16 décembre 2006

L’actualité syndicale

Relance d’un plan d’urgence pour l’éducation dans les Bouches du Rhône

Durant la période 2003/2006, la FSU 13 a élaboré et porté la revendication d’un plan d’urgence pour l’école dans les bouches du Rhône.

Après une analyse de la situation du département au regard de ses caractéristiques sociales et des principaux résultats et indicateurs scolaires, la FSU avançait un certain nombre de pistes de réflexion et de propositions concrètes et chiffrées pour scolariser plus et mieux. En résumé, le constat établi montre que notre département est dans une situation difficile quant à l’avenir de la jeunesse.

Alors qu’on compte en ZEP plus d’un collège sur deux à Marseille ( 27 sur 53) et près d’un sur trois dans le département ( 39 sur 135), que près d’un quart des élèves de l’enseignement public relève de l’éducation prioritaire ( 2,9% des élèves du privé) et qu’il faut donc consentir des efforts tout particuliers, force est de constater, année après année ,que les principaux indicateurs scolaires (scolarisation, encadrement des élèves, orientation après la 3e en lycée général et technologique, accès au bac, développement de l’enseignement spécialisé et professionnel) restent inférieurs aux moyennes nationales.
Certes les difficultés et inégalités scolaire sont en corrélation fortes avec la situation socio-économique et la constitution de véritables poches de misère qui sont autant de « bombes à retardement » (Stéphane Beaud) : à titre d’illustrations, rappelons que notre département compte proportionnellement un nombre de rmistes et d’élèves boursiers deux fois plus élevé qu’au plan national. Il n’en reste pas moins que, pour ce qui la concerne, l’institution n’a pas été en capacité de répondre à la demande sociale de formation, ce dont témoigne la persistance d’un taux élevé de sorties sans qualification.

Dans un contexte de réduction de l’offre de formation, d’économies budgétaires et d’attaques contre le service public et ses personnels ( - 300 postes en collège sur les trois rentées 2004/2006), la FSU a rassemblé autour de ses analyses un front unitaire qui s’est exprimé dans la rue et dans les instances ( vote à l’unanimité d’une déclaration commune FSU-Sgen-Unsa-Cgt-Fcpe-Peep-Dden lors du CDEN du 26 novembre 2003 demandant en conclusion
la mise en œuvre d’un plan de rattrapage et la tenue d’une table ronde sur la situation scolaire à Marseille et dans le département qui réunirait toutes les parties concernées.)

La pression que la FSU a exercée durant cette période a pu contribuer, pour sa part, aux avancées enregistrées en termes de construction et d’accueil des élèves notamment dans l’hyper centre de Marseille.Cependant, il reste beaucoup à faire : l’application de la loi de Robien, le plan « Ambition Réussite » dans notre département ( 21 collèges concernés avec leurs écoles , dont 20 sur Marseille, 85 postes d’ enseignants et 300 assistants pédagogiques) ne sont pas de nature a sortir nos établissements de la crise.

Le Congrès doit se prononcer sur une relance de l’idée de rattrapage et de plan d’urgence à partir d’un bilan critique des acquis et des insuffisances de la période couvrant le précédent mandat.

Trois ans aprés le plan d’urgence élaboré en 2004, on constate que la situation ne s’est guère améliorée voire que certains écarts se sont encore creusés

NOS PROPOSITIONS pour des mesures d’urgence

Dans le 1° degré :
La scolarisation des enfants de 2 ans est un facteur de réussite, en ZEP elle doit donc être une priorité. Pour porter le taux de scolarisation des 2 ans au nivau national, il faut 205 postes de PE.
Le SNUIPP a revendiqué et obtenu l’’affectation d’un maître de plus que de classes pour impulser une prise en charge collective de la difficulté scolaire et son traitement. L’amélioration des résultats des élèves aux évaluations 6° nécessite donc une extension de cette mesure à tous les établissements ZEP dans un premier temps . Ceci implique la création immédiate pour la rentrée 2007 de 347 postes de PE.
Le département est aujourd’hui très en retard quant au taux d’encadrement moyen ; l’abaissement des effectifs par classe prioritairement en ZEP où le différentiel par rapport aux écoles hors ZEP est de seulement 2 élèves par classe en moyenne, s’avère donc nécessaire pour une améliorer la scolarité et les résultats des élèves du département. Cette mesure imposerait d’autres créations de postes.

Dans les collèges,

Réduire la taille des établissements des quartiers difficiles à 300 élèves maximum apparaît une mesure sage, les établissements de cette taille affichent des résultats positifs dans la lutte contre l’absentéisme et la violence.

Notre département dispose du même nombre de surveillants depuis plusieurs années. Or l’augmentation du nombre de 1/2 pensionnaires, la nécessité de poursuivre un travail d’écoute des élèves, d’encadrement dans la journée, l’accueil d’enfants handicapés nous conduit à réclamer l’attribution de l’équivalent de 2 postes supplémentaires d’étudiants-surveillants par établissement (étant entendu que le recours aux d’emplois aidés n’est pas adapté besoins des établissements et des élèves). Soit le besoin de minimum 270 équivalents temps plein de surveilants.

Les moyens octroyés au titre d’Ambition Réussite doivent pouvoir être utilisés par les équipes comme elles le souhaitent. Dans les établissements ZEP, la concertation pour construire collectivement la réponse adaptée à la difficulté scolaire sans diminuer les objectifs et les contenus de formation est indispensable. Intégrer dans le service des collègues 2Heures mensuelles de concertation nécessite une dotation horaire de 1.500 Heures-poste soit l’équivalent de 84 postes.

De la même manière, et comme le démontrent les études de Piketty, il y a necessité de diminuer les effectifs par classe. Dans les ZEP, 20 élèves nous apparaît un engagement urgent. Porter le E/D à 20 dans les ZEP alors qu’il est aujourd’hui de 22.3 pour les ZEP du département, réclame la création de 220 postes.

Pour une réelle politique de prévention

Privilégier l’éducation à la répression et l’enfermement nous apparaît davantage profitable aux adolescents . Pour répondre avec efficacité aux mesures préconisées par les juges des enfants ou les juges d’instruction, il faut des moyens au service de la PJJ. Pour cela, nous réclamons l’affectation des 36 postes d’éducateurs prévus pour la nouvelle maison d’arrêt de la Valentine au service de la PJJ et l’ouverture d’un foyer éducatif supplémentaire.

Scolarisation des élèves présentant des situations particulières

Notre département accuse un retard important en matière de scolarisation des élèves handicapés de la maternelle à l’université. De plus un certain nombre d’élèves en grande difficulté ne peuvent être scolarisés dans une structure adaptée faute de places.
Nous réclamons donc la création de 10 UPI supplémentaires (en collèges et lycées), de 2 SEGPA.

La formation de plus d’enseignants spécialisés pour intervenir dans ces classes et dans les RASED est indispensable et doit être développée. De plus, il faut recruter et former des personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Une bonne scolarisation de tous nécessite de bonnes conditions d’accueil.

La région et le département doivent recruter : au moins 3 agents par établissement (de manière à avoir des personnels stables et non plus une rotation de personnels aux divers statut précaires) ; notre département étant avant dernier concernant le nombre de personnels ouvriers. Soit la création de 606 postes de TOS.
Le département doit créer un nouveau collège dans le nord du département, dans le 7° arrondissement de Marseille, de réhabiliter (comme à commencer à le faire le CG 13) les établissements vétustes (Arenc-Bachas, Anatole France...),.
La Région doit construire un autre LEP dans le bassin Littoral Nord, Un lycée polyvalent dans le 12°, le 13°, Aix et Aubagne.
La municipalité de Marseille doit construire 5 écoles maternelles et 2 écoles élémentaires. Les municipalités de doivent aussi construire des locaux scolaires.

Notre objectif est bien la réussite de tous et l’élévation généralisée des qualifications ; cela nécessite de lutter résolument et de manière précoce contre l’échec scolaire, d’empêcher toutes sorties du système éducatif sans qualifications et d’approfondir les questions de savoirs et de contenus, des parcours scolaires. Les mesures ci-dessus s’inscrivent donc dans une démarche d’urgence pour améliorer les résultats de la jeunesse du département.