28 mai 2026

A la une

Bac Blanquer : conditions d’examens dégradées, nos revendications

Bac Blanquer : conditions d'examens dégradées, nos revendications

Le SNES-FSU Aix-Marseille a demandé une audience auprès des services de la DIEC afin d’évoquer les nombreux dysfonctionnements observés lors des épreuves du baccalauréat ces dernières années.
Nous sommes pleinement conscientes que le problème principal reste le bac Blanquer, dont les effets continuent de dégrader profondément les conditions de travail des personnels ainsi que les conditions d’études des élèves. C’est pourquoi nous poursuivons notre opposition à cette réforme et demandons son abrogation.
Cette audience avait pour objectif d’alerter sur les difficultés rencontrées, de limiter les dégradations constatées et d’obtenir des garanties concrètes.

Multi-convocations, charge de correction et tunnel des épreuves

Nous avons dénoncé la multiplication des convocations pour les épreuves de BTS, les oraux de spécialité, les épreuves anticipées, la philosophie, le grand oral ou encore les oraux de rattrapage. Des déséquilibres importants dans la répartition des corrections entre collègues ont également été signalés dans plusieurs disciplines.
Une meilleure répartition des copies entre correcteurrices est indispensable. La DIEC précise que le vivier est réinitialisé chaque année. Nous insistons aussi sur la prise en compte des situations particulières (santé, temps partiel, contraintes familiales…). Les collègues concernées sont invitées à signaler le plus tôt possible toute difficulté à leur gestionnaire.
La charge de correction doit également être allégée et répartie de manière plus équitable.
Actuellement :
• Philosophie : 120 copies, avec un allègement pour les collègues corrigeant aussi HLP ;
• EAF : moins de 30 copies lorsque les professeures assurent les oraux, sinon environ 70 copies ; oral : 12 candidates par jour ;
• BTS : 80 à 90 copies ;
• Grand oral : 2 à 3 jours, parfois 4 jours en éco-gestion ; 12 candidates par jour ;
• EAM : correcteurrices non spécialistes, environ 60 copies.
La situation des professeures stagiaires a également été soulevée. Leur convocation paraît particulièrement injustifiée lorsqu’ilselles n’ont pas de classes à examen.
La DIEC indique que les titulaires restent prioritaires et que les stagiaires ne sont mobilisées qu’en dernier recours, sur proposition des IPR.

Corrections du bac et surveillances

Nous rappelons notre revendication d’une dispense totale de surveillance pour les professeures de philosophie, de lettres et de mathématiques, dont les missions d’examen se cumulent, y compris pour les collègues exerçant en collège.
Pour l’instant, la DIEC s’en tient au cadrage national fixé par la note de service du 25 septembre 2025 : « Les enseignantes chargées de la correction des épreuves écrites terminales sont dispensées de surveillance de ces épreuves dès réception de leur lot de copies.  »
Les professeures de collège convoquées pour le baccalauréat bénéficient de quatre demi-journées de décharge. Le même dispositif s’applique aux collègues corrigeant les épreuves de BTS.
Il apparaît également nécessaire que les cheffes d’établissement soient informées afin que les enseignantes mobilisées pour le baccalauréat ne soient pas chargées d’encadrer les élèves de seconde sans stage.
Nous rappelons enfin que la « charge normale d’emploi », prévue par le décret du 17 décembre 1933 sur les examens, doit être respectée. Lorsque les convocations dépassent le temps de travail habituel, des heures supplémentaires ne devraient pas être imposées.

Frais de déplacement

Le ministre Édouard Geffray a annoncé une majoration des frais kilométriques pour certaines examinateurrices du baccalauréat entre le 1er juin et le 31 décembre.
Cette mesure reste cependant insuffisante. Une affectation au plus près du domicile des collègues demeure indispensable afin de limiter les déplacements excessifs.
Un bulletin académique encadre déjà les frais de déplacement. Nous avons demandé que les informations relatives aux remboursements et aux nuitées figurent clairement sur les convocations. La DIEC s’est montrée favorable à cette demande et recommande aux collègues de contacter leur service avant toute réservation d’hôtel.

Conditions thermiques des épreuves : anticiper !

L’année dernière, la situation a été marquée par des constats alarmants et une forte impréparation : salles dépassant les 35 degrés, absence d’eau, réunions de délibération organisées l’après-midi malgré la chaleur…
Une véritable anticipation est indispensable. L’employeur a la responsabilité de garantir la santé et la sécurité des personnels. Les élèves comme les personnels ne peuvent travailler dans de telles conditions.
Le rectorat doit donc formuler des préconisations claires en amont :
• possibilité pour les personnels vulnérables de rester à domicile ;
• davantage de souplesse dans l’organisation du travail ;
• adaptation des horaires ;
• accès garanti à l’eau potable ;
• utilisation des salles les plus adaptées ...

Le bac Blanquer épuise les personnels comme les élèves. La pression du contrôle continu et le tunnel des épreuves commencent désormais très tôt dans l’année. Les professeures sont multi-convoquées, les missions de surveillance se multiplient et les collègues doivent répondre à des injonctions contradictoires.
À cela s’ajoutent des conditions matérielles dégradées, marquées par les fortes chaleurs et des locaux souvent inadaptés.
Nous invitons toustes les collègues à faire remonter les difficultés rencontrées sur s3aix@snes.edu afin de renforcer et porter collectivement nos revendications, au niveau local comme national.