jour de « la priorité à l’éducation ».

Dans ce sens, la FSU demande un rattrapage immédiate par une augmentation pour tous de 50 points d’indice, une indexation de celui-ci sur l’évolution du coût de la vie, une refonte des grilles de salaires tenant compte de l’évolution des qualifications et des niveaux de recrutement.

La FSU demande dans l’éducation nationale l’ouverture immédiate de véritables négociations sur la revalorisation de nos métiers et l’amélioration de nos conditions de travail, la résorption de la précarité. La mise en place de la RGPP et les réformes imposées à la hussarde dans le supérieur, la formation professionnelle des enseignants, le premier et second degrés (modifications des horaires et des programmes dans le premier degré, suppression des RASED, loi Fillon sur l’école et socle commun de connaissances en collège, réforme du lycée, Réforme des EPLE, mise ne place du conseil pédagogique, rapport Hirsch sur la marginalisation du service public d’orientation), provoquent colère et incompréhension chez nos collègues.

L’arrivée dans nos écoles, collèges et lycées à la rentrée prochaine, à temps plein des lauréats des concours, qui ne posséderont par définition aucune expérience professionnelle est une forme de mépris pour le métier, pour les personnels concernés, pour le service rendu aux familles.
Ces nouveaux enseignants, sans expérience professionnelle, vont rencontrer en tant que praticiens de nombreuses difficultés aussi bien dans leur pratique d’enseignement que dans la relation aux élèves, aux familles, aux divers rouages de l’institution.

La réforme du lycée qui a été présentée sans concertation ni négociation avec les partenaires du système éducatif suscite un rejet massif dans les salles de professeurs. Les décisions prises par le ministère de l’Education Nationale (suppressions de postes, réformes en cours, développement de la précarité, réforme des missions, redéfinition brutale des programmes) mettent notre service public d’éducation en grande difficulté.

Les 50000 suppressions de postes effectuées depuis 2003 sur le plan national, les centaines dans notre académie fragilisent l’école publique. Le cumul des suppressions d’emplois pose aujourd’hui de vrais problèmes de fonctionnement dans le second degré avec une baisse de l’offre de formation et d’énormes difficultés quant au remplacement (baisse considérable du potentiel de remplacement en moins en cette rentrée, des milliers de journées de scolarisation, d’heures de cours sont ainsi perdues par les élèves).
Alors que les effectifs élèves ont baissé de 4.5% depuis 2005 dans l’académie d’Aix Marseille, le nombre d’enseignants a chuté de 6.5% diminuant ainsi le taux d’encadrement

En conséquence, cette situation renforcée par les déséquilibres sociaux et territoriaux de notre département appelle à la mise en place d’un PLAN D’URGENCE pour rattraper le retard scolaire et social que nous connaissons en terme de

- scolarisation des plus jeunes, les deux ans, notamment dans les familles socialement et culturellement défavorisées,

- taux de redoublement plus élevés que la moyenne nationale, avec en particulier un passage en classe de seconde inférieur à celle-ci

- réussite aux différents examens du second degré inférieurs aux résultats nationaux

L’ouverture importante de classes et la création de postes y afférant dans les écoles maternelles et primaires dans les collèges et lycées pour faire baisser de façon notable le nombre d’élèves par division , est une condition indispensable à la réussite pour tous.

Le budget 2010 et les 16300 suppressions d’emploi au M.E.N. ne feront qu’aggraver ces situations. Nous demandons avec l’ensemble des autres organisations de revoir fondamentalement ce budget, de mettre un terme aux suppressions de postes et de programmer un rattrapage des postes supprimés depuis 6 ans), d’ouvrir immédiatement des négociations pour la mise en place du PLAN D’URGENCE permettant de rattraper le retard accumulé en matière éducative et de relancer la dynamique éducative dans notre département.

Il y a dans bien des secteurs et des zones de notre département une véritable urgence éducative. Un plan répondant à cette urgence doit intégrer des aspects tant qualitatifs que quantitatifs, basés sur les retards sociaux et scolaires de l’académie, les difficultés de scolarisation, le déficit d’encadrement (rien que pour les collèges des Bouches-du- Rhône, il faudrait financer 650 emplois pour revenir à la moyenne des taux d’encadrement pratiqués dans le pays) : les 96,5 suppressions de postes ainsi que le taux d’heures supplémentaires en augmentation dégradent dangereusement des conditions d’enseignement déjà difficiles.

Dans le premier degré les évaluations de CM2 dont le résultat est donné dans la presse d’hier, pour le niveau académique, mais dont nous souhaitons avoir connaissance pour le département, sont des éléments de mesure de la situation.
Nous vous serions grès monsieur l’Inspecteur d’Académie de nous indiquer où nous situons nous par rapport à la moyenne nationale, de nous indiquer les secteurs de notre département qui ont le plus de faiblesses et ce que l’IA compte mettre en œuvre pour favoriser la réussite scolaire dans ces écoles en particulier au-delà de ce qui existe déjà, d’autant plus que la fermeture de 70 classes est programmée dans le premier degré en septembre 2010.
La FSU revendique une véritable remise à plat de la politique éducative du ministère, toutes nos demandes, y compris les plus légitimes et les plus consensuelles, se heurtant aux contraintes ministérielles, budgétaires et politiques.

Le plan d’urgence que nous revendiquons pour le département des Bouches du Rhône doit ainsi s’inscrire dans le cadre d’un collectif budgétaire pour l’Education immédiat et d’une planification pluriannuelle des recrutements.
A terme, la FSU revendique le rétablissement des 1900 emplois supprimés depuis 2003, qui représentent 10% des postes d’enseignants dans les collèges et les lycées, le rétablissement des moyens pour les RASED
La FSU, et ses syndicats, dans l’unité avec les autres organisations sauront, Mesdames et Messieurs mobiliser de nouveau les personnels pour la défense service public d’éducation, contre la politique de suppression de postes. pour la revalorisation de nos métiers.

Elle en appellera à l’opinion pour défendre le patrimoine commun de la République que représente l’Education Nationale.