LIVRET DE COMPETENCES :

Pourquoi le collège Vallon des Pins ne validera pas cette année

C’est malgré, ou grâce à nos hésitations, divergences d’opinions, interrogations…qu’à une large majorité, nous avons décidé, lors de la dernière heure syndicale qui s’est tenue le mardi 18 mai, de ne pas remplir les livrets de compétences.

Ce n’était bien sûr pas la première fois que la question était à l’ordre du jour, mais l’échéance des conseils de classe de Troisième du troisième trimestre approchant, il était urgent de prendre une décision commune. Depuis plus d’un an, matière par matière (ou compétence par compétence) nous avons fait le maximum pour faire entendre au chef d’établissement nos craintes (inégalités des critères d’évaluation d’un établissement à un autre, discrimination à l’encontre d’élèves issus de collèges ayant mauvaise réputation, impossibilité de savoir ou placer la barre…) et nos réticences (encore une charge de travail supplémentaire, encore une attaque contre les programmes et les examens nationaux, garants d’équité et d’anonymat).

Bien sûr, nos arguments ne sont pas venus à bout de la volonté qu’a le chef d’établissement de nous voir obéir à ce nouveau décret… (qui n’est encore qu’une note de service cette année !) et il a essayé de nous réunir tous ensemble pour nous convaincre, puis équipe par équipe pour nous diviser et nous mener à obtempérer. Mais c’était compter sans notre ras le bol, et, selon les personnes, notre refus de répondre à une injonction pédagogiquement aberrante ou une demande de cadre précis. En effet, loin de refuser pour refuser, nous nous sommes tous à un moment ou un autre penchés sur le problème. Certains collègues, partants pour travailler en compétences, déplorent le manque de cadrage précis, d’autres, partisans de la notation traditionnelle critiquent ce système binaire et forcément arbitraire qui n’est en rien plus clair que la note. Nous avons également souligné le manque d’harmonisation, le ou les support(s) d’évaluation sont laissés à la libre appréciation de chaque professeur.

Nous allons très prochainement lire à notre chef d’établissement la lettre adressée au Recteur dans laquelle nous expliquons les raisons de notre refus. Les conseils de classe nous diront si tous les collègues seront prêts à refuser l’injonction. Mais toujours est-il que les livrets, à moitié remplis seront (tout comme leur composition) incohérents et inutilisables.

Catherine FUCHS, S1 au collège Vallon des Pins Marseille 15e