Après le 10 décembre : on continue !

Jeudi 12 décembre 2019 : nouvelle grève nationale !

A Marseille à 14 h, Canebière, au niveau de Noailles

pour un cortège unitaire de toute l’éducation avec la FSU

(Ordre interpro : FO, FSU et éducation, CGT, Solidaires)

A Aix-en-Provence, en haut du Cours Mirabeau à 14 h

A Istres, devant la Mairie à 14 h

A Arles, au Kiosque à musique à 14 h

A Avignon, devant la Préfecture du Vaucluse à 11 h 30

Samedi 14 décembre à 11 h sur le site pétrochimique de Lavera : meeting unitaire

SIMULATEUR RETRAITES : etmaretraite.fr

MISE A JOUR MARDI 10 DECEMBRE 2019 :

La grève du mardi 10 est à nouveau majoritaire. Mercredi, Edouard Philippe doit annoncer quelques mesures pour les enseignants, pour un coût total de 500 millions d’euros. Pourtant, Emmanuel Macron expliquait en novembre à Rodez qu’il faudrait 10 milliards par an pour les salaires des professeurs afin de compenser la dégradation des retraites ! 20 fois plus ! Le SNES-FSU chiffre en effet à 1500 € par mois l’augmentation salariale mensuelle moyenne qu’il faudrait pour compenser la baisse des retraites provoquée par l’abandon des six derniers mois.

Si les annonces ne sont pas a la hauteur mercredi : On continue !

C’est la raison pour laquelle le SNES-FSU appelle dans l’unité à une nouvelle date de convergence de tous dans la grève et les manifestations jeudi 12 décembre 2019, avec des manifestations unitaires à 14 h à Marseille, à Aix-en-Provence, à Istres et à Arles. Tous ensemble, public et privé !

Nous demandons le retrait du projet de réforme des retraites, l’abrogation de la loi de transformation de la Fonction Publique et du décret qui supprime le paritarisme, des augmentations de salaires immédiates et sans contrepartie. Une harmonisation par le haut des régimes de retraite est possible, elle est finançable en améliorant le partage des richesses créées au profit des salariés.

De nouvelles manifestations seront organisées samedi 14 novembre.

MISE A JOUR LUNDI 9 DECEMBRE 2019 :

Après la vague de fond qui a submergé le Vieux-Port jeudi 5 décembre, l’action s’est installée dans la durée avec des reconductions, des assemblées générales, des rassemblements, des distributions de tracts à la population le vendredi 6 décembre, et une nouvelle manifestation unitaire public-privé samedi 7 après-midi dans les rues de Marseille.

Les cheminots également ont reconduit leur action tout comme les traminots de la RATP. Samedi, les conducteurs ont organisé des ralentissements sur les axes routiers. La CGT annonce des blocages dans la pétrochimie à partir de lundi.

Mardi 10 décembre 2019, une nouvelle journée de grève et de manifestations « tous ensemble », dans l’unité interprofessionnelle public/privée, est organisée par l’intersyndicale nationale. A Marseille, la FSU, et le SNES se rassemblent à partir de 10 h sur la Canebière au niveau du commissariat Noailles. La confédération CGT se rassemble aux Réformés, FO et Solidaires sur le Boulevard Garibaldi. Parcours unitaire vers Castellane.

Nous construisons un nouvel appel à la grève pour jeudi 12 décembre, pour le cas probable où le gouvernement ne réponde pas aux revendications. En effet, mercredi 11 décembre, Edouard Philippe est censé annoncer la réforme des retraites que le gouvernement entend mettre en œuvre. Nul doute qu’il suivra pour l’essentiel les préconisations du rapport Delevoye. Dans l’éducation, des compensations salariales sont annoncées mais on ne sait toujours ni combien, ni quand. Gérald Darmanin a parlé de 500 millions d’euros par an quand il faudrait 10 milliards par an pour compenser les pertes pour les enseignants !

Entre ces dates structurantes du mouvement général, continuons à réunir des assemblées générales pour décider collectivement d’actions complémentaires telles que la reconduction des grèves, l’organisation de rencontres avec les parents et l’opinion publique, de tournées dans les LP ... mais aussi pour que les collègues s’organisent pour étudier dans le détail les réformes en cours, comprendre les enjeux, analyser les cohérences : réforme des retraites, transformation de la Fonction Publique, assurance chômage, fiscalité ... En éducation prioritaire, on peut par exemple se pencher sur le rapport Mathiot-Azéma et dans les lycées travailler sur les façons de bloquer les E3C de janvier dont nous demandons le report en juin et la transformation en épreuves terminales.

Nous devons nous organiser pour à la fois concrétiser la permanence de la mobilisation et l’inscrire dans la durée. Il est probable en effet que le gouvernement fasse le calcul que son intérêt est de jouer la montre, de lâcher quelques reculs pour certaines professions sans céder sur l’essentiel. Il sera important de faire une nouvelle démonstration de force au cours de la semaine du 16 au 20 décembre.

ARTICLE DU 5 DECEMBRE au SOIR :

Le participation à la grève du jeudi 5 décembre est puissante, et nous n’avons pas l’intérêt d’en rester là. Nous demandons le retrait du projet de réforme Delevoye-Macron, l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019, l’augmentation immédiate des rémunérations et les créations de postes nécessaires au fonctionnement normal des services publics.

Car le projet de réforme Delevoye-Macron est bien un projet « Tous perdants » : il vise à maintenir à 14 % du PIB la part des richesses créées en France consacrée au financement socialisé des retraites. Comme le nombre de retraités va augmenter de 25 % d’ici 2050, on comprend d’une part que les retraites sont susceptibles de baisser pour chacun, et que d’autre part, des financements complémentaires seront nécessaires quoi qu’il arrive pour répondre à cette augmentation de la proportion de personnes âgées dans la population : si ce n’est par des systèmes solidaires par répartition, alors ce sera pas des systèmes d’épargne individuelle et de capitalisation.

« Tous perdants » également car le régime universel par points ne serait plus un système de retraites « à prestations définies » puisque la valeur du point pourrait fluctuer pour équilibrer financièrement le système de retraites au gré des aléas des évolutions de la conjoncture économique, de l’emploi, des salaires. Dans un système par point, la valeur de la pension est toujours incertaine et temporaire, puisque la valeur du point varie, et ce tant pour les nouveaux entrants que pour les pensionnés plus anciens.

Retraites, salaires, conditions de travail : Tous en grève le mardi 10 décembre ! Cliquer ici
En outre, la réforme systémique met en extinction le « code des pensions », ce versant du statut de la fonction publique de l’Etat par lequel la Nation assure les fonctionnaires d’un maintien du niveau de vie qu’ils ont acquis après plusieurs décennies d’activité au service de l’intérêt général. D’ailleurs, avec la loi du 6 août 2019 de transformation de la Fonction Publique, Emmanuel Macron met en place les outils permettant d’en finir avec la fonction publique à la française, dont il ne cesse de répéter qu’elle est selon lui obsolète : tarissement du recrutement de fonctionnaires titulaires et systématisation du recrutement de personnels contractuels, outils permettant l’abandon, l’externalisation, la privatisation de missions publiques, et transfert des personnels , casse de la démocratie sociale dans la fonction publique et pouvoir discrétionnaire débridé des chefs de services, individualisation des rémunérations.

Cette baisse programmée du niveau des pensions et cette approche libérale de la fonction publique ne peuvent que contribuer à aggraver les pertes de pouvoir d’achat qui résultent déjà du blocage des salaires et de l’absence de reconnaissance des qualifications, en particulier pour un grand nombre de fonctionnaires de catégorie B ou C, mais également pour les enseignants sous-payés au regard de leurs qualifications. Abandonner le calcul sur les 6 derniers mois au profit d’un calcul sur l’ensemble de la carrière va entraîner une chute de 30 à 50 % des pensions versées à des fonctionnaires dont les salaires d’actifs sont loin d’être attractifs.

Non, le mouvement de grève qui débute ce jeudi 5 décembre n’est décidément pas un mouvement corporatiste : c’est une réponse à Emmanuel Macron, son gouvernement et les forces libérales qui le soutiennent dans son offensive sans précédent contre l’Etat social, qu’il entend soumettre aux lois du marché, pour le plus grand profit de quelques uns.

C’est un mouvement qui concerne toute la population qui pose deux questions fondamentales : quel avenir entendons-nous réserver aux retraités dans les prochaines années ? La France peut-elle réellement se passer de fonctionnaires ?