Avec l’arrivée du mois de juin, c’est le retour du Diplome National du Brevet . Avec lui, c’est le retour aussi des conditions de passage et de correction toujours plus dégradées. Le DNB est l’exemple de tout ce qui va mal au collège ! Le SNES Aix-Marseille a écrit à la DSDEN du 84 en charge cette année encore de l’organisation de l’examen.
Avec le nouveau Brevet et la part accrue donnée à l’examen finale, avec la fin des correctifs académiques, avec le retour aux moyennes disciplinaires pour le contrôle continu, le ministre se satisfait de voir chuter le taux de réussite au DNB, prévoyant 75 % au lieu de 85 %. Comme si c’était une bonne nouvelle qu’une élève sur quatre soit en échec ! Et plutôt que de pallier ce qui creuse les inégalités sociales, il met en place un concours général au collège, mesure élitiste et qui dans son principe même contribue à concurrencer, discréditer le diplôme national du brevet. La logique du tri scolaire et social reste à l’œuvre comme aux grandes heures des annonces sur le « Choc des savoirs ». Souvenons-nous qu’il était prévu un DNB barrage, interdisant d’entrer en seconde GT ou professionnelle à celles et ceux ayant échoué à l’obtenir.
De paradoxe en paradoxe, tandis que le ministre se réjouit d’un futur taux de réussite au DNB en chute de 10 points, certaines directions de collège font pression sur les professeures pour améliorer les résultats des élèves, notamment au travers du contrôle continu ou pour l’oral du DNB ; des consignes d’harmonisation excessives et contraignantes viennent fliquer les correcteurs et on revoit l’épreuve terminale de physique-chimie pour l’alléger. Si on y ajoute les conditions de correction et l’injuste rémunération des correcteurs, le DNB est l’exemple de tout ce qui va mal au collège.
Le SNES-FSU revendique une augmentation de l’indemnité par copie, la distinction pour rémunération de deux copies pour les épreuves de Français, la distinction des deux copies pour l’épreuve de sciences et technologie, une limitation du nombre de copies par correcteur et correctrices.
Le SNES-FSU dénonce toutes les tentatives de pression sur le contrôle continu qui retire aux enseignants leur liberté d’évaluer. Il est intervenu auprès de l’administration pour des conditions de correction dignes et une harmonisation sans pression.
Remarques et demandes pour le DNB à destination de la DSDEN 84
Nous souhaiterions vous transmettre quelques remarques et pistes afin d’améliorer les conditions dans lequel se déroulent les passations des épreuves et les corrections du Diplôme Nationale du Brevet dans notre académie.
Lors de la cession 2025 du DNB, nous avons constaté un certain nombre de points qui ont pu poser problème quant à l’organisation de l’examen et des corrections :
- selon les collèges, les correcteurs ont dû surveiller toutes les épreuves du DNB dans leur établissement
- des chefs d’établissement ont demandé le retour des correcteurs dans leur établissement dès le deuxième jour si ils ont fini de corriger le premier jour
- les consignes parfois excessives d’harmonisation étaient à la hausse : harmonisation au fil de l’eau, cadre contraignant et alourdissement de la charge de travail. contrôle par des pairs (professeurs harmonisateurs) et demande de remontée de liste des récalcitrants.
- manque de correcteurs en lettres du DNB et augmentation du nombre de copie à corriger
- Condition d’accueil dégradée des correcteurs dans certains établissements : pression pour finir en une journée ou bien refus de faire les remontées avant une certaine heure, condition thermiques dégradées
Nous souhaiterions :
- que les représentants des personnels qui accompagnent au titre de leur organisation syndicale les personnels dans leur recours auprès de l’administration soient libérés de la surveillance et de la correction du DNB
- une prise en compte au travers d’HSE des heures de passation de l’oral du DNB en dehors de heures de cours
- que soit comptés séparément les copies du DNB de français (questions et rédaction) et que les deux copies soient rémunérées
- que les professeures stagiaires ne soient pas sollicités
- ne pas convoquer à la correction du DNB, les enseignants convoqués pour la correction du Bac en particulier les enseignants de lettres
- limiter à un rayon raisonnable les lieux de convocations
- alléger les consignes d’harmonisation et ne pas demander aux harmonisateurs de contrôler le travail des correcteurs
- une convocation des correcteurs sur deux jours pleins avec adresse aux chefs d’établissement de ne pas demander aux correcteurs de revenir dans les établissements durant ces deux jours
Pouvez-vous rappeler aux chefs d’établissement en charge de l’organisation de la surveillance des épreuves et des centre de correction ?
- que les correcteurs du DNB doivent être allégés dans la surveillance des épreuves dans les établissements (en particulier en lettres du fait de la charge de correction et de la durée de l’épreuve). Surveiller surtout son épreuve.
- de laisser la liberté aux correcteurs de gérer leur temps sur les deux jours de correction
- En cas de fortes chaleurs (à anticiper) :
- que les personnels dits vulnérables doivent pouvoir faire valoir la nécessité de rester chez eux. (correction et surveillance)
- de laisser plus de souplesse aux correcteurs pour leur permettre de venir, s’ils le souhaitent, sur deux demi-journées, le matin, plutôt qu’une journée entière, pour éviter les après-midi de corrections dans les salles les plus chaudes avec de nombreux collègues. Il conviendrait aussi de faire sauter les pratiques locales qui obligent inutilement les personnels à rester sur site tant que toutes les copies ne sont pas corrigées.
- de mettre à disposition de l’eau potable : en cas d’épisode de chaleur intense, une quantité d’eau potable fraîche suffisante doit être fournie aux élèves et aux correcteurs
- de tenir une CHS dans les établissements centre d’examen pour échanger sur les conditions thermiques et mettre en place un protocole d’accueil des candidats

