Réforme des lycées ,
Bilan de la mise en place de la Seconde,
réforme du cycle terminal,
réforme de la voie technologique...

La mobilisation à nouveau nécessaire !

A l’heure du débat sur les rythmes scolaires le bilan de la réforme de la Seconde est sévère : à la duperie de la “personnalisation” à 35 élèves par classe et des heures d’enseignement réduites s’est ajoutée celle du temps de classe entièrement perdu au premier trimestre, et des heures passées dans une situation pédagogique peu déterminée et peu identifiable par les élèves et les familles. Les 1H30 d’enseignement d’exploration se font dans des classes à 35, peu motivées par une discipline délégitimée par la baisse de l’horaire hebdomadaire. Les dispositifs d’aide disciplinaire proposés par les collègues sous forme de modules dans l’AP sont repoussés par l’administration au prétexte que ce n’est pas l’esprit de la réforme. Aucun effort n’est consenti pour aider les plus fragiles, rien n’est fait pour redonner le goût du savoir.
L’individualisation habille mal les suppressions de postes pourtant atténuées dans les lycées à cette rentrée, pour que la réforme ait un goût moins amer. Mais il n’en sera pas de même à la rentrée prochaine. 4800 suppressions de postes prévues dans le second degré, entre deux et trois cents dans l’académie d’Aix-Marseille.

Les collèges sont exsangues, où sont les gisements de suppressions, sinon dans les lycées ?

La réforme de la Première prévoit la généralisation de l’Accompagnement personnalisé sans moyens de dédoublements. Elle instaure un tronc commun (français, histoire-géographie, ECJS, EPS, LV) avec des programmes communs permettant de regrouper des élèves de différentes séries dans un même cours, et donc de diminuer le nombre de postes en remplissant au maximum les classes. Elle maintien le principe de la globalisation des horaires de dédoublement à partager entre des disciplines mises en concurrence, selon des choix laissés à l’autonomie de l’établissement. Mais contrairement à la classe de Seconde, les 10H30 prévues ne couvrent pas la totalité des dédoublements actuels.

La voie technologique fait l’objet d’une réforme complète. Les séries ST2S et STG, récemment réformées, seront alignées sur la réforme en 2012 (AP, horaires des dédoublements). Mais les séries STI et STL sont radicalement modifiées avec de lourdes conséquences sur l’emploi, les métiers, et l’identité de la série. Pour exemple les 14 (environ) séries STI deviennent 4 familles de la série STI2D (pour Développement durable).

La réforme instaure un tronc commun, mais aussi des Enseignements technologiques transversaux, identiques pour chaque famille, à côté des enseignements technologiques de spécialité. En tirant la STI vers un enseignement plus théorique, qui n’impose pas la confrontation avec les systèmes réels (machines etc), la réforme modifie profondément l’identité d’une série qui par la pédagogie inductive a été un formidable vecteur de réussite et de démocratisation de l’accès aux qualifications. De nombreux postes seront supprimés, et la formation proposée aux collègues est loin d’être suffisante, et n’est pas prévue sur le temps de service.

Il en va de nos métiers, il en va de la réussite de nos élèves
et de la capacité du service public d’éducation à combattre les inégalités,
à former une jeunesse capable de comprendre la société dans laquelle elle vit.
Il faut reconstruire la mobilisation !

Le SNES appelle les établissements à tenir des heures d’information syndicale sur la réforme et à demander des demi-journées banalisées en janvier afin de permettre un bilan précis de la Seconde et de préparer la rentrée 2011.