5 mai 2011

Notre vie syndicale

Organisation du système scolaire et évaluation des expérimentations :

Organisation du système scolaire et évaluation des expérimentations :

Pour que l’école soit juste et efficace, il faut de la cohérence, et non de la concurrence !

La Mission commune d’information du Sénat sur l’organisation territoriale du système scolaire et sur l’évaluation des expérimentations en matière scolaire effectue un déplacement à Marseille le jeudi 5 mai 2011. Le SNES saisit cette occasion pour rappeler que derrière des formules séduisantes comme l’autonomie et l’expérimentation se cache une politique scolaire régressive.

Les politiques éducatives actuelles tendent à présupposer que c’est la mise en concurrence qui est la garantie de l’efficacité du système éducatif.

La suppression de la carte scolaire est en train de transformer le maillage territorial des établissements scolaire en un grand marché dont les familles les plus démunies et les élèves les plus fragiles sont les grands perdants.

Les « expérimentations » sont bien trop souvent l’habillage séduisant des tentatives pour compenser la pénurie de moyens d’enseignement, les diminutions des horaires pour les élèves, pour masquer la politique de suppression de postes.

Elles conduisent à déroger toujours plus aux cadres nationaux en mettant en péril l’égalité de l’offre éducative sur le territoire.

Les logiques locales qui prévalent dans les politiques actuelles, notamment dans l’abandon toujours plus grand du cadrage national des horaires, des dédoublements, dans l’usage « autonome » d’une part importante des moyens, viennent renforcer encore la mise en concurrence des établissements.

Les inégalités les plus marquées se sont développées depuis 2000 dans les espaces urbains où la concurrence entre établissements est la plus forte.

La politique de désectorisation n’a fait qu’accentuer ce phénomène, bien connu de tous les acteurs de terrain. Les établissements favorisés accueillent les meilleurs élèves, leurs voisins perdent leurs bons élèves et reçoivent ceux qui fuient leur établissement de secteur dans leur quartier populaire.

A quoi s’ajoute le déséquilibre produit par une concurrence accrue des établissements privés (sur ce point, et les effets de la concurrence enseignement public enseignement privé voir le N°327 de décembre 2010 du SNES AIX MARSEILLE )

Ainsi, la « ghettoïsation » des établissements n’est pas la simple conséquence de la composition sociale des quartiers : c’est aussi l’effet boule de neige induit par les politiques éducatives qui prônent autonomie, projet, contractualisation et donc concurrence entre établissements.

Pour sortir de cette spirale infernale, il est urgent de mettre en œuvre des politiques publiques alternatives aux seules lois du marché en matière de logements ou d’aménagement du territoire, coopérative en matière de service public.

Les enseignants sont farouchement attachés à leur possibilité d’inventer, d’expérimenter, d’innover. C’est un aspect fondamental de leur métier. Mais ils savent bien aussi que seul un système éducatif cohérent, fondé sur un cadre national solide, et doté de moyens suffisants peut soutenir leur travail pour plus de justice et d’égalité.