Le CTPD des Bouches-du-Rhône réuni le 2 juin à l’Inspection Académique a examiné les conditions de mise en oeuvre, l’an prochain, de " l’accompagnement éducatif" des élèves après les cours .

Le dispositif repose sur des HSE enseignant, des crédits et des emplois d’assistants pédagogiques.
Inauguré cette année dans les établissements ZEP, il sera étendu dès la rentrée prochaine à l’ensemble des collèges du département.
Pour ce faire le contingent de 42 ETP d’assistants pédagogiques sera abondé de 94,5 ETP.

A cette occasion, l’IA a regroupé sous la même appellation d’assistance éducative toute une série de personnels intervenant dans les collèges sur des fonctions diverses (AVS collectifs, Assistants pédagogiques ambition réussité et AP accompagnement éducatif, Surveillants et Assistants d’éducation de surveillance, dispositifs relais, activités éducatives. .).
Le tableau récapitulatif en est impressionnant : 1541 personnes (sans compter les CAE intervenant sur la vie scolaire ou dans les collèges ambition réussite),

Au final, 136 emplois de plus que cette année : un chiffre à mettre en regard avec les 117 postes d’enseignants en moins à la prochaine rentrée.

Comment expliquer qu’avec la même baisse d’effectifs on ait, d’un côté, des suppressions de postes et, de l’autre, des créations d’emplois ?

A l’évidence l’accent et les moyens sont mis sur autre chose que sur l’offre de formation. Il s’agit d’un choix de politique scolaire et budgétaire qui privilégie l’encadrement, l’accompagnement, l’aide, la gestion « souple » des flux d’élèves au détriment du temps et des moyens consacrés aux apprentissages et aux cours proprement dits.

Il se dessine bien une (re)orientation de fond qui aura des conséquences négatives en termes de résultats scolaires et de réussite pour nos élèves, d’ambition et de qualité du service public d’éducation .

On peut douter qu’elle n’ait que des mobiles pédagogiques. En diminuant le volume de la formation,en réorientant les missions, en fermant des postes d’enseignants titulaires, de fonctionnaires, et en ouvrant des emplois de contractuels et de précaires, le Ministère de l’éducation s’inscrit pleinement dans le cadre d’une pensée qui considère que l’éducation est un coût et non un investissement d’avenir.

C’est une des conséquences de la révision générale des politiques publiques voulue par Sarkozy (la RGPP) .Et tant pis si l’ambition éducative en fait les frais.