31 janvier 2008

L’actualité syndicale

Suppression de postes et explosion des heures sup !

Le CTPD du 13 s’est tenu le mercredi 30 janvier 2008.

Le SNES met à votre disposition 2 documents pour vous informer du mode de calcul de la DGH d’un établissement ( Fiche G4) et de la répartition de la DGH départementale entre les collèges.

La présentation de la DGH est faite par typologie d’établissement de 1 à 6.

Le type de collège, Ambition Réussite, Zep est précisé.

A cette occasion , les élus du SNES ont fait la déclaration suivante :

Déclaration SNES-FSU au CTPD de janvier

Dévalorisation du métier

Lors du CTPD d’octobre nous avions exprimé l’inquiétude de nos collègues concernant l’avenir de leur métier et du service public d’éducation. Cette colère sourde qui monte des établissements, ils l’ont fait entendre à 3 reprises en répondant majoritairement à la grève.

Les salaires et les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader. Quelques rappels il y a 20 ans un certifié débutait à 2.5 du SMIC, aujourd’hui il débute à 1.5 pour bac +4, et un certifié au 11° échelon a le pouvoir d’achat d’un certifié au 9° il y a 20ans. Dans le même temps, alors que la durée légale du travail a baissé, la nôtre n’a cessé de croître. Il faut savoir qu’en 1950 la durée légale du travail était de 45h/semaine, et nos maxima de service ont été calculés à partir de cette référence. Point de RTT pour nous cependant, malgré toutes les enquêtes qui font le constat d’un temps de travail hebdomadaire de 40 heures.

Sourd aux revendications des personnels enseignants, le gouvernement poursuit ses orientations en matière de politique éducative, avec la suppression de 9130 ETP au plan national, dont 345 sur l’Académie ; 117,5 ETP pour le 13. Le dogme du travailler plus pour gagner plus, les discours démontrant que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » commencent à lasser bien au-delà de nos rangs et c’est heureux.

Notre département est maltraité par cette politique !

Revenons sur les spécificités du département : au niveau sociologique (taux de RMI, écarts salaires...), en matière de résultats qui sont en progrès (DNB, taux 2°...), en matière de moyens qui sont inférieurs à la moyenne nationale (taux d’encadrement< moyenne nationale (E/D, E/S).
Ces considérations nous ont conduit à élaborer un plan d’urgence dès 2000. C’est toujours d’actualité.

Les réponses ont été « baisse des moyens » et on ose nous expliquer que compte tenu de ces caractéristiques on nous retire moins que prévu au regard de la perte d’effectifs. Cette année encore nous avons entendu le même discours (au point que La Provence a cru comprendre, lors de la conférence de presse du Recteur, qu’on gagnait des postes malgré la baisse des effectifs !). Or, quand on se livre à un petit calcul du type 823*1.22/18, on arrive à 56 . On nous retire 71 ETP au titre de la baisse démographique. Cherchez l’erreur !

Les travaux en ½ groupes sont cantonnés aux disciplines scientifiques dans le meilleur des cas, de nombreux enseignements faute d’heures ne s’effectuent pas dans de bonnes conditions pour les élèves (des groupes de langue à 28 ou 30, 4 h de français en 5° et 4°...), les PPRE mis en place sans moyens spécifiques, d’une manière très disparate (voire bureaucratique dans certains endroits), et n’apportent pas l’aide attendue pour enrayer l’échec scolaire, de plus, les heures statutaires des collègues ne sont pas respectées !

Alors comment va-t-on répondre aux demandes des familles du 13 ?
Combien de temps encore va-t-on leur expliquer que tout va bien quand tout va mal.?

Combien de temps encore va-t-on leur expliquer que la hausse des effectifs par classe est un faux problème ?

Conséquences de cette politique :

Avec 117 ;5 postes en moins la première conséquence va être l’augmentation des effectifs par classe et la deuxième la baisse de l’offre de formation. Alors certes le paramétrage G4 inventé pour accompagner cette baisse des postes en 2002 ne bouge pas, en bon magicien vous faites apparaître un E/D et H/E qui ne présentent pas globalement de modification mais la réalité sur le terrain est souvent autre et les collègues constatent que 25 élèves en ZEP c’est lourd, que 30 en hors ZEP c’est lourd aussi. C’est pour cela que nous rappelons nos revendications de baisse des effectifs par classe 20 en ZEP et 25 hors ZEP ce n’est pas du confort égoïste enseignant comme on s’évertue à nous le faire croire mais une des conditions de la réussite des élèves.

Alors comment comptez - vous faire avec cette baisse des moyens pour maintenir la dotation horaire de chaque division, de chaque discipline ? Comment comptez - vous faire pour améliorer la réussite de tous les élèves du département (indépendamment de la note de vie scolaire !) et accueillir dans des conditions dignes les enfants handicapés ?

La politique choisie est une entreprise de démolition des métiers de l’enseignement

Cette année, cerise sur le gâteau (mais cerise empoisonnée), 46,5 ETP sont transformés en HSA. Avec cette injection importante d’HSA dans les DGH c’est une ère nouvelle qui s’ouvre dans laquelle le métier et son approche connaîtront de profondes modifications qui nous semblent préjudiciables à l’évolution du service public d’éducation.

Nous avions déjà dit en octobre qu’augmenter le volume des HSE et HSA et baisser celui des HP constituer un non-sens avec pour conséquences :
La diminution des recrutements (perte de 104 stagiaires soit 30 ETP pour l’académie) ;
L’alourdissement de la charge de travail (plus de classes en charge, donc plus de copies, de réunion, de rencontres avec les parents) et accentuer la fatigabilité des personnels ;
L’aggravation des conditions de travail des personnels (CSD, ...).

L’augmentation du nombre d’HSA par rapport à l’an dernier est de 25%. C’est un cap sans précédent qui est franchi là et qui ne va pas manquer d’exacerber les tensions dans les établissements.

Comment allez vous faire absorber les 7307 HSA de l’enveloppe départementale ( + 7000 HSE de l’accompagnement scolaire, + les HSE de remplacement, + les HSE liés aux projets pédagogiques) ?

L’être humain a ses limites !

Lorsqu’on regarde de près les documents on est surpris des différences qui existent dans la ventilation de ces HS sur les établissements allant de 3,61% (Simiane) à 9,23 % pour Rimbaud situé en Ambition Réussite.
Est – il sérieux d’imposer 1,93 HSA par prof à Marie Laurencin ? Les conditions de travail, le public s’est-il amélioré au point que les collègues puissent y arriver sans souffrance ?

La souffrance des personnels est-elle un objectif du gouvernement ? Non, mais le ministre est – il évalué au nombre d’HS avalé par les profs ? Est ce aussi un élément d’évaluation d’autres personnels de l’éduc nat : Recteur, IA, CE ?

Déjà des volumes de 5,5 % d’HSA étaient difficiles à absorber mais là on est au-delà. Le profil de l’enseignant qui accepte les HS ressemble plus à un homme entre 30 à 50 ans qu’à une femme ce qui constitue pourtant les 2/3 des personnels de collèges. Entre-t-on dans une discrimination sexiste des personnels ? Va-t-on obliger les personnels à prendre plus d’une HS comme c’est le cas aujourd’hui ? Avez-vous déjà des informations sur le livre blanc qui prolongera le livre vert de Pochard quant aux maxima de services ?

Quand on entend que l’augmentation du salaire doit passer par les HS, que le salaire doit s’appuyer sur des critères de mérite dont l’acceptation des HS ne serait pas le moindre, on est en droit de penser que l’injection d’HS est un outil pour dénaturer le métier, le transformer et opposer les personnels qui sont pourtant recrutés sur un même concours avec les mêmes qualifications.

Ceci ne peut qu’accompagner une conception de l’école duale que nous récusons.
Les questions posées sont l’écho des inquiétudes et de la colère des collègues.

C’est parce que nous voulons donner aux équipes les moyens de travailler ensemble à la réussite de tous les élèves ;

C’est parce que nous voulons préserver ce métier que nous aimons, que nous exerçons avec passion que nous nous opposons à ces mesures et réclamons la requalification des 46,5 ETP en HP et la récupération des emplois prélevés à tort.

Nous poursuivrons notre campagne d’information des personnels et de la population sur la réalité des conditions de travail et d’études des élèves et nous appellerons ceux-ci à tout faire pour obtenir les moyens indispensables à la réussite de tous les élèves.