9 janvier 2016

L’actualité syndicale

Rentrée 2016 et réformes : point d’étape pour les collèges et les lycées

Le mardi 26 janvier 2016, n’est pas une date comme une autre. C‘est réellement un rendez-vous décisif pour le second degré et nos métiers. Soyons tous au rendez-vous !

Les rendez-vous de manifestation du mardi 26 janvier 2016 : cliquer ici

Rentrée 2016 : point d’étape sur les dotations et la réforme

En ce début janvier 2016, nous sommes à la veille d’une grève nationale décisive pour l’avenir du collège et du second degré, et nous entrons dans la préparation de la rentrée scolaire 2016.

Notre opération GrainS de sable a créé un rapport de forces qui nous est favorable, qui produit ses premiers fruits mais il faut transformer l’essai le mardi 26 janvier 2016 en imposant l’abrogation de la réforme.

Premiers succès à notre actif

La réussite de l’opérationGrainS de sable n’est pas étrangère en effet aux annonces rectorales du 8 janvier 2016 :

- alors qu’elles étaient condamnées au printemps, 90 % des sections bilangues seront maintenues dans l’académie d’Aix-Marseille (60% au titre de la continuité, 3à% au titre de l’éducation prioritaire).

- Quant aux trois dernières des cinq journées de présentation de la réforme, elles auront lieu sur le temps scolaire et non plus le mercredi après-midi.

- Enfin, le recteur annonce que « pour accompagner la mise en place de la réforme (sic), les dotations des collèges seront maintenues à la rentrée 2016 ».

En route vers la hausse des effectifs des classes

Malgré cet engagement très conjoncturel, l’inquiétude se porte sur les postes. La réforme Collège 2016, parce qu’elle borne le temps scolaire à 26 heures par semaine, plus éventuellement 2 heures d’enseignement de complément optionnel, permet à l’administration de supprimer 10 à 20% des heures allouées aux collèges.
Les DSDEN mettent en place à cette fin un nouveau dispositif d’allocation des moyens. A compter de la rentrée 2016, les collèges hors-éducation prioritaire (60 % des collèges) verront leurs structures financées sur une base unique, l’administration n’excluant pas que les effectifs y atteignent une moyenne de trente élèves par classe. Dans l’éducation prioritaire, REP+, REP et Education Accompagnée, l’administration n’exclut pas une hausse des effectifs par classe, même si la possibilité de garder des 6°/5° à 23 en REP+ nous a été finalement concédée. L’engagement de maintenir les moyens des collèges de l’Education Accompagnée pendant 4 rentrées est réaffirmé.

S’agissant des 29 collèges REP+, les repères indicatifs seraient dorénavant de 23 à 25 élèves par classe (+1).
S’agissant des 33 collèges REP et Education Accompagnée, les repères indicatifs seraient dorénavant de 25 à 27 élèves par classe (+1).
S’agissant des 148 collèges qui n’appartiennent pas à l’éducation prioritaire, l’administration prendra pour repères indicatifs des effectifs moyens par classe pouvant aller jusqu’à 30.

Le SNES-FSU Aix-Marseille se démène actuellement pour conserver des maxima d’effectifs par classe pour chacune des cinq catégories de collèges de la typologie académique, car augmenter les effectifs par classe permet de réduire le nombre de division. Or la dotation se calcule sur la base de 28 h 45 (29 h en 2017) par division.

En outre, la dotation comportera une part variable que les DASEN pourront moduler en fonction de l’appréciation qu’ils ont des projets d’établissement (sections bilangues, chorale, sections sportives…). Pour le SNES-FSU Aix-Marseille, cette enveloppe, qui n’est assise ni sur les textes réglementaires définissant la réforme ni sur les textes statutaires, va comme « la part des anges » se réduire à peau de chagrin rentrée après rentrée.

Hausse démographique en lycées

Pour des raisons tactiques, les dotations des collèges seront maintenues en 2016. Il s’ensuit que l’augmentation démographique d’un millier d’élèves que l’on prévoit dans les lycées généraux et technologiques ne sera à nouveau pas correctement financée, les 80 nouveaux emplois alloués à l’académie ne suffisant pas. On s’attend donc à une nouvelle augmentation des effectifs par classe dans les lycées, à une multiplication des demi-divisions sans dédoublement, à une réduction de la carte des formations et des options. La grève du mardi 26 janvier 2016 est donc aussi importante dans les lycées (lire aussi ici). Elle l’est enfin dans l’orientation scolaire, alors que le Rectorat prépare la fermeture de 6 de nos 21 CIO.

Dénaturation des métiers, primarisation du collège

Plus on avance dans la présentation de la réforme, plus il devient clair que l’Institution nous demande d’importer au collège les méthodes pédagogiques et les normes professionnelles issues du premier degré. Travail en îlots, différenciation pédagogique, pédagogie de projet, journées thématiques, éducations à … Notre profession est confrontée à un nouveau conformisme pédagogique qui n’a jamais été questionné. La pédagogie issue de l’école primaire est-elle adaptée à nos adolescents, pour l’entrée en disciplines, pour la mutation cognitive qui est attendue du collégien qui doit passer du statut d’écolier à celui de lycéen ?
Paradoxalement, si la loi de refondation de l’école a posé le principe de la priorité au premier degré, c’est bien parce que s’est imposé le constat d’un échec scolaire précoce et définitif, trouvant sa source dès les premières années de la scolarité.

Face aux discours culpabilisants et dénigrants que nous tiennent les animateurs des journées de présentation de la réforme, nous devons défendre et promouvoir notre identité professionnelle, en tant que professeurs du second degré, et la conception du métier et des enseignements autour de laquelle s’est construit le second degré au fil de son histoire.


Des attaques convergentes contre nos métiers

Tous les professeurs du second degré, qu’ils exercent en collège ou en lycée, sont concernés par la réforme Collège 2016 et la dénaturation du métier qu’elle implique. Tous sont concernés par les lourdes modifications dans l’évaluation des élèves au moyen du nouveau livret scolaire et du nouveau brevet, par la fin du redoublement et l’obligation d’assiduité des recalés du baccalauréat, par la bureaucratisation de la vie pédagogique qui résulte de la multiplication des conseils et des coordonnateurs. Tous sont concernés par le probable retour de l’évaluation des professeurs par les personnels de direction que le Ministère espère pouvoir imposer en 2016. Tous sont concernés par le nivellement par le bas du niveau et des connaissances que les collégiens acquerront dans ce nouveau collège, par la concurrence accrue entre les disciplines, les projets, les établissements, la concurrence du privé.

Enfin, la question des salaires, du dégel du point d’indice, du doublement de l’IOSE et de la revalorisation de nos carrières, est dans tous les esprits.


Mardi 26 janvier : pour une grève totale dans le second degré

Ce sont les raisons pour lesquelles, avec l’intersyndicale du second degré regroupant le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SIAES-FAEN, le SNACL FGAF, le SNFOLC, la CGT’Educ’Action, Sud Education, le SNEs-FSU Aix-Marseille appelle à une grève totale le mardi 26 janvier 2016, avec une opération « Collèges morts » dans toute l’académie.

Le mardi 26 janvier 2016, n’est pas une date comme une autre. C‘est réellement un rendez-vous décisif pour le second degré et nos métiers. Soyons tous au rendez-vous !

Appel à la grève de l’intersyndicale nationale pour le mardi 26 janvier 2016 : cliquer ici

Tracts et affiches pour le mardi 26 janvier : cliquer ici

La feuille de route du SNES-FSU Aix-Marseille : cliquer ici

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