27 septembre 2010

Notre académie, nos établissements

Mise en place de l’accompagnement personnalisé académie

Mise en place de l'accompagnement personnalisé académie

L’accompagnement personnalisé se met en place progressivement, le mois de septembre ayant été consacré à l’élaboration du dispositif et/ou du contenu, voire des groupes d’élèves.

Rappel :
l’AP est partiellement financé par la suppression d’heures de cours à raison de deux heures hebdomadaires dans l’emploi du temps des élèves et des profs. Les moyens liés à la nécessité de dédoubler ou de réduire les effectifs n’étant pas donnés, les établissements ont dû bricoler des dispositifs avec les moyens du bord.

Dans l’ensemble des établissements c’est l’impression de désordre qui prédomine avec en général une assez grande latitude laissée aux équipes, mais sous la contrainte d’une organisation imposée et déconnectée des préoccupations pédagogiques. Peu d’établissements mettent en place un dispositif correspondant réellement à l’esprit de la réforme, du moins si on veut bien croire que l’esprit de la réforme est de proposer aux élèves des apports diversifiés destinés à répondre à leurs difficultés, à perfectionner les meilleurs ou à leur offrir une ouverture supplémentaire (ce qui revient à prendre des vessies pour des lanternes). Seule la dimension orientation est présente partout.

En revanche si l’on reconnaît que l’esprit de la réforme est de supprimer des postes en réduisant les heures de cours, en permettant à un enseignant de n’importe quelle discipline d’intervenir sur un créneau non dévolu à une discipline, en conduisant les enseignants à ne plus enseigner leur discipline dans le cadre de programmes nationaux, bref de dérèglementer tous azimuts pour rentabiliser les personnels et pouvoir reprendre facilement des heures qui ne seront à personne, alors oui, la mise en place de l’AP dans l’académie est emblématique de la réforme Chatel.

Partout la mise en place de l’AP a compliqué et rigidifié les emplois du temps, imposé des contraintes matérielles importantes, puisque dans la plupart des établissements ce sont des créneaux fixes de deux heures sur lesquels plusieurs classes sont alignées. Cela donne un peu le vertige quand on pense à la généralisation à venir en Première puis en Terminale...

Mutatis mutandis, les établissements se répartissent en deux catégories.

Les premiers se sont efforcés de contourner la réforme et d’utiliser l’AP pour maintenir les dédoublements ou l’Aide individualisée. Les élèves ont donc des modules de français, de maths, voire d’HG. Cela été en particulier rendu possible par la nécessité de préserver des postes (voir la 2e catégorie de lycées). Une heure ou une demi heure est souvent assurée par le PP dans ce cadre là.

Le second cas de figure est à la fois beaucoup plus diversifié et plus problématique. L’AP est une espère de fourre-tout qui ajuste les emplois du temps, complète les services des collègues en sous-service afin d’éviter les départs en compléments de service ou les suppressions de postes qui menacent. Ainsi à Perrin des profs de STI en sous service du fait de la réforme des enseignements d’exploration. C’est le cas de Daumier, de Monnet, d’Artaud ou de Lumière.
Les collègues ont généralement l’impression qu’il n’y a aucun contenu c’est-à-dire que le discours sur l’autonomie des équipes masque très mal le vide voire l’absurdité du dispositif.
Généralement des profs ont en soutien des élèves qu’ils n’ont pas en cours, et devront les aider dans des disciplines qu’ils n’enseignent pas. Un peu partout on voit se développer le recours à des personnels non enseignants pour des contenus parfois indéterminés parfois en complet décalage avec la scolarité : assistants pédagogiques en ZEP (dont on rappelle qu’ils ne peuvent avoir des élèves en responsabilité seuls...), AED (surveillance donc...), CPE (?), Infirmière (pour du planning familial ou une rencontre, à Rimbaud, à Artaud), voire même un retraité au Rempart (collègue partant à la retraite dans l’année qui continuera d’assurer l’AP !)

Le second cas de figure montre bien la logique à l’oeuvre : les projets que les équipes doivent faire pour l’AP sont sous la contrainte matérielle du dispositif inventé pour mettre à profit les maigres ressources de l’établissement pour réduire les effectifs. L’autonomie est bien le faux-nez de la pénurie. Il n’y a aucune ambition pédagogique dans cette réforme.
Le second cas de figure convient tout à fait à l’administration, donc, même s’il n’y a ni ouverture, ni perfectionnement et si l’aide à la difficulté est impossible, faute de personnels qualifiés pour cela. En revanche dans les établissements du premier cas de figure on a vu des chefs d’établissement tenter de revenir sur le dispositif soutenu et voté par les équipes en CA (Saint Exupéry). D’une manière générale les propositions des équipes ne valent que si elles cadrent avec le dispositif imposé (à Lumière les projets des équipes ont été abandonnés !)

Le rouleau compresseur des suppressions de postes se heurte à un écueil : le statut de la fonction publique, qui ne permet toujours pas de licencier des fonctionnaires, et qui encadre strictement leur activité. Les départs en retraites massifs des baby boomer qui continuent ne se font pas forcément là où le gouvernement veut économiser des postes.

La suppression des heures de cours est un levier de suppressions de postes, mais il n’est pas suffisant pour permettre les 20000 suppressions annuelles prévues. Pour supprimer des postes, il faut donc :

- Faire travailler les personnels davantage : heures supp, remise à plat du calendrier de l’année scolaire, annualisation des services. Celle-ci se profile plus encore dans la réforme : ainsi les enseignements d’exploration sont l’occasion pour certaines disciplines d’accepter l’annualisation pour avoir des cours de deux heures hebdomadaires et non 1H30.

- Assouplir les cadres qui définissent notre activité. Si il y a moins besoin de profs de STI mais que ceux-ci ne partent pas suffisamment à la retraite, il faut faire en sorte de rentabiliser les profs de STI, et pour cela de leur faire faire autre chose que des STI, soit de l’AP. Et ce qui est vrai des profs de STI l’est de tous les autres.

Et quand on voudra récupérer massivement des moyens, il suffira de diminuer l’horaire de l’AP, personne ne se battra pour des heures qui ne sont pas identifiées. Et surtout si c’est une usine à gaz...
CQFD.