Derrière ce néologisme mal fagoté se cache une réalité difficile : après une année de formation IUFM à la fois lourde et incomplète, ledit néotitulaire, alias T1, puis T2 un an plus tard, se retrouve brusquement dans un établissement difficile, ZEP souvent, Ambition Réussite parfois, pour 15, 18 voire 20 heures d’enseignement, sur un service qu’il n’a pas pu négocier avec ses collègues, parfois à cheval sur deux voire trois établissements, titulaire en complément de service, lorsqu’il n’est pas TZR (60% des néo-titulaires). Dernier arrivé, premier parti en cas de suppression de poste…

Son identité professionnelle est à peine ébauchée, il n’a pas de réserve de cours et de documents dans laquelle puiser, pas encore de recul sur sa pratique, de « bouteille » face à ses classes. Tout cela, il l’acquerra bien vite, trop vite souvent, pris dans le chaos de la vie quotidienne des établissements, fragilisé par la multiplicité des situations rencontrées et les conditions d’exercice inconfortables.

Son salaire ne permet pas de faire face aisément aux impératifs de l’entrée dans la vie active : logement, transports, équipement, … Avec une première rémunération à 1,2 fois le SMIC à bac + 5, l’employeur ne reconnaît pas ses qualifications. Quant aux aides sociales elles sont rares et méconnues.

De quoi rêve-t-il, ce néotitulaire ? De temps !

Pour préparer sereinement ses cours, compléter ses connaissances sur les aspects des programmes qu’il n’a jamais eu l’occasion d’approfondir, travailler en équipe pour remédier à ses difficultés avec les élèves, ou construire à plusieurs des solutions pour les élèves en échec, inventer une interdiciplinarité stimulante. Du temps aussi pour échanger des expériences, des réflexions, du travail avec de jeunes collègues de sa discipline ou d’autres, constituer des réseaux de mutualisation des cours ou des pratiques.

Du temps peut-être pour réfléchir à un système éducatif à la fois plus juste et plus efficace, à son métier, à son statut. Et du temps pour respirer un peu...

C’est pourquoi le SNES revendique depuis longtemps une entrée dans le métier à demi service, et proposera, dans le cadre du mouvement INTRA 2008, que les affectations des sortants d’IUFM se fassent sur un service réduit.

C’est pourquoi aussi nous vous proposons de nous rencontrer pour une après-midi d’échange sur l’entrée dans le métier, les débuts de carrière, et les solutions possibles pour commencer de manière sereine, active et solidaire.

Rendez-vous le mercredi 6 février à l’IUFM Canebière à 14 heures !

T1, T2, T3... venez-nombreux !

Caroline Chevé et Julien Weisz