La retraite à 60 ans, un symbole. La retraite à 60 ans, une cible mise en joue par un Nicolas Sarkozy en quête de marqueurs politiques pour, dans la tourmente, rassembler son camp. Comme hier mai 68 ou les 35 heures, comme aujourd’hui les immigrés, le Président de la République choisit les sujets qui clivent, au risque du simplisme et de la caricature. La retraite à 60 ans, un acquis social, peut-être le plus marquant après l’abolition de la peine de mort, de la gauche au pouvoir.

En s’attaquant à cette borne d’âge socialement structurante, le gouvernement a lancé un défi politique que salariés, syndicats, partis, intellectuels ont relevé. En témoigne la grève du mardi 7 septembre, quelques jours seulement après la rentrée, avec ses 2,5 millions de manifestants.

Mais au-delà du symbole, et de la perspective réaffirmée par la FSU de revenir à une retraite à taux plein dès 60 ans après 37,5 annuités de cotisation, il nous faut agir sur les difficultés concrètes que vivent au quotidien les salariés. Impossible par exemple pour le SNES de ne pas être à l’offensive sur la défense de nos métiers, de la formation et sur la reconquête d’espaces de liberté et d’initiative dans les établissements. Impossible également de ne pas se battre contre les 17 000 suppressions de postes annoncées dans l’Education en 2011, en 2012 et en 2013, au moment où les effectifs scolarisés repartent à la hausse. Impossible de ne pas porter haut et fort la nécessaire revalorisation de nos professions. Impossible enfin d’en rester à la question des 60 ans et de passer sous silence les régressions historiques que représentent les réformes Balladur de 1993 et Fillon de 2003, régressions que la réforme Woerth de 2010 amplifie et complète.

Nos mobilisations doivent alors contraindre le pouvoir à ouvrir des négociations pour concrétiser des avancées nouvelles, sur les retraites, sur les carrières, sur l’éducation. C’est aujourd’hui possible.

Ensemble, le jeudi 23 septembre, faisons encore monter la mobilisation, et faisons fructifier le rapport de forces ainsi obtenu, sur tous les sujets qui nous animent.

Laurent Tramoni