4 juin 2008

L’actualité syndicale

Mouvement : Des profs à la tête du client ?

Le système de mutations est pensé pour assurer la présence du service public d’éducation sur tout le territoire.

Garantir l’égal accès à des formations de qualité implique ainsi pour l’Etat d’œuvrer à l’unité, ou du moins à la cohérence, du corps enseignant, en veillant à harmoniser ses missions, ses formations, ses qualifications ou ses compétences. Les postes, dits « chaires banalisées », sont par principe accessibles à tous, même si des critères professionnels, individuels ou familiaux sont pris en compte pour départager les candidats.

Exceptionnellement, des affectations sur des postes spécifiques nécessitant des compétences particulières dérogent au droit commun et donnent lieu à une fiche de poste et à avis des corps d’inspection.

L’approche libérale actuellement en vogue évacue la dimension collective de ces questions et développe une approche basée sur l’individu : « Il faut mieux écouter les attentes des uns et des autres pour placer la bonne personne au bon endroit » explique Nicolas Sarkozy le 2 juin dans son discours sur l’Education.

L’intérêt général implique qu’il est de la responsabilité de l’Etat de faire qu’il n’y ait que des bonnes personnes à tous les endroits. Mais Nicolas Sarkozy développe une vision de l’Ecole où la qualité est rare : LA bonne personne AU bon endroit, cela revient à entériner les différences irréductibles entre les enseignants, entre les postes et au final les inégalités entre les usagers.

Vision libérale de l’Ecole, en prélude à une véritable marchandisation, qui n’est possible que si le bon enseignant est rare et le service rendu inégal.

Avec cette conception parcellisée du service, aucun poste n’est équivalent à un autre. Chaque poste donne lieu à l’élaboration d’un profil particulier pour lequel les candidats à affectation devront prouver qu’ils ont bien les compétences particulières attendues.

Le chef de service, Chef d’établissement, aura alors la responsabilité de déterminer quel est le candidat le plus à même d’accomplir ces missions particulières et le recrutement donnera lieu à la signature d’une convention entre l’agent et le chef de service, feuille de route pluriannuelle servant de base à l’évaluation individuelle.

Dans ce cadre, il en serait fini du contrôle collectif du mouvement tel que nos élus du personnel l’assurent dans les commissions paritaires. Il en serait fini de l’unité du service public.

Ensemble, défendons une conception de nos métiers plus conforme aux besoins du service public et réaffirmons que ce qui unit les métiers de l’enseignement est plus fort que les contingences locales ou temporelles.