Près de 3000 personnes demandent leur mutation au mouvement intra-académique cette année.

Le contexte étant fortement marqué par les suppressions d’emplois (-10% depuis 2003), les mutations sont fortement contraintes par le manque de postes. Le nombre de mutations réalisées et la qualité des affectations (au regard des voeux des collègues ou au regard des postes obtenus, la plupart des postes étant des postes à compléments de service) s’en ressentent.

Cette année, la fluidité du mouvement et les possibilités de « mutation choisie » sont encore limitées par le repli prioritaire des collègues qui ont perdu leur poste (mesures de carte scolaire) et par le retrait de très nombreux postes vacants.

Ainsi, la réservation de 360 postes vacants pour l’affectation à plein temps de 380 stagiaires l’an prochain pénalise lourdement la mobilité des titulaires. Ce sont en effet des postes sans compléments de service, implantés dans des établissements offrant un contexte favorable à l’exercice professionnel et proches des grandes villes universitaires. Des postes très recherchés qui ne sont plus accessibles pour les titulaires depuis qu’on impose un servie à plein temps aux stagiaires. Ainsi, en Lettres Modernes, en Mathématiques, ce sont plus de 50 postes qui pourraient être disponibles, et qui ne le sont pas.

Par ailleurs, le dispositif ECLAIR nuit également à la qualité du mouvement. les possibilités d’affectation sont restreintes pour les titulaires alors que des postes vont rester vacants dans des établissements où les élèves auraient encore plus besoin qu’ailleurs d’avoir des professeurs !

Dans les 13 établissements ECLAIR de la première vague (2010), la trentaine de postes offerts au mouvement spécifique n’a pas trouvé preneurs, seuls trois candidatures s’étant manifestées. Ces postes restent donc vacants. On voit bien que l’approche purement idéologique consistant à imposer un choix des personnels par le chef d’établissement n’est pas viable. La raison impose de reverser ces postes dans le mouvement général pour que les élèves aient des professeurs en face d’eux la rentrée. Quant aux postes qui se libèrent en cours de mouvement dans ces établissements, ils sont instantanément bloqués par l’administration pour être réservés à un choix ultérieur par le chef d’établissement. Outre que cela renforce le risque d’accroître encore le nombre de postes vacants dans ces établissements difficiles à la rentrée, cela entrave certaines possibilités de mutations supplémentaires pour des collègues des établissements ELCAIR qui ne peuvent pas muter car ils n’offrent pas de poste en échange.

Dans les 13 établissements ECLAIR de la seconde vague (2011), ce sont les postes qui resteront vacants à l’issue du mouvement qui seront réservés à la procédure d’affectation sur choix par le chef d’établissement.

Dans ce contexte, nos élus commissaires paritaires accomplissent depuis vendredi 10 juin un travail acharné d’amélioration du mouvement et de maximalisation des possibilités d’affectation.

Avant tout, nous vérifions la liste des postes disponibles, en essayant en particulier de trouver des postes vacants supplémentaires par rapport au projet de l’administration, pour faire plus de mutations : reprise de postes réservés aux stagiaires, postes bloqués pour des affectations provisoires, départs tardifs en retraite...

Le premier travail consiste ensuite à vérifier la conformité des replis de collègues en mesure de carte scolaire, pour leur offrir un poste comparable à celui qu’ils ont perdu. Cette étape donne souvent lieu à des choix entre différents postes, ce qui a ensuite des conséquences en cascade sur les autres affectations.

Le second travail consiste à déterminer l’établissement précis d’affectation d’un collègue qui aurait une priorité médicale sur un vœu large. Là encore, il y a débat avec l’administration sur l’équilibre entre prise en compte de la situation médicale du collègue et respect de l’intérêt général.

Puis vient l’étape de vérification des opérations de mouvement, la complexité de l’algorithme pouvant donner lieu à des bugs dans les affectations. Les erreurs viennent surtout des modifications apportées au projet informatique par les personnels du rectorat. Cela provoque fréquemment des erreurs, ce qui est bien normal lorsqu’on connaît la misère de l’administration française, particulièrement touchées par les suppressions de postes, la pénurie de personnels, le manque de formation et le turn-over de la précarité.

La finalisation de notre travail consiste ensuite à rechercher une meilleure allocation des postes lorsque l’informatique a affecté des collègues de façon arbitraire au sein d’un vœu large (reprendre la ventilation des postes entre tous les collègues affectés sur le vœu « tout poste du département » pour obtenir une répartition plus conforme aux vœux indicatifs formulés par les uns et les autres) et à satisfaire plus de collègues au sein d’une même commune.

Vous le comprendrez, il se peut donc que le résultat final du mouvement se traduise par une affectation différente de celle projetée par l’administration le vendredi 10 juin à l’issue d’un travail réalisé dans le huis clos d’un bureau.
L’affectation finale aura elle été débattue au sein d’une commission très large où sont représentés l’administration rectorale, les chefs d’établissement, les inspecteurs, et les représentants des personnels (tous syndicats représentatifs compris). C’est donc bien elle qui fera foi quoiqu’il arrive.

Dans la plupart des cas, elle sera améliorée par rapport au projet initial, mais il se peut qu’elle soit moins satisfaisante pour vous. Soyez assurés en tout cas que les élus du SNES auront fait le maximum pour que les affectations soient le plus conformes possible aux voeux individuels des collègues et à la meilleur allocation possible des postes entre tous, le tout dans le respect des principes et des règles connues de tous.

Nos syndiqués seront informés dès la fin de la commission par SMS et par mail de leur affectation. Tous les demandeurs de mutation recevront de notre part un courrier postal leur donnant leur affectation ainsi que les motifs de non affectation sur les autres voeux (pas de poste vacant ou barème du dernier entrant).