Les évolutions du collège

Le collège ne se voit pas proposer de réforme ambitieuse

Non, il s’inscrit dans le cadre de la loi Fillon de 2005 et de son idée phare : la mise en place d’un socle commun fixant un minimum à savoir et surtout à savoir faire pour l’ensemble des élèves jusqu’en 3°.

Il subit donc depuis plusieurs années l’addition de nombreux dispositifs censés palier les problèmes unanimement reconnus de l’échec scolaire, des débouchés professionnels et du fossé qui se creuse entre les parcours scolaires des milieux aisés et défavorisés.

Loin d’y répondre, le B2i, le niveau de langue A2 et la note de vie scolaire ont été autant d’évaluations supplémentaires qui n’ont apporté d’autre résultat que l’augmentation de la charge de travail des enseignants et des CPE.

Fort de ce bilan, pourtant, et alors que son expérimentation n’a donné lieu à aucune conclusion, le ministère a alors décidé, d’imposer à la rentrée 2010 la validation d’un livret de compétences, nécessaire à l’obtention du Brevet.

A cette longue liste d’item déclinant 7 compétences indispensables à maîtriser, s’est également ajoutée une épreuve en histoire des arts dont les modalités restent toujours à définir alors qu’elle doit se dérouler d’ici la fin de l’année.
Ces dispositifs se rattachent tous à la volonté du ministère de valider un « socle commun », c’est-à-dire une somme de savoirs et surtout de compétences minimum à maîtriser par les élèves à la sortie du collège.

C’est une vision défaitiste de l’éducation et des missions du second degré : viser et savoir moins pour que tous y parviennent, limiter les perspectives d’acquisition à la sortie du collège et non pour l’ensemble du second degré.

Sous le Socle commun se cache en effet une conception de l’éducation qui ne cherche pas à réduire l’échec scolaire mais à le masquer tout en s’éloignant d’une vision progressiste des missions du collège : la maîtrise et la pratique d’une culture commune.

Le collège ne se voit pas proposer de moyens.

Non, il subit avec l’ensemble du système éducatif français les suppressions de postes massives et systématiques à la fois dans les domaines administratifs, éducatifs et de surveillance.

Le personnel administratif est divisé par deux mais ce n’est pas pour cette raison que les enseignants se sont vu attribuer une partie de leur travail ! Le nombre d’élèves par classe augmente mais cela n’a, bien sûr, aucun rapport avec l’échec scolaire ! Les Conseillers d’Orientation voient leurs missions redéfinies loin des établissements scolaires, mais cela n’a pas non plus de rapport avec les débouchés professionnels ! Le personnel de surveillance diminue mais il n’y a aucun lien avec la multiplication des actes de violence !

Le collège est bien le parent pauvre de l’éducation nationale.

Dans les débats actuels qui se multiplient les solutions proposées ne cherchent pas à aider le collège unique mais à y mettre fin : les idées d’autonomie et de mise en concurrence des établissements, du recrutement des personnels par les chefs d’établissement, d’une évaluation par compétences, déjà expérimentées dans les derniers nés de l’éducation prioritaire, les CLAIR, constituent la base des réflexions politiques dans la perspective de 2012. Ces établissements CLAIR constituent la première étape de la déréglementation de notre métier et de nos statuts au travers de dispositifs discriminants comme le recrutement par le chef d’établissement ou l’instauration de préfets des études.

Ainsi, il est fondamental de se saisir de ces questions, d’enrichir le débat et d’y apporter des réflexions progressistes, tout en luttant collectivement contre les dispositifs qui nous sont actuellement imposés.

- Utiliser les demi-journées banalisées sur la validation du livret de compétence pour débattre et organiser un refus collectif de la validation avant le 3° trimestre.

- Organiser une validation systématique et collective du livret de compétence pour le troisième trimestre (par exemple durant les conseils de classe).

- Fixer des critères d’évaluation équitables et obtenir l’aménagement et l’indemnisation de l’épreuve d’histoire des arts.

- Multiplier les heures d’information syndicales en faisant appel aux membres de la section académique du Snes pour vous appuyer.

- S’inscrire aux stages disciplinaires ou sur l’éducation prioritaire organisés par le Snes.