Dix ans déjà que l’inénarrable Claude Allègre a déconcentré le mouvement national, avec un double objectif : avancer vers la régionalisation de l’Education Nationale et vers la fin de la vérification des opérations par des élus du personnel compétents, dévoués et tenaces.

Si ces deux objectifs n’ont pas été atteints, c’est parce que les enseignants, CPE, COPsy, ont sans cesse réaffirmé leur attachement au paritarisme, à un système de mutations qui garantisse l’équité et la prise en compte des situations individuelles, familiales et professionnelles, aux représentants issus du SNES, réélus tous les trois ans avec la majorité absolue à chaque élection professionnelle.

Si la mobilité inter-académique a été réduite depuis 1998, le travail incessant de nos élus dans les commissions et comités paritaires a bien permis, dans la phase intra-académique du mouvement, de limiter les effets de ces choix, réaffirmés depuis par les gouvernements de Messieurs Chirac et Sarkozy.

Voilà sans doute pourquoi, à l’heure où l’on annonce le prochain retour de Claude Allègre à un poste ministériel, Woerth et Darcos se proposent en 2008 de finir le travail.

Le recrutement à affectations régionalisées proposé par le rapport Pochard porterait le coup de grâce au droit à mobilité en fixant définitivement les lauréats des concours dans les académies déficitaires du Nord de la France.

Dans le même temps, au prétexte de « modernisation du dialogue social », le Ministère de la Fonction Publique annonce son intention de limiter les compétences des commissions paritaires aux seuls avancements, décisions disciplinaires et licenciements.

Pour le reste, les CAP ne seraient plus que des instances d’appel. Mutations, promotions de grade, recrutements par liste d’aptitude, … seraient alors des prérogatives discrétionnaires du Recteur, éclairé par les avis pertinents des chefs d’établissements ou des IPR.

« Tais-toi, et marche, fonctionnaire ! » Oui, d’accord, mais alors dans la rue, avec tous mes collègues et les couleurs de mon syndicat.

Laurent Tramoni, Chantal Locher, Jean-Luc Giordani