Accompagnement des stagiaires

Pas de tutorat mais une aide aux stagiaires

Dans sa logique d’économie sur le dos des services publics, le gouvernement a pris prétexte de la réforme du recrutement pour casser au passage la formation professionnelle et supprimer 6000 postes d’enseignants, utilisant les lauréats stagiaires à temps plein devant les élèves, ainsi que les étudiants de master comme moyen d’enseignement.

Devant les conséquences de ce dispositif (destruction de la formation initiale, charge de travail des stagiaires, postes bloqués au mouvement pour les mutations, utilisation des étudiants comme moyens d’enseignement…) nous réitérons notre appel à refuser d’être tuteur dans ces conditions de travail et de formation.

Contrairement à ce qu’il affiche, le rectorat a bien des difficultés à trouver des tuteurs pour chaque stagiaire. Certains collègues ont même subis des pressions de la part de l’inspection après un premier refus. Nous confirmons que le tutorat ne fait pas partit de nos obligations de service et qu’il ne peut être imposé, nous le rappellerons au rectorat autant de fois que nécessaire.
Dans le même temps le Snes ne peut laisser ces nouveaux collègues seuls face aux difficultés qu’ils rencontrent, car ils ont plus que jamais besoin du collectif pour construire leur identité professionnelle, comprendre que c’est un métier où l’on conçoit et non pas un métier où l’on exécute, ou l’indépendance d’esprit et le souci du collectif sont des dimensions inhérentes au métier. En effet, dans la mesure où les stagiaires ne sont plus que très rarement regroupés entre eux, il est fondamental de les sortir de leur isolement, de ne pas les laisser seuls face à l’élaboration de leur cours, comme dans les moments clef de leur début de carrière  : mutations, note administrative, titularisation.

Le SNES est là pour les informer, les défendre, les accompagner et les aider dans la dénonciation de leurs conditions de stage et de formation.

Service des stagiaires

Aucune heure supplémentaire !

Non content de recevoir des stagiaires à temps complet, certains chefs d’établissement demandent aux stagiaires d’effectuer des heures supplémentaires. Non seulement cette démarche n’est pas règlementaire, mais ces heures en questions ne pourraient pas être payées !
Si le cas se présente dans votre établissement, contactez la section académique du SNES pour que nous en informions le rectorat afin de régulariser la situation.
Nous rappelons également que faisant un service complet, ils doivent bénéficier le cas échéant de l’heure de première chaire ou encore de l’heure dite de vaisselle.

Affectations des stagiaires 

Des services en zone de remplacement !

Notre académie a reçut cent stagiaires en plus de ce qui été initialement prévu, ce qui a conduit le rectorat à proposer des affectations constitués de services partagés sur plusieurs établissements (parfois avec complément en SEGPA) ou encore en établissement très difficile, contrairement aux engagements du ministère et du recteur.

Nous sommes parvenus, lors du GT d’affectation du 25 aout, à faire supprimer la quasi-totalité des services partagés (16 sur 21) ainsi que les services dans les établissements difficiles.

Le rectorat persiste cependant à compléter certains services (qui se trouvent en dessous de 18h) par une affectation en zone de remplacement ! Le rectorat laisse ainsi la possibilité au chef d’établissement d’utiliser « à plein » le stagiaire. Nous devons faire pression sur les CE pour qu’ils n’en fassent rien. Si le stagiaire est appelé à effectuer un remplacement dans un autre établissement, appelez la section académique pour que nous rappelions au rectorat ces engagements.

Cas particulier des stagiaires en prolongation

Un service entre 4 et 8 heures

Les stagiaires en prolongation de stage, c’est-à-dire ceux qui n’ont pu être évalués l’an passé car ils avaient dépassés 36 journées d’absences (maladies, congé maternité…), ne sont pas concerné par la réforme de la formation. Ils doivent donc avoir un service entre 4 et 8 heures comme l’an passé.
En conséquence, un service de 9h constituerait pour eux une heure supplémentaire, de la même manière qu’un service de 19h pour un redoublant ou un lauréat du capes.
Il faut ainsi veiller à ce que leur service n’excède pas 8h.

Stagiaires redoublants

La double peine

Les stagiaires redoublants ne bénéficient pas de la revalorisation obtenue pour les néo recrutés. En effet, du fait de leur renouvellement de stage, leur salaire est bloqué tout au long de l’année par le fait qu’ils restent à l’échelon deux jusqu’à leur titularisation.
Cette différentiation est d’autant plus inacceptable qu’ils effectuent comme les autres un temps complet, alors que leur situation de redoublant impliquerait au contraire une formation appuyée.

Revalorisation

Un début seulement

L’élévation du niveau de recrutement a permis un début de revalorisation pour les néo-recrutés au master. Ils sont rémunérés en début de carrière au niveau du 3e échelon actuel, revalorisé de quinze points d’indice (58 € environ) pour les certifiés et CPE et de 11 points (42 € environ) pour les agrégés. Une augmentation du même ordre est prévue pour les actuels échelons 4 et 5 (futurs 2 et 3).

Le problème est qu’une fois l’échelon cinq atteint, ces collègues retrouvent un salaire et une progression identique à ceux des actuels échelon cinq. De ce fait, cette revalorisation ne représente qu’une augmentation de l’ordre de 25€ par mois sur l’ensemble de la carrière. Ensuite cette mesure n’a de répercutions que pour un enseignant sur quatre, en effet aucune revalorisation n’est prévue pour les collègues à partir de l’échelon six.
Il faut s’appuyer sur cette première étape pour obtenir une réelle revalorisation, qui concerne l’ensemble de la profession, au niveau salarial comme professionnel.