2 septembre 2019

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Réforme des retraites:risque majeur pour les enseignants !

Réforme des retraites:risque majeur pour les enseignants !

Le projet de retraite par « points » est une attaque terrible contre le statut des fonctionnaires, s’ajoutant à la Loi de transformation de la Fonction Publique votée cet été, et tout particulièrement contre les enseignants.

Derrière un discours qui se veut rassurant, mettant en avant la justice, la lisibilité, la confiance, se cache la mise à mal d’un système fondé sur la solidarité entre générations, sur la redistribution de la richesse produite, sur la reconnaissance de la pension comme un salaire continué, légitimement versé à tout salarié, y compris quand il n’est plus en activité.

Comment fonctionne le système actuel ?
La retraite des fonctionnaires est régie par le Code des Pensions civiles et militaires, partie intégrante du statut.Les cotisations n’aliment pas une « caisse de retraite » et les pensions sont versées par le budget de l’Etat.
Des réformes successives ont dégradé les conditions de départ, affaibli les droits , diminué les pensions des retraités, la plus délétère étant celle de 2003, qui a augmenté le nombre de trimestres requis pour le « taux plein », reculé l’âge de départ de 60 à 62 ans et instauré la redoutable décote. Si les luttes de 2003 ont laissé un goût amer, il est indispensable de rappeler qu’elles ont permis aux fonctionnaires de conserver « la règle des 6 derniers mois », élément fondamental pour le maintien du niveau de vie à la retraite.
Aujourd’hui, trois éléments déterminent le droit à pension :

  • l’année de naissance, qui donne le nombre de trimestres requis
  • l’âge de départ : de 62 à 67 ans
  • l’indice de rémunération des six derniers mois.
    A partir de ces éléments, tout fonctionnaire peut calculer ce que sera sa pension dans 5 ou 10 ans : on parle de prestations définies.

Et demain ? Un système plus « juste » ?
Le système par points considère l’ensemble de la carrière, primes et indemnités comprises, selon le principe « un euro cotisé ouvre les mêmes droits », quel que soit le statut du cotisant. Certes, mais nul ne sait ce que seront ces droits lorsqu’il partira : les cotisations sont définies, mais pas les prestations.
Pour les fonctionnaires, et en particulier les enseignants, le niveau des salaires par rapport à ceux d’autres catégories à qualification égale et la faiblesse des primes ne peuvent avoir d’autre conséquence qu’une baisse considérable des pensions.
Depuis quelques semaines, Président et gouvernement semblent tergiverser sur un point secondaire de la réforme : faut-il instaurer une décote à l’âge (dit âge pivot ou d’équilibre)pour inciter les salariés à travailler jusqu’à 64 ans au moins, en maintenant l’âge « légal » à 62 ans, ou calculer la valeur du point selon la durée de cotisation ? Dans les deux cas, la baisse des pensions est inéluctable, sauf à mourir à la tâche !

Quelle alternative ?
La réforme, quel qu’en soit le détail a pour objectif de maintenir la part des pensions à 14% du PIB, alors même que le nombre de retraités augmente : la conclusion est simple à tirer !
Seules une autre répartition de la richesse produite, une autre assiette de cotisations , une autre politique salariale peuvent garantir le niveau de vie des retraités d’aujourd’hui et de demain. Le SNES et la FSU s’emploieront à porter ces revendications auprès du gouvernement et tout particulièrement lors des rencontres avec le nouveau secrétaire d’Etat Jean-Paul Delevoye .

Le combat contre ce projet de loi sera long, il commence le 24 septembre par la journée d’action soutenue par le SNES et la FSU, et pour laquelle un préavis de grève est déposé.

Pouvoir d’achat des actuels retraités : manifestation le 8 octobre 2019 cliquer ici

Projet Macron sur les retraites : se tenir informé : cliquer ici