4 février 2018

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Le 6 février aux côtés des actifs, le 15 mars pour nos retraites

Après les tentatives de Jospin (89-91), d’Allègre (1997-2000), puis de Darcos-Chatel en 2008-2009, voici celles de Macron pour transformer radicalement le lycée, le bac et l’accès à l’université, un changement qui s’inscrit dans la droite ligne de politiques choisies depuis 30 ans (Devaquet, c’était en 1986), mais que les mobilisations ont réussi à contenir.

PETIT RAPPEL HISTORIQUE

En 1988, M. Rocard, premier ministre veut introduire le salaire au mérite pour les enseignants et une revalorisation impliquant de " travailler autrement", comme l’avait théorisé la FEN, soit non seulement travailler plus, mais aussi transformer en profondeur le métier d’enseignant. La FEN avait négocié un pacte secret « donnant-donnant » avec la direction du PS (L. Fabius, secrétaire à l’éducation) avant les élections présidentielles de 1988. Mais le SNES et toute la profession font échouer cette entreprise, obtenant, à la place du projet initial, une véritable revalorisation pour tous, et dans la foulée, une réforme du lycée qui écarte, pour les élèves comme pour les professeurs, la plupart des écueils...

En 1992, M. Rocard, qui n’est plus premier ministre, déclare : "Pour aboutir à la rénovation du système éducatif, il faudra inévitablement faire sauter le verrou du SNES". Le texte est publié dans l’US du 5 décembre 1992.

En 1997, Allègre lance une attaque généralisée contre le service public d’éducation, en ciblant tout particulièrement le second degré, et, curieusement, le SNES, 57,5% des voix en 1996 aux élections professionnelles. Entre temps, la FEN avait perdu la bataille : son opération d’exclusion du SNES et du SNEP avait échoué, la FSU était née. Dès 1993, la toute nouvelle fédération occupe la première place à l’EN et la FEN est largement distancée ; en 1996, la FSU devient également la première fédération de la fonction publique d’État.
Sans doute fallait-il alors pour un gouvernement de gauche plurielle, arrivé au pouvoir par hasard en 1997, faire exploser la FSU ? Pendant près de trois ans, C. Allègre tente de réorganiser l’ensemble du système éducatif : déconcentration du mouvement national, tentative de donner des pouvoirs accrus au plan local et notamment aux chefs d’établissements en matière de recrutement et de carrières des profs, réforme du lycée (diminution forte des horaires et tronc commun pour tous...), du bac... Pour « réformer », il multiplie les agressions inqualifiables contre la profession, en particulier des professeurs du second degré... et contre le SNES.
Mais il échoue, bien qu’encensé par les forces de droite, soutenu par le PS, dans un silence lourd de signification de la "gauche plurielle" alors au pouvoir... Le paritarisme résiste ; la réforme régressive du lycée est évitée, une fois de plus. Après une lutte acharnée et des mobilisations massives, Jospin change de ministre ...
On sait ce qu’il advint le 21 avril 2002. Il ne restait plus qu’à la droite à poursuivre dans le même chemin.
En 2008-2009, c’est le projet DARCOS-CHATEL du lycée... modulaire déjà.

Pur produit de trente ans de politiques libérales ou social-libérales, Macron tente aujourd’hui sabre au clair de « réformer » la France, ce qui, en langage néolibéral, signifie la diminution du « coût » du travail et la « baisse des dépenses publiques ». Sans oublier cette idée sous-jacente : écarter le syndicalisme et la démocratie sociale...

Les « dépenses publiques », ce sont d’une part les services publics et les fonctionnaires, d’autre part les dépenses sociales, dont les retraites (par répartition) ou la sécurité sociale…C’est ainsi que s’est construite l’Europe depuis 1986 (Acte Unique), dans le cadre d’un accord franco-allemand fondé sur une conception libérale (ordo-libérale plus précisément). Il devient urgent de changer la donne !

APPEL A LA MOBILISATION

Alors aujourd’hui, il faut se mobiliser pour une école démocratique pour tous les jeunes, pour le service public et pour la fonction publique, pour la revalorisation des salaires et des retraites…

Les retraités seront présents le 6 février aux côtés des actifs.

Préparons une mobilisation massive le 15 mars pour nos retraites, contre le hold-up perpétré par Macron contre le salaire continué : 40 ou 50 euros de moins par mois pour nos pensions, voire plus, dans nos professions !
Les retraités porteront haut et fort le combat commun qu’il faut construire entre retraités, actifs, et jeunes : c’est une toute autre politique dont la France, et l’Europe, ont besoin, fondée sur la solidarité.

Josiane Dragoni