12 janvier 2015

Notre vie syndicale

Après les attentats et la réponse citoyenne : Que fait-on maintenant ?

Après les attentats et la réponse citoyenne : Que fait-on maintenant (...)

A l’issue d’une période de deuil national dans lequel il s’est pleinement inscrit, le SNES-FSU Aix-Marseille exprime sa solidarité envers les familles et les proches des 17 victimes tombées sous les balles des assassins, ou blessées, lors des attaques du siège de Charlie Hebdo, à Montrouge ou à la Porte de Vincennes.
Nous tenons à réaffirmer notre attachement indéfectible à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les fondements de notre République. Nous réaffirmons notre refus obstiné de l’antisémitisme, du racisme, de la xénophobie, et du fascisme sous toutes ses formes. Nous voulons souligner le rôle crucial que revêt la défense de la laïcité dans la période actuelle.
Nous tenons à nous associer aux remerciements qui ont été adressés aux fonctionnaires de police et de gendarmerie qui se sont distinguées aux cours de ces événements tragiques.

Aujourd’hui, le débat démocratique reprend toute sa place et la Nation s’interroge sur les mesures à prendre pour qu’une telle situation ne se reproduise pas. Elles sont nécessairement de plusieurs ordres. Notre place spécifique de syndicat de l’Education nous conduit à affirmer qu’il y a urgence à pleinement mettre les actes en accord avec les discours de priorité à la jeunesse, de refondation de l’Ecole et de relance de l’éducation prioritaire.

Le système éducatif, laissé exsangue par une décennie de suppressions de postes, déboussolé par des réformes imposées contre l’avis des personnels, miné par des logiques budgétaires, confronté aux tensions sociales, peine à réaliser sa mission d’Institution de la République chargée d’inscrire chaque enfant dans un destin collectif et une culture commune partagés.
Renforcer les taux d’encadrement, réfléchir au temps scolaire et extrascolaire des élèves, rétablir la formation continue des professeurs, réfléchir aux contenus enseignés, qu’il s’agisse d’éducation civique ou d’enseignement du fait religieux, éduquer à l’usage des nouveaux médias, lutter contre l’échec scolaire et le décrochage : ces chantiers doivent se poursuivre, s’approfondir et aboutir. Les personnels, qui exercent au quotidien au contact de la réalité et de la jeunesse, doivent être écoutés et entendus.

Mais l’école ne peut pas tout. Les politiques publiques ont trop longtemps abandonné les quartiers populaires à la crise économique, à la misère sociale et culturelle, au sentiment d’abandon et à l’indifférence, à la prolifération de l’économie parallèle et de la petite délinquance, à l’emprise croissante d’acteurs qui s’opposent à la laïcité. Leurs habitants sont en première ligne face à l’obscurantisme et de la menace intégriste.

Un plan d’urgence pour les quartiers populaires est impératif. Ce plan exige de retisser le réseau associatif et culturel laïque, d’accompagner les citoyens en difficulté dans leur recherche d’insertion sociale et professionnelle.
Les jeunes sont d’autant plus facilement endoctrinés qu’ils sont désœuvrés, au chômage et sans perspective d’insertion.

La crise économique de 2008, et l’absence d’issue dans laquelle l’Europe s’enfonce depuis, ne sont pas étrangères au délitement dont nos sociétés sont victimes. Les politiques publiques doivent promouvoir le vivre-ensemble et la mixité sociale, lutter contre l’entre-soi et l’individualisme qu’expriment les différentes composantes de notre société, mettre en œuvre des politiques volontaristes de lutte contre les inégalités. Ces politiques doivent être financées, ce qui impose de rompre avec la baisse des dépenses publiques et de modifier de façon substantielle le partage des richesses créées en France et en Europe.

C’est la raison pour laquelle le SNES-FSU Aix-Marseille appelle chaque citoyen, et en particulier chacun des personnels de l’éducation nationale, à s’investir pleinement dans le débat public, à se saisir à nouveau avec vigueur des moyens d’expression et de participation à la vie de la Cité qui sont à sa disposition.

Enfin, le SNES-FSU Aix-Marseille appelle à éviter tout amalgame et toute réaction simpliste, face aux populations qui sont accueillies dans les établissements publics et qui ne se conformeraient pas spontanément aux attentes. C’est par le débat, la pédagogie et le dialogue que l’Ecole contribue à la transmission des Valeurs de la république.

Le SNES-FSU Aix-Marseille appelle les collègues à se réunir en heure d’information syndicale ou en assemblée générale pour débattre ensemble de ces questions.


A Marseille, le lundi 12 janvier 2015