26 mars 2022

Notre académie, nos établissements

Comité technique académique du 23 mars 2022

Le comité technique académique présidé par le Recteur s’est réuni mercredi 23 mars pour procéder aux créations et suppressions de postes de telle sorte que le mouvement des enseignants puisse débuter avec la phase de saisie des voeux de mutation intra.

Vous trouverez ci-dessous la déclaration liminaire de la FSU.

La FSU a émis un vote défavorable sur ces mouvements de poste eu égard à la faiblesse de la dotation que le ministère alloue à une académie confrontée à des difficultés sociales et scolaires lourdes, à un passif accumulé après plusieurs années d’augmentation démographique non financée (lire ici : https://aix.snes.edu/comite-techniq...). Les représentants des personnels se sont fait les relais des établissements mobilisés pour dénoncer les conséquences de plusieurs années de diminution des DGH, les collèges Gaston Defferre et Monticelli ayant envoyé des délégations fournies devant le rectorat.
Seulement 3 emplois nouveaux sont délégués à l’académie, et l’administration se targue de l’équivalent de 100 emplois injectés dans les moyens d’enseignement attribués au établissement : le différentiel résulte de la réforme de la formation initiale des enseignants qui a pour conséquence que 60% des stagiaires lauréats des concours (titulaires du master MEEF ou ex-contractuels) seront affectés à temps plein devant les classes.
Nous avons noté positivement le fait que l’administration a limité le nombre de mesures de carte scolaire touchant des personnels (32). Mais nous avons dénoncé les créations de postes spécifiques destinés à des collègues identifiés préalablement au mouvement, ou au contraire le maintien en blocs de moyens provisoires de postes qui auraient tout à fait pu être implantés au mouvement pour permettre des affectations définitives au barème. La gestion opaque de près de 500 postes, permettant l’affectation de personnels, titulaires ou contractuels, à la discrétion du proviseur ou du principal tend à se généraliser, en écho à la loi de transformation de la fonction publique d’août 2019 qui tend à faire du contrat une voie normale d’accès à l’emploi public, du choix par le supérieur hiérarchique direct une modalité d’affectation banalisée, et du recours aux contractuels pour occuper des emplois pérennes un choix possible pour l’administration quand bien même sont disponibles des agents titulaires.
La FSU a voté contre les créations et suppressions de postes de CPE, malgré une dotation de 11 emplois supplémentaires, pour dénoncer le choix de l’administration d’implanter des demi-postes et l’attribution de deux emplois au remplacement alors que des établissements sont sous-dotés.
La FSU a voté pour de nouvelles ouvertures d’enseignements de spécialité dans les lycées, notamment en EPS.

En ouverture du CTA, le recteur a répondu aux questions des organisations syndicales sur l’accueil des enfants « déplacés » d’Ukraine.
A la date de mercredi 23, 132 élèves étaient accueillis, en particulier dans les BDR (60 dans le 13 et 44 dans le 84), et 128 susceptibles d’être accueillis en plus très court terme. Le rectorat estime les capacités d’accueil restantes à 1467 en UPE2A école, 267 en UPE2A collège, 10 en UPE2A lycée. S’agissant des places en enseignement immersion, il annonce 12 000 places vacantes en école, 4 700 en collège, 5 000 en lycée. L’administration dit se heurter à deux difficultés : l’hébergement et les interprètes. Un recensement des places vacantes dans les internats est en cours. Il y aurait parmi les réfugiés des adultes et des enseignants ukrainiens pouvant participer à la scolarisation (traducteurs ?). Coté étudiants, le recteur évoque un petit nombre d’ukrainiens, et un plus grand nombre d’étudiants russes qui ont souhaité rester en France.

La FSU a exigé qu’un CHSCTA extra-ordinaire soit réuni dans les meilleurs délais pour procéder à l’élection de la référente aux violences sexistes et sexuelles, conformément au plan pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

L’administration ne fournit plus de nombreuses informations qui sont pourtant dues aux élus, comme les liste des BMP ou celle des supports stagiaires. Si un groupe de travail est annoncé en vue de l’étude des critères d’attribution de la part variable de la prime REP+, l’administration a refusé de fournir la répartition des établissements qu’elle a effectuée pour cette année.

Nous vous invitons à continuer à nous informer sur les difficultés que vous rencontrez ou les demandes que vous formulez dans vos établissements, sur les postes, implantés ou non, sur les BMP, sur les postes spécifiques, sur les dotations horaires, sur les compléments de service, sur les implantations de supports stagiaires, afin que nous puissions relayer vos revendication auprès du rectorat et des DSDEN, et le cas échéant accompagner vos délégations en audience.

CTA 23 mars 2022 : Déclaration liminaire FSU

La guerre est aux portes de l’Europe et des millions de réfugié·e·s affluent. Notre académie doit prendre sa part de la scolarisation des enfants fuyant les bombes russes en Ukraine. Les moyens des UPE2A doivent être abondés en urgence pour que tous les réfugié·e·s soient accueilli·e·s dignement et que nous n’ayons pas à faire le tri entre les enfants qui nous arrivent, d’où qu’ils viennent. La guerre d’annexion contre l’Ukraine, que la Russie a lancée rappelle, dans ses modalités cruelles et aveugles, le conflit en Syrie. Le risque d’un conflit armé mondial sur le territoire européen est à son comble.
Après les puissants mouvements sociaux qui ont scandé le quinquennat, après le douloureux révélateur des vulnérabilités de nos sociétés qu’a été la pandémie, alors que la crise climatique menace nos vies et celles de nos enfants, les conséquences sociales de la crise économique qui découle de cette guerre sont graves, confrontant les populations à la hausse durable des prix des matières premières énergétiques ou alimentaires. L’annonce d’un prochain dégel de la valeur du point d’indice est un changement politique qui doit donner lieur à l’ouverture de négociations pour suivre l’inflation et rattraper le passif de plus de deux quinquennats de gel. Augmenter les salaires et déprécariser, comme le demandent par exemple les AED et les AESH, créer des postes, comme par exemple le demandent les collèges mobilisés, respecter les métiers et la professionnalité, comme le demandent les infirmières scolaires : voilà un programme qui serait de nature à remobiliser les acteurs sur le terrain !

Ces événements dramatiques rappellent à ceux qui l’avaient oublié que le modèle politique et social dont la Nation s’est doté au fil des trois siècles précédents ne va pas de soi, qu’il n’est pas acquis une fois pour toute, et qu’il est éminemment fragile. A la veille d’une élection présidentielle et de législatives qui devraient sceller une recomposition politique majeure, rompant en particulier le cordon sanitaire qui maintenait les tenants d’idéologies liberticides, xénophobes et anti-sociales à l’écart des lieux de pouvoir, la responsabilité de ceux qui ont brouillé les cartes et gommé tous les repères pour asseoir leur pouvoir personnel est grande. Ils ont accrédité l’idée dangereuse qu’en matière de mouvements sociaux, le dialogue social est vain, seule la lutte violente paye.
Le rôle d’une Institution comme la nôtre est de contribuer à la cohésion de notre société, de permettre aux citoyens et aux citoyennes de demain de partager un même contrat social, de favoriser l’émancipation et le progrès social, de résorber les inégalités de savoir, de culture, de position, de partager également le pouvoir d’agir sur soi-même comme sur la société à laquelle on se sent appartenir. L’enjeu éducatif est un enjeu démocratique, social, économique. C’est un enjeu collectif là où les néolibéraux qui nous gouvernent ne voient à tort qu’un enjeu individuel, en témoignent le lycée à la carte, l’orientation à la mode Parcoursup, l’expérimentation Marseille en Grand ou encore les annonces sur l’école du Président-candidat.
Il n’est pas surprenant d’ailleurs que les filles et les femmes soient les premières victimes de ces politiques. A cet égard, Monsieur le recteur, dans le message que vous avez adressé le 03 février aux personnels de l’académie vous vous félicitiez que "l’égalité professionnelle [soit] une cause partagée par tous. » Vous ajoutiez : « Aussi, comme je m’y suis engagé, je veillerai à la mise en œuvre effective des actions académiques prévues au plan ». Il est temps donc de joindre les actes à la parole. Le refus de l’administration de procéder à l’élection de la référente sur les violences sexistes et sexuelles lors du dernier CHSCTA, contrairement à vos engagements, ne passe pas, ni pour la FSU ni pour les personnels que nous représentons, et nous demandons solennellement la réunion urgente d’un CHSCTA extraordinaire pour procéder dans les meilleurs délais à cette élection.

Le quinquennat qui s’achève a été un quinquennat de grande violence sociale. Les élites ont fait sécession, culpabilisent celles et ceux de nos concitoyen·ne·s qui sont confronté·e·s aux difficultés, ne consentent plus à l’impôt. Pourtant, pour faire société, il faut certes financer les forces de l’ordre (qui ont été généreusement revalorisées !) et les armées, mais il faut aussi financer les institutions publiques à vocation sociale, dont l’école et l’hôpital, les services publics, les dépenses sociales ... « Quoi qu’il en coûte ! »
Mais « Quoi qu’il en coûte » à qui ? Apparemment pas aux entreprises, qui contribuent peu aux infrastructures publiques ou aux dépenses publiques dont elles profitent (citons par exemple l’apprentissage, force de travail gratuite pour les entreprises, car abondamment subventionnée au détriment des formations professionnelles), pas aux foyers aisés qui, bien qu’ils bénéficient d’un fabuleux processus d’accumulation du capital, voient leur contribution fiscale baisser... « Quoi qu’il en coûte » aux salarié·e·s, semble-t-il, puisque le partage de la valeur ajoutée qui découleraient de la mise en œuvre des programmes que proposent les candidats les plus en vue leur serait encore plus défavorable : report de l’âge de départ en retraite, poursuite de la casse de la Fonction Publique (avec, par exemple, la suppression du CAPES), accentuation du remodelage du système éducatif dans une optique néo-libérale individualiste et concurrentielle, offensive contre les principes fondateurs de la Sécurité Sociale...
L’élection présidentielle tenue en période de guerre ne vaudra pas blanc seing en politique intérieure et le troisième tour social pourrait bien ramener brutalement sur terre des dirigeants enivrés par l’hubris.