Journée nationale d’action dans la Fonction Publique

Mardi 31 mai 2011

A Marseille, manifestation à 10 h 30 depuis le Vieux-Port

Dépôts de préavis de grève pour permettre de voter la grève là où c’est possible

L’édition 2011 de l’INSEE « les revenus et le patrimoine des ménages » retranscrit des phénomènes que nous percevons bien dans notre quotidien. Si de 1996 à 2004 les inégalités de niveau de vie se sont légèrement réduites, la rupture est sensible depuis 2004 : du fait de la forte hausse des revenus du patrimoine, les niveaux de vie des plus aisés s’améliorent bien plus vite que ceux du reste de la population. De 1996 à 2008, le niveau de vie des non-salariés augmente plus vite que celui des salariés (sic). Parmi ceux-ci, les cadres supérieurs et professions intermédiaires, dont nous faisons partie, voient leur niveau de vie médian augmenter de manière « relativement modeste ».

Dans nos professions, les difficultés de niveau de vie sont particulièrement sensibles en milieu de carrière, lorsque les progressions d’échelon sont fortement espacées. C’est pourtant le moment où les événements de la vie ont des conséquences financières lourdes. L’accession à la propriété est compliquée, voire rendue impossible dans le Sud-Est, par la hausse spectaculaire des prix de l’immobilier, condamnant nombre d’entre nous au logement locatif privé, dont le coût augmente aussi plus vite que les revenus. La naissance d’un enfant peut provoquer par ailleurs une baisse du niveau de vie de 2 à 11 % quand l’augmentation moyenne de celui-ci est en moyenne de 7 à 9%. Quant aux séparations, elle se traduisent immanquablement par un décrochage brutal, l’INSEE estimant à l’inverse que « si deux personnes seules disposant exactement des mêmes ressources s’installent pour vivre ensemble, elles améliorent leur niveau de vie de 33% ».

Nul doute que le diagnostic sera confirmé pour la période 2008/2011, marquant l’écart des paroles aux actes de ceux qui prétendaient « revaloriser le travail ».

Dans ce contexte, l’annonce récente du maintien du gel du point d’indice en 2012 et 2013 ne peut laisser indifférent. Car, les stratégies individuelles permettant d’amoindrir les effets de la rigueur salariale n’ont qu’un temps, en particulier la logique du « travailler plus pour gagner plus » (renoncement aux temps partiels choisis, acceptation contrainte d’heures supplémentaires). Il est maintenant nécessaire d’enclencher une véritable revalorisation de nos salaires, dans le cadre d’un nouveau partage des richesses. Cela passe par une hausse de la valeur du point d’indice, par une reconstruction de la carrière, par une augmentation de la part d’agrégés dans le second degré (recrutements externes et internes).

Ces évolutions impliquent une réforme fiscale qui permette de renouer avec une fiscalité redistributive et d’accroître les ressources de l’Etat pour résorber les déficits tout en maintenant le niveau de vie des populations. Si nous nous félicitons de l’abandon du bouclier fiscal de 2007, la réforme Baroin de l’ISF montre que ce gouvernement ne conçoit de redistribution que des plus fortunés vers les plus riches...