L‘alternance politique ouvrira-t-elle de nouvelles perspectives ? Nous y travaillons, avec le plan d’urgence pour la rentrée, avec les Etats Généraux à
l’automne pour un plan pluriannuel de programmation. Si les 285 suppressions de postes que subissent les collèges et les lycées ne sont pas annulées, ce qui génère des difficultés au mouvement intra-académique et à la rentrée scolaire,
d’autres signes plus positifs nous parviennent.

L’abrogation du très contesté décret sur l’évaluation, l’attribution d’une décharge de service de 3 h aux futurs lauréats des concours 2012, l’annonce de la suppression du dispositif ECLAIR et la réécriture de la circulaire de rentrée, le
recrutement de 2 000 personnels de vies scolaires, un éventuel moratoire sur la transformation des GRETA en GIP marquent ainsi des réorientations notables. Au même titre que le rétablissement de la possibilité de partir à 60 ans pour un
salarié sur cinq.

Mais, sur le plan éducatif, le principal enjeu concerne les recrutements. Il est urgent de prérecruter des étudiants pour élargir le nombre de candidats qui se présenteront aux concours, enclencher un plan de titularisation et rendre ainsi possible le rétablissement des 60 000 postes promis.

Nos métiers ne retrouveront toute leur attractivité que si les carrières sont reconstruites et les rémunérations abondées. Des gestes immédiats peuvent être faits : si dans les commissions paritaires nous parvenons à mieux cibler les personnels prioritaires pour l’accès à la hors classe, il faut augmenter les contingents et créer une hors-classe pour les CO-PSy, avant même d’ouvrir le
chantier des grilles. La suppression de la loi TEPA de 2007 et de la défiscalisation des heures supplémentaires libèrerait des marges de manoeuvre financières qui pourraient être utilisées pour doubler la part fixe de l’ISOE. Sans attendre, il faut revenir sur l’arrêté qui suspend le paiement des HS pendant les tâches de jury, sur le délai de carence, abonder les défraiements pour déplacement et hébergement.

Dans le domaine pédagogique, il faut se pencher sur les difficultés que traverse le collège (qui ne sont en rien résolues par le socle commun et le livret personnel de compétences), refonder l’éducation prioritaire, et relancer la démocratisation des formations de second cycle. Cela implique de remettre à plat la réforme des lycées, de reprendre les programmes, de rompre avec l’obsession évaluatrice.

Nous sommes impatients de voir s’ouvrir ces discussions, nous serons attentifs et vigilants sur les sujets qui pourraient cliver : augmentation de nombre de semaines travaillées ou des maxima de service, gouvernance des établissements, unité du second degré, maintien du gel du point d’indice.