Mercredi 2 février, une journée académique de mobilisation contre le projet d’application de la réforme STI2D en classe de première a eu lieu.

La revendication du moratoire et de l’ouverture de véritables négociations monte.

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La réforme annoncée des STI en STI2D annonce de graves remises en cause concernant l’enseignement technologique industriel. Il n’ y a rien d’inéluctable, le SNES lance un appel à la mobilisation de la profession et se bat pour l’ouverture immédiate de négociations sur le sujet, pour une autre réforme. Celle ci ne doit pas être appliquée, il demande dans l’immédiat un moratoire concernant son application en première en septembre 2011.

Assemblée Générale des enseignants de STI au lycée Vauvenargues

Le SNES appelait à une assemblée générale des STI afin de relancer la mobilisation contre la réforme des STI que le ministère compte appliquer dans la précipitation à la rentrée 2011.

Un appel unitaire SNES-FSU, CGT, FO, SIAES, SNALC, SNCL FAEN à un rassemblement devant le Rectorat suivait la réunion.

L’assemblée générale a réuni une quarantaine de collègues représentant 11 lycées G et T, soit la majorité des 18 lycées comportant des STI de l’académie.

Thierry Reygades secrétaire national du SNES chargé des enseignements technologiques ouvre l’AG : « On peut et on doit obtenir que cette réforme ne s’applique pas à la rentrée 2011 ».

Sans refaire l’historique de la réforme, il rappelle que la sauvegarde d’une certaine diversité des STI (quatre au lieu de une) est le fruit de multiples interventions, notamment des établissements d’arts appliqués et du BTP.
L’enjeu de la lutte contre la réforme est de maintenir la diversité des STI. Il y a un fort risque, si l’on intervient pas, que les STI2D ne fusionnent à terme en une seule série STI2D.
On observe une diversité d’appréciations de la réforme par les rectorats des différentes académies :

- Dans certaines académies, les matériels des STI sont « envoyés à la benne à ordures » alors que dans d’autres, le matériel est jalousement conservé

- Dans l’académie de Rennes, un moratoire sur les suppressions de postes a été adopté

- Dans l’académie de Dijon, le rectorat lance le recrutement des profs de STI autour de quatre spécialités.

Le Ministère, quant à lui, infléchit son discours sur la finalité des STI : Alors qu’il présentait cette nouvelle série comme une voie préparant aux longues études supérieures et aux diplômes d’ingénieurs, aujourd’hui, le ministère déclare que les STI2D ont pour finalité les BTS (comme actuellement). Il est totalement muet sur le bac STI2D.

Alain Barlatier, secrétaire académique adjoint :

Il est fondamental d’obtenir que les équipements soient conservés en l’état. Il y a des tentatives de la part de certains chefs d’établissements de vendre le matériel à des industriels. Ces véléités ont été contrées par la vigilance des personnels.

Sur ce terrain, la Région semble nous suivre et considère que les équipements existants doivent être conservés.

Concernant la formation des profs elle est notoirement insuffisante : 6 jours pour les enseignants de physique appliquée pour changer de discipline, c’est dérisoire. Pour les STI, un tiers seulement des enseignants pourrait recevoir une douzaine de jours de formation, assortis d’auto-remplacements et de remplacements en interne, soit une surcharge de travail très importante. Le plan de formation est encore flou (proportion des participants ? Modalités ? Remplacement ? Contenus ? Possibilité de cumuler plusieurs stages plusieurs années de suite ?)

Les collègues des différents établissements expriment

- une grande hostilité à la réforme,

- une mobilisation qui prend des formes diverses

- des conséquences importantes sur la DHG en forte baisse dans tous les établissements avec de nombreuses suppressions de postes en STI.

Concernant le matériel, au lycée Benoit, la direction envisage de se séparer du matériel ; au lycée Vauvenargues c’est la même chose, tout comme au lycée Artaud pour les machines outils utilisées en seconde. Les collègues se mobilisent au Conseil d’Administration, notamment, pour éviter que ce point de non retour soit atteint.

Un document du Ministère précise que l’on peut continuer à travailler avec le matériel existant, c’est un premier recul de l’administration ; Le recteur l’a confirmé lors d’une réunion d’un Comité Technique Paritaire cadémique le 18 janvier..

Les pertes d’heures dans les DHG sont très importantes :

- Lycée Benoit Isle sur Sorgue : moins 75 heures mais pas de mesures de carte scolaire, on insiste sur la nécessité d’obtenir un moratoire

- Lycée de la Ciotat : moins trois postes (départs à la retraite non remplacés) ; Une délégation commune de deux établissements proches montera au Rectorat.

- Lycée Jean Perrin : Lycée Jean Perrin : perte de 154 heures , d’une seconde, de cinq postes de STI plus quatre cette année, soit 9 suppressions de postes STI en 2 ans ( départs à la retraite). Perte possible d’un poste de physique appliquée. Proposition pour les STI à la prochaine rentrée : 5 premières STI 2D (1,5 Itech, 2Sin, 1,5 EE)

- Lycée Vauvenargues : moins180 heures postes (HP)

- Lycée de Briançon : moins 50 HP, perte d’un poste de génie mécanique. Le conseil pédagogique fonctionne et donne toute la mesure de la concurrence entre les disciplines et entre les collègues dans une ambiance déplorable.
Lycée Diderot : moins 50 HP, deux postes de génie civil perdus, un poste de génie civil transformé en génie électrotechnique pour assurer le tronc commun STI2D. Le lycée ZEP qui avait un recrutement académique, car seul lycée du BTP, va se ghettoïser.

- Lycée du Rempart : moins une division de STI mais DHG stable car l’augmentation des effectifs en BTS compense perte d’un poste en Productique

- Lycée Artaud : moins 34 heures et perte de deux postes en productique

- Lycée PMF Vitrolles moins 200 HP fermeture de huit postes

- Lycée Fourcade pas de femeture de poste

- Lycée Marie Curie fermeture de la formation STI Matériaux souples

- Lycée Pasquet Arles moins 150 HP fermeture de 9 postes dont deux en STI

La question du futur bac STI2D est abordée. Thierry Reygades fait observer que le Ministère ne s’exprime pas sur le sujet. Il est curieux que la réforme STI2D soit accompagnée d’aucune proposition sur les épreuves du bac. Il semble qu’il soit compliqué d’établir un « sujet zéro » qui fixerait le cap pour les enseignants et les élèves. Le Ministère occulte (volontairement ?) le débat sur le bac.

Cette semaine, vendredi 4 février, le Conseil Interprofessionnel Consultatif se réunit pour donner un avis sur la future réforme STI2D alors que le Ministère avance à marche forcée pour imposer la réforme à la hussarde. Cela illustre, une fois de plus, le mépris du Ministère pour le dialogue social.

Il faut multiplier les actions dans les établissements, notamment :

Lettres collectives et individuelles contre la formation au rabais et l’auto-remplacement...
Motions votées dans les Conseils d’Administrations sur les suppressions de postes, sur le maintien du matériel, le remplacement des enseignants en formation.
Utiliser les journées portes ouvertes pour communiquer avec les parents,
Rendre très visibles les STI dans les prochaines journées de grève et de manifestations, avec défilé des profs de STI en tenue de travail et casques, le 10 février 11 heures à Marseille et le 19 mars à Paris,
Tirer rapidement un premier bilan des actions de formation entre profs de physique et STI, interpeller IPR et recteur sur l’avenir de cette formation et la faire évoluer dans le sens où nous l’entendons.

A 16 heures une délégation intersyndicale SNES, CGT, FO, SUD, SIAES, SNALC, est reçue au Rectorat par Mme Brioude (secrétaire générale adjointe du rectorat SGA), M GIRAUD (IPR STI) M Lazzerini (division du personnel DIPE).

la discussion a porté sur :
les suppressions de postes
les machines et systèmes, les locaux
la formation

le SNES introduit et rappelle l’opposition globale de l’intersyndicale à cette réforme, la demande d’un moratoire, l’ouverture de négociations, il désire que la discussion porte sur les sujets en charge par l’académie à savoir les conditions à la rentrée 2011.

Concernant les suppressions de postes liés à la réforme :
la SGA explique qu’elle n’est pas en mesure de la chiffrer, ni en mesure de donner le montant global d’heures postes supprimées par la mise en pratique de la première STI2D (sic !!).

La DIPE dit qu’en cas de Mesure de Carte Scolaire (MCS) la règle qui sera appliquée est le départ du dernier arrivé dans la discipline de recrutement.

Concernant la formation :

L’opération « auto positionnement » a été un fiasco pour le Rectorat, la SGA le reconnait, peu de réponses ou des réponses non prévues.

le SNES considère que la formation proposée aux collègues STI et Physique appliquée est insuffisante, elle doit être faite sur le temps de travail. Des éclaircissements sont demandés sur la formation des STI.

Selon l’IPR il s’agit de 250 profs (sur les 750) qui iront en formation pendant 12 journées réparties jusqu’en juin, ces 250 profs sont choisis par les chefs d’établissement. Cette formation est prévue pour les deux années suivantes à raison de 250 personnes aussi, mais le rectorat ne peut pas dire qui seront ces 250 personnes (il y aura sans doute des collègues qui auront déjà participé cette année).On rentre dans le cadre de l’individualisation de la formation qui conduit à budget constant à exclure un certain nombre de collègues de celle ci (les plus vieux ? Ceux qui sont en BTS ? ???).

Le SNES : il faut revoir tout le dispositif en volume, en contenu (on ne les connait pas), en organisation (répartir ces heures sur l’année ne permet pas de nommer de TZR lors des absences), refus de l’auto-remplacement et remplacement en interne.

Concernant les machines outils et les systèmes pédagogiques :

Là aussi les positions du Rectorat sont évolutives !!
Au départ il fallait « tout jeter ». Le fait que les collègues et le SNES soient intervenus sur ce sujet auprès des chefs d’établissement du Recteur et de la Région a fait bouger les choses.
La position de l’administration est pour l’instant la suivante : on ne jette rien, il est possible d’utiliser les systèmes électrotechniques et électroniques pour les STI2D, il ya un problème sur les machines outils.
Le SNES demande qu’aucun matériel ne soit bradé, que les CA se prononcent sur le sujet, que les futurs équipements pédagogiques viennent en sus de ceux existants.

Concernant les locaux :
La Région ne fera pas de travaux cette année, elle communiquera ses intentions lors d’un prochain Comité Académique de l’Education Nationale (CAEN). La SGA nous dit que le déplacement des cloisons est à charge des établissements sur leurs fonds propres !!!!

CONCLUSION :

Cette entrevue montre que l’administration est sur la défensive, ses positions changent de semaine en semaine et que rien n’est prêt pour la rentrée.
Il faut faire bouger les lignes, garder notre outil de travail, gagner sur les formations, gagner la bataille de l’opinion.

Rassemblement devant le Rectorat

A 17 heures, rassemblement devant le Rectorat pour accueillir les délégués syndicaux à la sortie de la réunion. Un compte rendu est fait aux militants lors d’une conférence de presse.

Une banderole est posée sur les grilles du Rectorat « NON A LA CASSE DES STI ».
Cette action est commentée dans la presse le jeudi 3 février.

L’action doit continuer , elle doit s’ancrer dans les établissements. Une prochaine assemblée générale académique permettra de faire le point sur le sujet. Le combat ne fait que commencer !
Le moratoire nous l’imposerons dans les faits.