17 janvier 2012

Nos enseignements

Réforme STI2D – STL : Continuer la mobilisation ET travailler face à la réforme

Mardi 17 janvier 2011 - Lycée Jean Perrin

En présence de Thierry Reygades, secrétaire national du SNES
et de Jean-Marc Coppola, Vice Président du Conseil Régional, chargé des lycées

Actualité des formations industrielles

Bilan de la réforme :

Enseignements d’exploration en Seconde : quel bilan après un an ?

Enseignements de spécialité, enseignements transversaux en Première :

quelles difficultés ?

Réforme en Terminale et baccalauréat : perspectives ?

Flux d’élèves et attractivité de la voie technologique réformée ?

Réforme des BTS

Quelle stratégie syndicale pour défendre la voie technologique ?

Analyse des positions actuelles du Ministère et de l’Inspection Générale

Bilan du colloque national et des actions menées par le SNES depuis 2010

Place de la voie technologique dans la campagne électorale

Quelles déclinaisons locales de la mobilisation ?

Equipements des lycées technologiques

Intervention de Jean-Marc Coppola, Vice Président de la Région PACA

Bilan de la politique régionale

Comment répondre aux besoins des acteurs de terrain en matière d’équipement ?

Formations industrielles, besoins en qualifications et emploi

Situation de la Région PACA et stratégies économiques

Quelle adéquation entre niveau de formation et besoins de l’industrie ?
Propositions d’action


Bilan du stage

25 participants : lycées Perrin, Méditerranée, Rempart, Diderot, Lurçat, Artaud.

Enjeux du stage

Quelle position syndicale et quel rôle du syndicat face à cette réforme ? Comment le syndicat peut-il aider à « reprendre la main » sur nos métiers dans l’enseignement technologique ?

 Désaccord profond du SNES sur la conception de l’école qui sous-tend cette réforme et notamment la fragilisation de la voie technologique fer de lance de la démocratisation de l’accès aux études et aux qualifications

 Rejet de la réforme : liens ens. de spécialité/ens. Transversaux, réduction des spécialités, abandon des gestes techniques, diminutions horaires etc

 Rejet des modalités de mise en oeuvre de cette réforme : suppressions de postes, programmes bâclés, absence de guides d’équipement, formation très insuffisante. Sentiment d’improvisation et de gâchis.

 Souffrance et désarroi professionnels très forts, et urgence de répondre aux besoins des collègues et des élèves.

D’où la position du SNES : continuer la bataille contre la réforme, notamment dans le contexte politique de 2012 et rendre possible le travail dans les classes au quotidien en opbtenant des améliorations (formation, équipements, programmes etc).

Défendre et sauver la voie technologique suppose de mener les deux de front même si les contradictions apparaissent sans cesse.
Le collectif apparaît comme la réponse au désarroi et à la souffrance au travail renforcés par l’isolement, et c’est aussi ce que le syndicat peut faire, recréer du collectif, mettre en commun, trouver des solutions communes.

Donc :

 réaffirmer en permanence et à toutes les occasions (médias, politiques, parents d’élèves, partenaires, administration...) la place de la voie technologique et son rôle dans la démocratisation

 porter la vérité de la situation, au plus près de la réalité que vivent les collègues.

Analyse de la situation

Le devenir de la voie technologique a varié fortement.

Le Ministère est contraint de faire avec la réalité des réactions des collègues, de l’inspection mais aussi des partenaires professionnels.

 Premières propositions de réforme (Darcos) : disparition de la voie technologique (des trois voies en fait) au profit d’un tronc commun très large avec des options

 Projets Chatel : une seule spécialité en STI

 Réforme STI2D : 4 spécialités + STL+ST2A

 Réforme STMG et ST2S à minima pour introduire l’AP et l’enveloppe horaire laissée à l’autonomie de l’établissement.

Rôle des branches professionnelles ?

La position du MEDEF sur le rôle de l’EN dans la formation initiale a évolué. Il y a dix ans le MEDEF demandait une formation de base par l’EN et la professionnalisation laissée au patronat. Ce n’es plus vrai aujourdhui et il attend de l’EN qu’elle fournisse des salariés spécialisés.

Les entreprises aujourd’hui cherchent des qualifications pointues pour les techniciens, et des salariés qui ont l’expérience de l’atelier.

La réforme ne va donc pas dans le sens des entreprises et le patronat ne soutient pas absolument la réforme.

Attitude des Inspections régionales et générale ?

Après avoir vendu la réforme en affirmant qu’elle permettrait de sauver la voie technologique en augmentant son attractivité l’Inspection est en difficulté aujourd’hui pour défendre la réforme :

 peu d’ouvertures nouvelles dans les lycées / poltique de réduction budgétaire

 perte de l’appui des branches professionnelles

 absence de moyens pour assurer la formation des personnels
L’audit en cours sur la réforme des lycées comprendra une partie importante sur la réforme de la voie technologique mais peu d’éléments positifs à mettre en avant pour l’Inspection.

Vagues d’inspection dans les établissements. Il serait inacceptable que l’Inspection rende les collègues responsables de la situation !!

Où en est-on du baccalauréat ?

Projet de circulaire définissant l’épreuve de l’examen à peine paru. Très succinct et imprécis.

Impossible d’en déduire la forme des sujets.

 épreuve transversale : deux parties, l’une ciblée sur une problématique particulière, l’autre sur une approche globale...

 épreuve de spécialité : une évaluation en cours d’année selon une fiche individuelle d’évaluation et un oral terminal sur dossier papier.

Le sujet 0 est encore loin ! C’est un symptôme fort de l’impréparation mais aussi de l’absence de cohérence des enseignements entre eux (spécialité/transversal) et des contenus. L’inspection ne semble pas parvenir à élaborer des sujets.

Il faut chercher des alliés : branches, parents d’élèves, collègues.
La défense de la voie technologique n’est pas qu’une affaire de profs de STI ! C’est celle de tous !

Situation des BTS

Diplôme de niveau III, le BTS vaut 120 ECTS soit l’équivalent de la Licence II. L’équivalence est reconnue s’il y a une convention entre le BTS et l’université.
Contrairement à l’université qui reconnaît les parcours de formation par le biais de crédits (on peut s’interrompre en cours d’année mais conserver des crédits acquis, l’échec peut être partiel) le BTS ne reconnaissait auparavant que le diplôme. Problème d’autant plus sensible que le taux d’échec en BTS est fort.
La possibilité a donc été créée d’abtenir des ECTS en cas d’échec au BTS, mais ce n’est pas encore le cas en cas d’ébandon en cours de formation.

Aujourd’hui :

 BTS = 120 ECTS = L2

 Une expérimentation est en cours pour 2013 – 2014 – 2015 sur les BTS batiment, génie civil, transports, MAI, commerce international pour permettre l’obtention d’ECTS en cours de formation.

Pour cela il faut changer le référentiel de certification et organiser le scontenus en modules correspondant à des unités de certification.

La totalité des ECTS obtenus en cas de non obtention du diplôme est forcément inféreieure à 120.

Les risques :

 mise en place de modules transversaux communs aux différents BTS

 suppression de la certification

Les BTS restent cependant un diplôme très pertinent ce qui les protège. Les menaces actuelles sont moins sur le diplôme que sur la formation :

 développement excessif de l’apprentissage

 transfert des BTS en LP avec fermeture dans les LGT

 enjeux futur : face à l’arrivée massive d’élèves venus de Bac pro : comment faire réussir ces élèves en BTS ? Aujourd’hui leur taux d’échec est très important, il faudra bien répondre à ce problème.

Équipements

L’échange s’engage avec Jean-Marc Coppola, Vice président du conseil régional, délégué des lycées.

 Politique industrielle régionale.

Désindustrialisation majeure de la Région liée à la faiblesse des investissements et de la recherche-développement et pas seulement aux marchés. Cependant l’industrie demeure et les besoins existent. Ex : chantier naval de La Ciotat, hausse actuelle de la réparation navale qui requiert des qualifications.

Contrat régional pour l’emploi : objectif : 10000 emplois créés en 2014 pour un budget de 100000 euros par an. Création de PRIDES (regroupement d’enterprises d’un même secteur pour plus d’efficacité.

Les besoins en formations industrielles existent et la réindustrialisation est une ambition de la Région.

Politique régionale en matière d’équipement des lycées technologiques :

historique

2010-2011 : mise en place de la réforme en Seconde. Face à la précipitation de certains chefs d’établissement de débarasser les ateliers, dénoncée par le SNES, la Région procède à un inventaire auquel 30 lycées sur 31 concernés ont répondu.

Amortissement machine-outil : 30 ans / système didactique : 10 ans
A ce moment, réforme ou pas, un investissement s’avère nécessaire dans les équipements.

88% des équipements sont conservés et réutilisés / 4% redéployés (vers LP) / 8% sont abandonnés dont une partie obsolète et la plupart déjà amortie.
Estimation du coût de l’équipement par le Rectorat : Aix-Marseille : 4 millions d’euros / Nice : 7 millions d’euros.

La Région est consciente de la difficulté de la situation et a été régulièrement informée par le SNES des positions de la profession (moratoire, volonté de conservation des équipements etc).

Volonté d’équiper les laboratoires afin de permettre aux élèves de se former et aux enseignants de travailler mais méfiance à l’égard d’investissements inutiles parce qu’inappropriés ou en cas d’échec de la réforme.

Visites en cours des locaux en vue des travaux d’aménagement.

Le débat qui s’engage montre à nouveau les incohérences et l’improvisation de la réforme ainsi que la difficulté professionnelle dans laquelle se trouvent les enseignants de STI. A nouveau le débat est traversé par la même contradiction : lutter contre la réforme Et se donner les moyens de travailler quand même et donc de l’appliquer.

 La réforme ne donne aucun cadrage sur les équipements, et le discours de l’Inspection tend à refuser jusqu’à l’élaboration d’un guide des équipements. Les indications données au compte-goutte penchent vers des systèmes de la vie quotidienne ou des objets technologiques légers (drône par ex) à rebours de l’existant souvent en très bon état.

 Les établissements ont fait des choix différents pour cette rentrée. Exemple : Perrin – très peu d’achats faute d’une vision claire de ce qui est pertinent. Attente de mieux cerner les besoins / Rempart : achats de supports par les collègues.

 Forte inquiétude demeure sur le devenir des équipements existants avec l’arrivée de la réforme en Terminale et le départ des derniers élèves de STI sauf dans les établissements où la SEP et les BTS exigent la préservation des équipements (Diderot). Le manque d’espace pour équiper les laboratoires ajoute à la pression.

 Consensus très fort sur la nécessité d’un cadrage et d’une harmonisation des équipements dans les différents lycées afin de permettre la mutualisation des TP et la mise en commun du travail didactique, de rendre possible une formation pédagogique sur les systèmes et non dans l’abstrait, de maintenir la possibilité d’un examen anonyme par des enseignants d’un autre établissement lors que se profile le contrôle en cours de formation qui n’offre aucune garantie d’égalité aux élèves et met en péril le caractère national dui baccalauréat. En outre cela permettrait de rationaliser les dépenses d’équipement en procédant à des achats groupés.

Ce dernier point de la discussion débouche sur la décision de mettre en place des groupes de travail réguliers de suivi des équipements Région/personnels afin de travailler à une meilleure efficacité et à une réponse plus proche des besoins des enseignants et des élèves.

Le SNES engage les collègues à mener ensemble, entre différents établissements, la réflexion sur les équipements afin de tendre à une harmonisation dans les faits.

Propositions d’actions

 Participation à la grève du 31 janvier et présence la plus fournie possible des collègues de STI de l’académie à la manifestation nationale à Paris dans le cortège spécifique « voie technologique ».

 Se saisir de toutes les occasions pour porter la nécessité de défendre la voie technologique et son rôle dans la démocratisation et pour mettre en évidence la vérité de la situation actuelle et de cette réforme : parents d’élèves, élus locaux, médias etc

Formation  :

Dans le cadre des propositions formulées en décembre par l’Inspection le SNES appelle les enseignants de la voie technologique à se réunir par établissement et/ou entre établissements afin de faire remonter massivement des demandes de formation à l’initiative de l’établissement. Les demandes doivent remonter à l’Inspection par le chef d’établissement avec copie au SNES qui les appuiera.
Le SNES invite aussi les collègues à s’adresser à la section académique pour organiser des stages de formation syndicale à l’échelle de l’établissement ou de deux établissements proches sur les questions pédagogiques, didactiques, professionnelles : mutualisation, recherche de solutions collectives etc

Équipements  :

Le SNES appelle les collègues à se réunir afin de travailler collectivement à la revendication d’un cadrage des équipements. Il s’agit de s’adresser aux corps d’inspection et de préparer la tenue de groupes de travail avec le Conseil Régional.

 Le principe est acté avec la Région de l’organisation de rencontres type table ronde avec des représentants des branches.

 Le Congrès académique du SNES Aix-Marseille les 23 et 24 mars, suivi du congrès national constitue une opportunité pour approfondir la réflexion et enrichir la démarche du SNES dans les mois à venir. La section académique appelle les collègues de la voie technologique à s’y impliquer fortement.