Le petit fait sa première rentrée au collège. Comme tous les parents sans doute, nous sommes stressés de le voir quitter l’école, lieu de l’enfance et de l’innocence, pour entrer dans le secondaire, cette austère antichambre du monde des adultes, avec son lot d’apprentissages, d’initiations, voire d’inculcation, brusque plongeon vers la rudesse de la vie. L’adolescence, le groupe, les garçons, les filles, les longs couloirs, les plateaux à la cantine, le prof de maths et le « surgé » ... Des clichés, essentiellement, tente de nous rassurer le principal du collège qui nous accueille durant l’été pour une visite de l’établissement. Difficulté de la transition, rupture, perte des repères, passage d’un maître à plusieurs professeurs, nouvelles matières scolaires, autres méthodes pédagogiques .... On doit bien l’avouer : ce que ressassent les médias dès qu’il s’agit de parler du collège encombre nos pensées. Le petit, lui, semble bien serein et étranger à ces considérations pourtant régulièrement convoquées pour alimenter le propos lors des apéritifs estivaux.

On doit bien l’avouer, loin de toute anxiété, ses copains et lui semblent même impatients, excités à l’idée de découvrir un nouvel univers, de nouveaux amis, toute une palette d’adultes différents, chacun d’eux paré de l’aura d’une mission spécifique : celle-ci détient les clefs de lectures fabuleuses, tel autre guidera leurs pas à la découverte de contrées lointaines et de civilisations anciennes, tandis que le professeur principal, qui nous fait pour l’heure aimablement découvrir les lieux, semble être le compagnon idéal pour pratiquer les sciences de façon plus réelle mais tout aussi ludique qu’une célèbre émission télévisée.

Impatients, sereins, excités ... sans doute se sentaient-ils un peu à l’étroit dans leur petite école primaire de quartier où, sans que l’on s’en rende bien compte, ils avaient bien grandi et où ils s’étaient mis, sans qu’on y prenne garde, à rêver à d’autres horizons ... Il n’est qu’à voir les regards ébahis avec lesquels ils découvrent le CDI du collège, manifestement prêts à explorer les rayonnages ou à s’installer derrière l’un des ordinateurs mis à disposition des élèves, pour s’en convaincre.

A la fin de la visite, on se dit qu’ils ont de la chance, ces petits, de faire leur rentrée dans un de ces collèges publics, rénovés, bien équipés pour les activités scolaires, y compris sportives, où la CPE ne tarit pas d’éloge sur le travail des professeurs d’éducation musicale ou d’arts plastiques, et où les adultes semblent s’investir dans l’intérêt des élèves, malgré les difficultés et les échecs que nul n’ignore.

Aussi, à la veille de cette rentrée 2014, nous aimerions souhaiter une très bonne rentrée scolaire à nos jeunes élèves, et à tous ces agents de l’éducation nationale, dévoués au service public, qui font un travail remarquable, qu’ils s’emploient avec leur syndicat, le SNES-FSU, à faire reconnaître à sa juste valeur.

Laurent Tramoni