21 avril 2015

Carrières

Réforme du collège : deux jours pour analyser et réfléchir

Le SNES-FSU Aix-Marseille a organisé un stage de formation syndicale axé sur la question de la réforme du collège.

Ce stage s’est tenu les lundi 20 avril et mardi 21 avril au collège Izzo de Marseille.
90 personnes étaient présentes en continu dans la salle, d’autres ont assisté à l’une ou l’autre des journées.

50 collèges de l’académie étaient ainsi représentés.

Lundi 20 avril, nous avons analysé les propositions ministérielles de réforme du collège. Il en ressort que la réforme n’apporte pas réellement de plus-value aux élèves mais va engendrer une dégradation significative des conditions de travail des professeurs. La réforme implique en effet une bureaucratisation de la pédagogie par la multiplication des instances et des coordonnateurs de toutes sortes. Elle casse les solidarités entre collègues, et met les disciplines en concurrence.
Les différents temps ont permis de faire le lien entre la réforme du collège, le décret du 22 octobre 2014 sur les instances pédagogiques, la circulaire d’application du décret Peillon sur les services d’août 2014 et les indemnités IMP. Les situations des langues vivantes, des langues anciennes et régionales, de la technologie et des sciences, ont été présentées.

Mardi 21 avril, nous avons travaillé sur le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et sur les nouveaux projets de programmes disciplinaires, en vue de la consultation de mai 2015.
Si la réforme du collège est unanimement rejetée, les appréciations sont plus nuancées s’agissant du nouveau socle et des programmes, les avis variant fortement d’une discipline à l’autre. L’absence de repères annuels n’est pas la moindre des critiques qui a pu être émise.

Le temps consacré à la question de l’interdisciplinarité a permis de faire apparaître que plusieurs conceptions de l’interdisciplinarité coexistent, celle ayant conduit à l’invention des EPI, enseignements pratiques sans programmes implantés au sein même des horaires disciplinaires, n’étant pas la plus pertinente. Une approche consistant à mettre en cohérence les programmes disciplinaires, à créer des passerelles entre eux, favorisant un travail complémentaire entre les disciplines a manifestement la préférence du plus grand nombre.

Le stage s’est fini sur une discussion sur la stratégie d’action. Les participants au stage confirment que les mesures annoncées sont de nature à soulever une mobilisation importante des salles des professeurs.

Il nous faut surmonter le fatalisme qui a gagné les esprits avec le sentiment d’être face à une classe politique qui n’entend pas la parole du terrain, qui se comporte avec mépris à l’égard des fonctionnaires, qui ne respecte pas ses engagements une fois arrivée au pouvoir.

Il nous faut aussi venir à bout du procès en conservatisme qui nous est injustement fait alors que sans l’implication au quotidien des professeurs dans la lutte contre les inégalités et l’échec scolaire, l’école publique aurait déjà implosé. nous n’acceptons pas les leçons que nous fait ce personnel politique qui n’a même jamais exercé d’activité professionnelle en dehors des cabinets ministériels ou ces éditorialistes qui ne connaissent de la réalité que l’image que les médias en donnent.

Nous avons convenu que le travail de terrain auprès des collègues et auprès des parents était fondamental. L’interpellation des élus semble nécessaire au vu de la méconnaissance de la réalité du travail et du fonctionnement des établissements.

Rendez-vous est d’ores-et-déjà pris pour la grève du mardi 19 mai 2015, qui s’annonce fortement suivie.

L’article de La Marseillaise : cliquer ici

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