A l’heure du bilan, quel constat faisons nous ?

Tout d’abord , malgré la légère baisse des effectifs la situation de s’améliore pas :

I analyse des données

A partir de l’analyse des données que vous nous avez fourni on constate une stabilité des deux indicateurs H/E et E/D, ceux-ci sont toujours en dessous des moyennes nationales et du taux d’encadrement que nous connaissions en 2003. Ce qui n’est pas de bonne augure quand la crise se renforce (chômage à 13% ) dans un département où déjà 1/3 des établissements est en ZEP.
Qui plus est la situation devient très contrastée entre Marseille et le hors Marseille où on constate cette année encore une progression des effectifs ( anticipée par les services), les spéculations immobilières et la détérioration du tissus industriel sur Marseille ne sont certainement pas étrangères à ce phénomène pourtant très récent. C’est de ce fait sur le hors Marseille qu’on trouve les classes les + chargées.

La situation bassin par bassin est souvent elle-même très contrastée. On constate ainsi les conséquences de l’assouplissement de la carte scolaire. Celui-ci, contesté par la FCPE, les collectivités territoriales et la plupart des organisations syndicales enseignantes a été mis en place malgré tout au prétexte de construire de la mixité sociale mais sans se donner les outils pour la mesurer, le seul indicateur de mesure étant le taux de satisfaction. Le travail minutieux fait par les services en toute transparence permet l’étude des motivations des demandes de dérogation : le critère premier est « la convenance personnelle ». Les familles les mieux informées, socialement plus aisées construisent des stratégies d’évitement tant ici que dans les autres départements en limitant cependant le périmètre géographique.

La perte d’effectifs des bassins 8 et 15 ne peut s’analyser qu’ainsi. Les quartiers nord perdent, se ghettoïsent pour les raisons évoquées plus haut mais aussi parce qu’avec cette mesure certains établissements concentrent une population d’élèves plus défavorisés par toute une série de facteurs (même si ce n’est pas apparent avec les CSP). C’est l’écart impossible à mesurer entre Clair soleil et Henri Wallon, entre Jean Moulin et Elsa Triolet. C’est aussi un des éléments qui explique la perte du collège du Roy d’Espagne dans un bassin où le privé est florissant. Il sera à ce titre intéressant d’étudier l’évolution des effectifs du privé

On voit mal comment la suppression de la carte scolaire permettra de mieux assurer la réussite scolaire des élèves socialement défavorisés.

Avec ce choix du « entre soi », les établissements construisent des discours de séduction, de concurrence, qui ne devraient pas être de mise dans le service public, prêtant ici ou là leur voix à la rumeur pour aboutir à des situations peu compatibles avec le service public et ses objectifs de réussite de tous. A quoi bon surcharger les effectifs de Marseilleveyre, Sylvain Menu, Malraux ? Plusieurs établissements très attractifs se retrouvent ainsi à accueillir plus d’élèves que ne le permet la capacité d’accueil définie par le CG, à avoir des classes très chargées. C’est le cas de Sylvain Menu, Le Ruissatel, Malraux, Mignet alors que les établissements autour se ghettoïsent.

Nous rappelons notre demande : pas d’accueil au delà des capacités définies par le CG.
Le travail mené de concert par le CG et l’IA sur la carte scolaire doit se poursuivre avec le même objectif, la même transparence pour éviter l’accentuation de la ghettoïsation et un rééquilibrage de la mixité sociale même si nous savons bien aussi que pour construire de la mixité scolaire il faut d’abord de la mixité urbaine et on est loin du compte à Marseille et certaines villes du département.

La mobilité de la population confrontée à la crise économique, l’assouplissement de la carte scolaire, la force de la rumeur du consumérisme scolaire rendent chaque année plus difficile la prévision des effectifs et on comprend les difficultés rencontrées par les chefs d’établissements tant sur Marseille que sur le département.

Mais ces difficultés ne sont-elles pas simplement la conséquence des errements d’une politique éducative où l’affichage prime sur l’objectif , où la focalisation sur les indicateurs de performances fait oublier l’importance de la réussite de tous les élèves.

II) une politique éducative où l’affichage prime sur l’objectif

Aujourd’hui seuls les indicateurs de performance pilotent les établissements et le système éducatif. On connaissait ces pratiques dans le privé mais il s’agit d’établissements publics !

De ce fait, si on ne peut que se satisfaire de l’amélioration du taux de passage en 2°GT.( Notre retard se comble.) On peut s’interroger. Est ce une meilleure promotion où est ce un déplacement volontaire des curseurs ? On constate que les classes de 2° sont très chargées, et que ces difficultés sont accentuées par l’affectation tardive (800 familles en juin, plus de 100 en septembre) les élèves font des trajets importants. Ont-ils les moyens de réussir ? On mesurera , si tant est que l’outil soit fiable !

D’autant que certains éléments qui nous remontent sont inquiétants : un élève de DP6 accède en 2°GT à Marseilleveyre, quand on voit que des élèves accèdent en 2°GT alors que le conseil de classe s’y était opposé et ceci sans passer en appel.

De la même manière la circulaire de rentrée affiche une « amélioration de l’enseignement des LV » certes la vitrine y est + classes euro, + bilangue mais au détriment de quoi ? Les effectifs en groupe de LV1 ou 2 sont chargés, ex La Ciotat. Alors que l’oral qui entre dans l’évaluation du A2 est difficile à pratiquer on cherche à le transférer hors temps scolaire à travers l’accompagnement éducatif. On se moque des élèves !

C’est mal connaître le mécanisme de rejet d’école qui nait de l’échec pour imaginer que ceux-ci viendront passer 2 heures de plus au collège pour apprendre ce qu’ils n’ont pas appris dans la journée. Pour supprimer le soutien les même nous avez tenu ce discours. Nous ne demandons pas plus d’école mais mieux d’école. Mais là encore il y a les indicateurs de fréquentation de l’accompagnement éducatif et certains CE n’hésitent pas à rendre cette activité facultative obligatoire, notamment dans le cadre d’un bachotage au brevet ou pour la validation du A2.

Continuons avec la circulaire de rentrée qui incite à Améliorer l’accueil des handicapés. Objectif louable ; vous avez créer 5 UPI mais sur la dotation du département, sans moyens supplémentaires. L’accueil des handicapés a fait un bon considérable passant de 252 à 295 élèves accueillis mais dans quelles conditions ? Le manque d’AVS, le nombre d’élèves dans les classes ordinaires ne permet pas une bonne intégration.
Comment peut-on sérieusement penser une intégration réussie à Sylvain Menu dans une classe à 31 ?

Mêmes remarques pour l’amélioration de la scolarité alors qu’aucun bilan n’a été fait quant à l’inefficacité de la note de vie scolaire vu l’augmentation de l’absentéisme, des actes de violence graves. Au lieu de réfléchir à la corrélation avec l’échec on plaque des mesures disciplinaires à grands renfort médiatiques avec l’appel aux policiers. Rappelons que Victor Hugo déjà en 1834 dans Claude Gueux préconisait l’éducatif au tout répressif, saine lecture sur laquelle certains rue de grenelle devrait se pencher.

Cette dynamique managériale où l’affichage des indicateurs prévaut sur le réel crée un mal être important dans la profession car celle ci voit :

- son travail déconsidéré parce qu’on demande de faire toujours + avec – (heures,manuels), parce qu’on défait le travail (modification des bulletins, des avis de conseils de classe..)

- ses conditions de travail s’aggraver (CSD, multiplication de tâches chrono phages, emploi du temps ..)

- un mépris de la situation financière alors qu’une revalorisation avait été promise(annonces Chatel)

- un mépris des élèves à qui on n’offre pas les heures auxquelles ils ont droit (notamment en lettres classiques certes il n’y a pas d’indicateur associé !) comme à Cocteau Miramas, ou à Sylvain Menu ou en SVT, phys.

Alors personne n’est dupe des leurres lancés à cette rentrée pour maquiller les réelles difficultés de l’école après les suppressions de postes effectuées et celles qui s’annoncent.

Malgré tout le battage médiatique autour de la grippe A ; on entend que 16000 postes devraient encore être supprimés en sus des 13000 de cette rentrée. Le manque de personnel de remplacement se fait déjà sentir et le rectorat a déjà épuisé son vivier de TZR et souvent aussi celui de contractuels. Un sondage de la PEEP montre le mécontentement de l’opinion publique suite à toutes ces suppressions de postes. Les annonces récentes sur la réforme des lycées caractérisent la politique éducative : des affichages, de la poudre aux yeux mais pas de moyens !

Devant ces constats une conclusion s’impose :

arrêt des suppressions de postes, ouverture du chantier de rénovation des collèges en articulation avec le lycée pour une école démocratique offrant des voies de réussites pour tous.